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La menace nucléaire, une histoire déjà ancienne
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La menace nucléaire, une histoire déjà ancienne

Un article rédigé par Tom Baraffe - RCF, le 18 octobre 2022  -  Modifié le 17 juillet 2023
Les Racines du présent La menace nucléaire, une histoire déjà ancienne

Le 9 octobre 2022, le pape s'exprimait au sujet des risques nucléaires en Europe : “Il y a 60 ans, nous ne pouvons oublier le danger de guerre nucléaire, qui, précisément à l’époque, menaçait le monde. Pourquoi ne pas apprendre de l’histoire ? À ce moment-là également, il y avait des conflits et de grandes tensions, mais on a choisi la voie pacifique." Aujourd'hui, l'Occident est suspendu à la menace nucléaire proférée par Vladimir Poutine. Depuis les bombes atomiques au Japon en 1945 jusqu'à la récente escalade voulue par Poutine, en passant par les tensions entre la Chine et Taïwan, sans oublier la crise des missiles de Cuba, la guerre du Kippour, il nous faut revisiter notre histoire nucléaire, ses doctrines et évolutions.

Mémorial de la paix de Hiroshima ©Unsplash Mémorial de la paix de Hiroshima ©Unsplash

Le risque nucléaire plus proche que jamais ? 

 

Le 21 septembre 2022, Poutine annoncé dans un discours officiel : "Je veux rappeler à ceux qui s'autorisent à faire des commentaires, que la Russie a une variété d'armes de destruction. Si l'intégrité territoriale de notre pays est menacée, nous utiliserons tous les moyens possibles pour protéger la Russie et notre peuple, ceux-ci n'est pas du bluff."

 

"Ce n'est pas du bluff", pour Jean-Marc Le Page, historien, chercheur à l'université rennes 2, auteur de "La bombe atomique, de Hiroshima à Trump" (éd. Passés Composés, 2021). Mais ce "n'est pas la première fois que Vladimir Poutine utilise cette menace nucléaire, qui bien souvent relève plus de la rhétorique qu'autre chose", nuance le chercheur.

 

Comme l'indique Jean-Marc Le Page dans son livre, la menace de nucléaire de Poutine sert de "parapluie". Pour lui permettre de manœuvrer librement en Ukraine, sans craindre une riposte de l'Occident / Otan. 

 

Après Hiroshima et Nagasaki, le monde est entré dans une nouvelle ère

 

Le 6 août 1945, le monde a découvert la bombe atomique via le bombardement d’Hiroshima au Japon. Jean-Marc Le Page explique que pour beaucoup ont eu le sentiment d’une "nouvelle aire" qui s'installait. Cette bombe a créé "une rupture politique, géopolitique, stratégique majeure. À partir de cette date-là, on entre dans un nouveau monde", d'après le chercheur. 

 

En 1939, ce sont des scientifiques qui ont poussé le président états-unien Franklin Delano Roosevelt à lancer un programme de recherche nucléaire pour ne pas être devancé par l’Allemagne nazie. Cependant, dès la défaite de l'Allemagne le 8 mai 1945, de nombreux scientifiques ne voyaient plus l'intérêt d'un tel projet. Le bombardement sur Hiroshima et Nagasaki, vu comme nécessaire pour infliger une punition aux Japonais après Pearl Harbor, a rapidement été contesté.

 

Sommes-nous dans une nouvelle guerre froide ?

 

Aujourd’hui, "on a des relents de guerre froide", observe Jean-Marc Le Page. Mais selon l'historien, on ne peut pas non plus comparer la période actuelle à celle de la guerre froide. Tout d'abord, nous ne sommes pas sur une confrontation entre "deux systèmes antagonistes, comme pouvait l'être le système soviétique et le système de la démocratie libéral", explique le chercheur. Il continue : "d'un point de vue économique, on a des choses qui se rejoignent". L'historien rajoute que les "blocs" d'aujourd'hui ne sont pas autant "soudés" qu'à l'époque de la guerre froide. Même si Poutine essaye de dénoncer le système occidental qui serait contre le reste du monde.

 

Vladimir Poutine n’est pas le seul responsable de l’augmentation des tensions nucléaires. Depuis le passage de Trump à la maison blanche, le Bulletin of the Atomic Scientists, qui évalue chaque année le risque de guerre nucléaire sous les formes d'une "l'horloge de la fin du monde", rapproche son aiguille vers minuit. Cette horloge nous indique à quel point nous sommes proches de l'apocalypse nucléaire : plus on se rapproche de minuit, plus “l’apocalypse nucléaire” menace. Depuis 2020, l'horloge indique minuit moins 100 secondes, soit son heure la plus proche de minuit depuis 1953.

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