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S'émerveiller avec les trésors de la collection Cini à l'hôtel de Caumont
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S'émerveiller avec les trésors de la collection Cini à l'hôtel de Caumont

Un article rédigé par Roberte Mauron-Billot - RCF Vaucluse, le 3 mars 2022  -  Modifié le 3 novembre 2023

Une des plus prestigieuses collections d’art Italien du 14° au 18° siècle s’expose pour la 1° fois hors d’Italie à Aix en Provence. 
Fra Angélico, Filippo Lippi, Pierra della Francesca, Pontormo, bien d’autres artistes encore et trois artistes contemporains dialoguant subtilement avec certaines œuvres et nous invitant à les revoir avec un regard nouveau.

Une exposition qui se tiendra jusqu'au 27 mars 2022

Paolo Caliari, dit Véronèse (Vérone, 1528 – Venise, 1588), atelier (Heredes Pauli ?), L’ Adoration des Mages, dernière décennie du XVIe siècle, huile sur toile, 163 × 140 cm, Fondazione Giorgio Cini, inv. 20036, photo: Venezia, © Fondazione Giorgio Cini Paolo Caliari, dit Véronèse (Vérone, 1528 – Venise, 1588), atelier (Heredes Pauli ?), L’ Adoration des Mages, dernière décennie du XVIe siècle, huile sur toile, 163 × 140 cm, Fondazione Giorgio Cini, inv. 20036, photo: Venezia, © Fondazione Giorgio Cini

L’hôtel de Caumont à Aix en Provence accueille la magnifique collection de Vittorio Cini, peintures, sculptures, dessins et objets précieux appartenant à sa collection particulière mais aussi à la fondation Cini, créée en 1947, en hommage à son fils disparu dans un accident.
Ce grand mécène, très discret, a possédé des trésors avec  notamment la deuxième collection au monde en enluminures.

Nous vous proposons de suivre la visite en compagnie de Sophie Guérinet tout en regardant les oeuvres.

Lucarne S’émerveiller avec les trésors de la collection Cini 1/2

Dès l’accueil, un somptueux tableau de Véronèse   "L’adoration des Mages" donne un petit aperçu de la richesse et de la profondeur de cette collection. 

Paolo Caliari, dit Véronèse (Vérone, 1528 – Venise, 1588), atelier (Heredes Pauli ?), L’ Adoration des Mages, dernière décennie du XVIe siècle, huile sur toile, 163 × 140 cm, Fondazione Giorgio Cini, inv. 20036, photo : Venezia, © Fondazione Giorgio Cini


Dans la première salle s’exposent les joyaux du Palazzo Cini qui  donnent l’impression de voyager sans bouger, objets de puissance des grandes familles à la Renaissance, ivoires, argenterie, émaux, tableaux, le tout d’un raffinement extrême.

Cosme Tura (Ferrare, vers 1433 – 1495), Saint Georges, vers 1475-1480, huile sur bois, 21,6 × 13 cm, Fonda¬zione Giorgio Cini, Galleria di Palazzo Cini, inv. VC 6269 (dépot des héritiers Guglielmi di Vulci), photo : Venezia, © Fondazione Giorgio Cini


Trois artistes contemporains ont été invités à dialoguer avec certaines œuvres de la collection dont Ettore Spalleti,  le maître du silence ou l’élégance à voix basse. Ses cubes bleus et roses côtoient avec grâce « le Christ Rédempteur » de Sano di Pietro, un Christ qui nous parle lui aussi de silence.

Sano di Pietro (Sienne, 1405 – 1480), Christ rédempteur, 1442-1443, tempera et feuille d’or sur bois, 74 × 60,6 cm, Fondazione Giorgio Cini, Galleria di Palazzo Cini, inv. 40021, photo: Venezia, © Fondazione Giorgio CiniEttore Spalletti, Sans titre, sens dessus dessous, 2000, impasto de couleur sur alabâtre (bleu clair), 168 x 30 x 30 cm, Studio la Città, Vérone, photo : Michele Alberto Sereni – courtesy Studio la Città. © Adagp, Paris, 2021


Dans la dernière salle de ce 1° étage un autre artiste contemporain, Adrian Ghenie, fait écho avec son « Autoportrait en singe », à la  « Tête d’Oriental » de Lorenzo Tiepolo.

Lorenzo Tiepolo (Venise, 1736 – Madrid, 1776), Tête d’Oriental, 1753-1755, huile sur toile 61 × 51 cm, Fondazione Giorgio Cini, Galleria di Palazzo Cini (dépot des héritiers Guglielmi di Vulci), inv. VC 1819, photo : Venezia, © Fonda¬zione Giorgio Cini


Et nous terminons cette première partie de notre émission avec un des grands chefs d’œuvre de la collection Cini,  le « Double portrait de deux amis »   de Pontormo.

Jacopo Carucci, dit Pontormo, (Pontormo (Empoli), 1494 - Florence, 1555), Double portrait de deux amis, 1523- 1524, huile sur panneau, 88 × 67,5 cm, Fondation Giorgio Cini, Galerie du palais Cini, Inv. 40025, photo : Venezia, © Fondazione Giorgio Cini



 

Poursuivons notre visite au second étage de l'hôtel de Caumont en regardant les oeuvres .

Lucarne S’émerveiller avec les trésors de la collection Cini 2/2

Nous voici à présent à l’étage de l’hôtel de Caumont où nous allons passer le pont du temps entre Florence et Sienne  pour y admirer les chefs d’œuvre de la Renaissance Toscane avec tout d’abord le magnifique « Saint Thomas d’Aquin » de Fra Angelico, merveilleux de silence et de sainteté.

Nous passons ensuite à Sienne avec l’émouvante « Vierge d’humilité » de Sassetta.

 

Stefano di Giovanni, dit Sassetta, (Cortone, vers 1400 – Sienne, 1450), Vierge d’humilité, vers 1430, tempera et feuille d’or sur bois, 79,2 × 46 cm, Fondazione Giorgio Cini, Galleria di Palazzo Cini, inv. 40019, photo : Vene¬zia, © Fondazione Giorgio Cini


 Et nous arrivons à Florence avec ce grand tableau de Fra Filippo Lippi « La vierge et l’enfant entourés de saints et d’anges avec un dévot » une commande destinée à la dévotion privée.

Fra Filippo Lippi (Florence, vers 1406 – Spolète, 1469), La Vierge et l’Enfant entourés de saints et d’anges avec un dévot, vers 1432, tempera sur bois, 47,1 × 36 cm, Fondazione Giorgio Cini, Galleria di Palazzo Cini, inv. 40013, photo : Venezia, © Fondazione Giorgio Cini


Dans la salle suivante, il est intéressant de comparer « La Vierge et l’enfant » de Pierro della Francesca qui a servi de modèle pour l’affiche de l’exposition, et  « La Vierge adorant l’enfant avec deux anges » de Domenico  Ghirlandaio, délicieuse et fragile tempera sur bois.

Attribué à Piero della Francesca (Borgo San Sepolcro entre 1412 et 1420 – 1492) ou Luca Signorelli (Cor¬tone, vers 1450 – vers 1523), La Vierge et l’Enfant, vers 1470-1475, tempera et huile sur bois, 61,8 × 53,3 cm, Fondazione Cini, Galleria di Palazzo Cini, inv. 40014, photo : Venezia, © Fondazione Giorgio Cini

 

Domenico Bigordi, dit Ghirlandaio, (Florence, 1449 – 1494) et atelier, La Vierge adorant l’Enfant avec deux anges, vers 1490-1495, tempera sur bois, diamètre 31,5 cm, Fondazione Giorgio Cini, Galleria di Palazzo Cini, inv. 40016, photo : Venezia, © Fondazione Giorgio Cini


Changement d'ambiance dans la salle dédiée au "Cerveau noir de Piranèse". Les prisons imaginaires du graveur et poète du 18° siècle  Giovanni Battista Piranèse ont été revisitées par l’artiste brésilien Vick Muniz, dernier artiste contemporain invité. Un impressionnant travail graphique et architectural, assez angoissant.  .

Vik Muniz, Les prisons de Piranèse, Prison VI, La fumée du feu, 2002, 65.5 x 50.8 cm, impression au jet d’encre d’archives, Courtesy Ben Brown Fine Arts, Londres, photo : Vik Muniz – Courtesy Ben Brown Fine Arts, © Adagp, Paris, 2021


Au fond de la salle, comme pour nous rassurer,  veille un impressionnant «  Christ Crucifié » du 13° siècle  , un grand crucifix  de 1m76 de hauteur, en bois de saule, sculpté et polychromé,.

Maître du Crucifix de la Fondation Giorgio Cini (Bologne, actif entre la huitième et la neuvième décennie du xiiie siècle), Christ crucifié, 1270-1280, Bois de saule sculpté en ronde bosse, polychromé et doré, 176 × 167 × 29 cm, Fondazione Giorgio Cini, inv. 21042, photo : Venezia, © Fondazione Giorgio Cini


Nous  quittons à regret cette exposition avec la toile monumentale de Guiseppe Porta dit Salviati le jeune « La Résurrection de Lazare » représentant le moment où Jésus remercie Dieu le Père de lui accorder le miracle de la résurrection , toile qui sort elle aussi pour la première fois d’Italie,  .

Giuseppe Porta, dit Salviati le Jeune, (Castelnuovo di Garfagnana, vers 1520 – Venise, 1575-1576), La Résur¬rection de Lazare, vers 1543, huile sur toile, 162 × 264 cm, Fondazione Giorgio Cini, inv. 20039, photo : Venezia, © Fondazione Giorgio Cini


Ce voyage à Venise s’achève et nous laisse éblouis non seulement par tant de trésors, mais aussi par l’aisance avec laquelle cette collection Cini joue entre modernité et tradition ce qui la rend remarquablement  vivante.

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