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Augustin d’Hippone : Le péché originel

Augustin d’Hippone : Le péché originel

Un article rédigé par Jean Charmois - Dialogue RCF (Aix-Marseille),  -  Modifié le 8 novembre 2021
À l'écoute des Pères Augustin d'Hippone (4) : le péché originel

Le péché dit « originel » est un des problèmes majeurs de la théologie chrétienne. 
Augustin d'Hippone (Saint Augustin) est celui qui a forgé l'expression «péché originel» (peccatum originale), avec une doctrine qui a orienté la théologie latine, et toute la culture occidentale, de façon déterminante. 

(Pixabay) (Pixabay)

Une doctrine sur le péché d’Adam qui a évolué

La pensée d’Augustin s’est cristallisée progressivement en réponse à cette interrogation : « quels sont les conséquences pour nous de la chute d’Adam ? » :
Dans les premières réflexions d’Augustin, la sanction du péché d’Adam est la mort corporelle, et l’alourdissement de l’âme, transmises à ses descendants La chute frappe uniquement la chair, destituée de l’immortalité qui lui était promise.

Mais ensuite, avec l’ouvrage adressé à Simplicius, surgit l’expression « péché originel ». Ce n’est encore que le seul péché d’Adam. La chute d’Adam se traduit non seulement par la mort corporelle,  mais encore par la mort de l’âme marquée par la concupiscence. La concupiscence charnelle règne sur tous les descendants d’Adam.
Dès la naissance, l’homme hérite  du péché des premiers parents. Si ce péché n’est pas remis par la grâce du baptême, il entraîne une condamnation à la mort éternelle.

Pour Augustin, le péché volontaire d’Adam est un péché fondamental : toute l’humanité « hérite » la culpabilité d’Adam et « mérite » sa condamnation. C’est la « massa damnata ».

Le signe de cette culpabilité venant du péché originel est la concupiscence. Dans cette optique, la prédestination par la grâce est un principe fondamental. Dieu accorde le salut gratuitement à ceux qu’il a prédestinés, indépendamment de toute œuvre qui leur soit propre.

 

La lutte contre Pélage, Célestius, et Julien d’Eclane

Pour Pélage, Dieu crée l’âme de tous les êtres humains au fur et à mesure de leur conception, indépendamment de la génération des corps. L’âme humaine n’est donc pas viciée par les effets du péché ancestral et l’homme conserve une liberté qui lui permet de se sauver par ses forces propres, la grâce de Dieu accompagnant et répondant aux vertus de l’homme. Son disciple Célestius, un moine un peu excité, va radicaliser les thèses de Pélage : l’homme peut se sauver tout seul.

Augustin précise sa pensée et rédige ses thèses définitives sur le péché originel.
Mais les propositions d’Augustin vont être violemment combattues par un nouveau partisan de Pélage, Julien d’Eclane. Julien défend des thèses qui sont très proches de celles des orientaux.

Il nie l'idée d’un péché originel, qui serait dans la nature de l'homme et qui serait inné. Pour lui les enfants naissent innocents ; le baptême et la grâce divine sont nécessaires, mais rien ne se fait en dehors du libre-arbitre de l'homme, qui a la capacité de choisir entre le bien et le mal. Il pense que la volonté divine ne peut qu'être conforme à notre idée de justice.

 

Liberté et libre arbitre

Augustin répond à Julien d’Eclane par la distinction entre liberté et libre arbitre, et par le rôle fondamental de la grâce. 

Pour Julien libre arbitre et liberté sont semblables. Mais pour Augustin, le libre arbitre est le choix naturel de l’homme sans la grâce, c’est-à-dire un choix qui ne peut pas sauver. 
La liberté par contre est dans le choix du bien, et se manifeste dans la relation à Dieu. Elle n’existe que par la grâce. Cette liberté, l’homme l’a perdue par son péché. Pour agir de nouveau selon Dieu, il faut qu’elle soit restaurée, ce qui ne peut être que l’œuvre de la grâce.

 

La réaction monastique 

Les moines d’Afrique du Nord puis ceux de Marseille et de Lérins, autour de Jean Cassien, se demandent alors à quoi servent les efforts ascétiques et les œuvres de charité fraternelle. Augustin maintient que la volonté est inefficace tant qu'elle n'est pas libérée par la grâce et que les efforts et les œuvres ont un rôle subordonné. Les moines considèrent au contraire que la volonté humaine fait un premier mouvement et qu’elle est ensuite assistée par la grâce.

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