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Selon le Giec, au-delà d'un certain seuil il sera impossible de s'adapter au réchauffement climatique
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Selon le Giec, au-delà d'un certain seuil il sera impossible de s'adapter au réchauffement climatique

RCF, le 2 mars 2022  -  Modifié le 2 mars 2022
L'Invité de la Matinale Le dernier rapport du GIEC commenté par la climatologue Françoise Vimeux

Le dernier rapport du Giec sonne comme un terrible avertissement. S'il montre que partout dans le monde on sait s'adapter aux conséquences du réchauffement climatique, l’adaptation a des limites. Au-delà d’un certain seuil, elle va devenir impossible. Explications de la climatologue Françoise Vimeux.

Fonte de glaciers en Alaska. ©Unsplash Fonte de glaciers en Alaska. ©Unsplash

De quoi parle le rapport du Giec ?

 

Le second volet du sixième rapport d’évaluation du Giec dévoilé ce lundi 28 février aborde la façon dont nous nous adaptons au changement climatique. Les experts du Giec constatent que "des mesures sont prises un peu partout dans le monde et dans tous les secteurs mais pas suffisamment et pas assez rapidement". Par ailleurs, cette adaptation est plus comportementale que technique ou structurelle, note la climatologue Françoise Vimeux.

 

Ce rapport soulève un aspect important en matière d’écologie : la notion du temps. On sait appréhender le temps court mais on a du mal à anticiper sur le temps long. En d’autres termes, "on court derrière un climat qui change rapidement et de manière intense". Par ailleurs, "ce rapport nous dit aussi que l’adaptation a des limites". Au-delà d’un certain seuil, "l’adaptation va se complexifier voire va devenir impossible".

 

Des territoires climato-sensibles

 

Le rapport du Giec "vient nous rappeler que le changement climatique a déjà des impacts sur un grand nombre de territoires". Entre 3,3 et 3,6 milliards de personnes sont aujourd'hui "très vulnérables" aux impacts du changement climatique - soit la moitié de l'humanité. Parmi les territoires "climato-sensibles", les petites îles et tous ceux qui se trouvent à moins de 10 mètres d’altitude par rapport au niveau de la mer. Ceux-ci sont exposés à des risques de "submersion lors de tempête ou de cyclones".

 

On parle aussi de hot spots pour désigner ces régions que le changement climatique rend vulnérables, "d’un point de vue de l’agriculture, de l’économie et de la santé". Sont particulièrement concernées : la région méditerranéenne, une grande partie du continent africain, l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud. Comme les impacts du réchauffement climatique "vont s’intensifier et se généraliser dans les années, les décennies à venir… très rapidement plus aucun territoire ne sera épargné par ces impacts du changement climatique".

 

Des exemples de mal-adaptation

 

Le Giec parle aussi de mal-adaptation. Par exemple, l’installation de digues sur les littoraux pour se prémunir de la montée des eaux. "Sur les petites îles, mettre des digues sur les littoraux est une très mauvaise idée parce qu’il faut laisser les littoraux libres, explique la climatologue, les îles ont la capacité naturelle à se relever d’événements extrêmes… mais si on bétonne le littoral, on enlève cette solution basée sur la nature."

 

Qu'est-ce que le Giec ?

 

Depuis 1988, le Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) réunit des chercheurs pour évaluer les causes et les effets du réchauffement climatique. En août 2021, la première partie de son sixième rapport d’évaluation portait sur la physique du climat. La troisième partie, qui va sortir dans quelques semaines, abordera la question de l’atténuation.

 

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