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Cyrille d’Alexandrie

Cyrille d’Alexandrie

Un article rédigé par Jean Charmois - Dialogue RCF (Aix-Marseille),  -  Modifié le 16 novembre 2021

Nous revenons dans cette émission sur la figure importante de Cyrille d’Alexandrie, que nous avons abordée à propos du concile d’Ephèse.
 

(Pixabay) (Pixabay)

Sa vie
Cyrille naquit dans une ville du nord de l’Egypte vers 378. Il était le neveu de l’archevêque Théophile. Il fut très tôt dirigé vers la vie ecclésiastique et reçut une bonne éducation, tant culturelle que théologique. 

A la mort de son oncle Théophile, Cyrille encore jeune fut élu évêque de l'influente Eglise d'Alexandrie en 412.  Deux ou trois ans plus tard, Cyrille fut un artisan de paix en restaurant la communion avec Constantinople, en rupture depuis 406, suite à la déposition de Jean Chrysostome.

Jusqu’à la dispute théologique avec Nestorius en 429, Cyrille se contente de commenter l’Ecriture, et de combattre les déviations ariennes. Il va aborder toutes les grandes questions spirituelles, mais surtout la trinité et l’incarnation.
Il resta à la tête de l’église d’Alexandrie pendant trente-deux ans, visant à en affirmer le primat dans tout l'Orient, tout en maintenant des liens d’amitié traditionnels avec Rome.

Il meurt en 444 et il sera considéré comme un saint et un père aussi bien par le 4ème concile œcuménique de Chalcédoine (en 451) que par la majorité des égyptiens et des syriens, qui eux, ont rejeté Chalcédoine, et ont été qualifiés péjorativement de monophysites. 

 

Ses ouvrages
Les nombreux écrits de Cyrille ont été largement publiés dans diverses traductions latines et orientales, déjà de son vivant, témoignant de leur succès immédiat. Ce sont des écrits très importants pour l'histoire du christianisme : 

  • Commentaires de l’Ecriture
  • Ecrits philosophiques contre les thèses de Mani et de Plotin
  • 60 lettres dont les lettres festales, par lesquelles Alexandrie faisait connaître aux autres églises la date de Pâques, car les astronomes alexandrins très réputés en avaient été chargés par le concile de Nicée
  • Nombreuses œuvres doctrinales où il défend la foi trinitaire contre les thèses ariennes et contre celles de Nestorius

 

Un seul Christ, Verbe de Dieu,  qui s’est uni à l’homme 
Cyrille d’Alexandrie est avant tout un théologien, et il va laisser à l’Eglise de véritables chefs d’œuvre dogmatiques.

Marie Mère de Dieu : pour Cyrille, le sujet est moins celui de Marie que celui du Christ. Sans restreindre la vénération de Marie qui était déjà très grande à son époque, l’expression est un marqueur théologique : parler simplement de la Vierge Marie, c’est exact mais c’est trop peu. Par contre, dire « Mère de Dieu » c’est une confession dogmatique du Christ. 

 

L’eucharistie est le corps de Dieu
La vision théologique extrêmement dynamique de Cyrille au sujet du Christ n’est pas un discours dogmatique intellectuel. Elle éclaire toute la vie de l’Eglise : la nature humaine est « happée » pourrait-on dire par le Verbe, elle est transformée par le feu de la divinité, et les personnes greffées sur le corps du Christ reçoivent le don de l’unité. 

Cyrille fait le parallèle avec l’eucharistie : elle est aussi le corps du Christ, devenu en quelque sorte le corps de Dieu, partagé mais non divisé, unissant entre eux les fidèles corporellement et spirituellement.

 

La liberté de l’homme image de Dieu
Cyrille affectionne particulièrement une expression qui revient comme une constante : « L'homme s'est vu confier par Dieu les rênes de ses propres volontés »
Si l'homme est responsable de ses choix, Dieu est du même coup disculpé.

Objection souvent présentée : il aurait mieux valu pour Dieu employer la contrainte, soit pour empêcher l'homme de tomber à l'origine dans la faute, soit pour obliger les hommes à croire en lui, soit pour transformer leurs cœurs sans avoir besoin de s'incarner. Cyrille répond en montrant que le bien n'aurait plus alors été le fruit d'une décision et n'aurait donc plus aucune valeur.

Dès le Paradis, l’homme créé à l’image de Dieu avait la connaissance du bien et du mal, par le discernement, mais pas par l’expérience. Dieu lui-même a connaissance du bien et du mal ; mais sa connaissance ne se transforme pas en expérience du mal. Tant que la connaissance ne se transforme pas en expérience, l'homme n'est pas soumis à la tyrannie des passions et reste pleinement libre.

 

Le péché d’Adam et le nôtre
La mort et la corruption sont entrées dans le monde par la faute d’Adam. Cependant notre nature n’a pas été viciée dans ses parties essentielles. Pour Cyrille le péché est une maladie contractée par Adam et transmise héréditairement à sa postérité, une maladie mortelle qui rend l’homme faillible. Mais le péché lui-même reste une disposition personnelle : Adam en a transmis les conséquences, mais non la culpabilité. 

Même à l'état déchu l’homme préserve sa liberté qui est un aspect essentiel de l'image de Dieu. Le péché ne fait qu'obscurcir cette image et limiter cette liberté. Il n’y a pas de péché originel autre que le péché personnel.

Cyrille ne tombe pas pour autant dans la déviation de Pélage, pour qui l’homme peut se sauver tout seul. La grâce de Dieu accompagne l’homme en permanence. Pour Cyrille, comme pour tous les Pères orientaux, la grâce n'est jamais un don créé, mais une communion à la vie divine. 

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