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L'égalité hommes-femmes dans les institutions religieuses
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L'égalité hommes-femmes dans les institutions religieuses

Un article rédigé par Anne Plouy, Floraine Jullian - RCF, le 26 septembre 2022  -  Modifié le 17 juillet 2023
"Le temps des olives", la chronique interreligieuse L'égalité hommes-femmes dans les institutions religieuses

 

Je vous propose un tour de France sur les questions d’égalité femmes-hommes dans les institutions religieuses.

Anne Plouy  ©profil twitter d'Anne Plouy Anne Plouy ©profil twitter d'Anne Plouy

Pour cela, je vais m’appuyer sur un événement que j’ai vécu il y a deux semaines lors d’une conférence au festival Empow’her qui a eu lieu à Paris. 

 

Je ne lie pas forcément la religion au féminisme mais effectivement on entend pas mal parler de femmes qui essayent de changer certaines choses dans leurs lieux de cultes. 


Effectivement, lors de ce festival, au milieu d’ateliers sur la lutte contre les violences faites aux femmes, sur le féminisme et l’art ou encore sur la charge mentale, on trouve une conférence sur la place des femmes dans les institutions religieuses. Les intervenantes de cette conférence ont entre 26 ans et 75 ans, elles sont juives, musulmanes, chrétiennes. C’est de la rencontre entre ces trois femmes dont je vais vous parler aujourd'hui.


Je commence avec la doyenne et sûrement la plus connue de nos auditeurs et auditrices. Anne Soupa est catholique, elle a consacré sa vie à lutter contre les discriminations faites aux femmes dans l’Eglise catholique. Elle devient nationalement connue pour avoir déposé sa candidature à la charge d'archevêque de Lyon afin d’appuyer le souhait du pape François de distinguer entre les fonctions de gouvernance dans l’Eglise catholique et le ministère sacerdotal ou autrement dit être prêtre. 

 

La deuxième intervenante, Hala Bounaidja, est musulmane. Elle a grandi avec un père imam, dans une communauté sunnite française et est engagée pour l’égalité entre les femmes et les hommes au sein de l’islam depuis toujours. Elle lutte contre le concept de LA FEMME musulmane, dont il est souvent fait mention que ce soit en interne ou en externe de la communauté, plutôt de de parler des femmes, dans leur diversité comme le font les mouvements féministes musulmans depuis des années. 


Et pour terminer par la benjamine, Myriam Ackermann-Sommer est étudiante pour devenir la première femme rabbin du courant moderne orthodoxe juif en France. Elle a cofondé avec Tali Fitoussi-Trèves le programme “Kol-Elles”, le premier un centre avancé d'études de la Torah,  accessible aux femmes en France, afin de créer une communauté de femmes juives qui étudient et produisent du contenu. 

 


Quels sont leurs constats communs sur la place des femmes ?

 


Je vais m’attarder sur le constat principal, c’est qu’il n’y a pas de place pour les femmes dans leurs institutions et associations religieuses respectives. Il y a de la place pour les femmes mais ce sont des places sont décidées pour elles et des places loin des décisions de gouvernance et des endroits de pouvoir.

 


Comment fait- on pour que tout le monde se sente à sa place dans son lieu de culte ?

 

C’est exactement là la question. Ce n’est pas qu’une question de pouvoir à prendre ou à perdre, ce n’est pas une question de revanche, c’est bien une question de se sentir appartenir à une communauté, de se sentir en capacité de participer à la construction de ce lieu de culte commun.
Quand j’ai entendu trois femmes, de trois générations, de trois religions différentes poser le même constat, je me suis dit que déjà faut qu'on arrête de dire que ce n’est pas un sujet, que déjà en France c’est mieux qu’ailleurs ou encore que la complémentarité des rôles c’est important.

Qu’on soit d’accord ou pas, que cela nous fasse réagir ou pas, ces femmes et leurs combats représentent les voix de personnes qui ne se sentent pas inclus dans leur lieu de culte. Et rien que pour cela, c’est un échec. Ce n’est pas de la complémentarité quand une personne a accès à des rôles et des positions de pouvoir, sur la base du genre ou du sexe, c’est de la discrimination. 


Ensuite,  Hala,  Anne et Myriam en sont les exemples. Dans toutes les institutions, il y a des femmes, des mouvements et associations qui font bouger les choses, de l’intérieur. Leur faire confiance pour travailler ensemble même si ça bouscule, c’est ça la construction commune.

Il existe un grand nombre de ces mouvements qui ne sont d’ailleurs pas tous organisés. Il y a beaucoup d’informel, de local. Pour vous en citer quelques-uns : Féminisme en église, Comité de la Jupe, Oh my Goddess, Toutes apôtres, Lallab, la mosquée Fatima, La mosquée Simorgh, Kol-elle ou encore les filles de Rachi.


Comme dirait la rappeuse Chilla, “il n’y a pas de place dans le game pour les femmes”, la seule manière de changer les choses c’est donc de faire de la place dans le game. Et si on faisait confiance à Hala, Anne et Myriam et on acceptait notre part de responsabilité sur le sujet, en laissant, en préparant ou encore en prenant la place ?

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