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Irène Frain " L'allégresse de la femme solitaire " (Seuil)
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Irène Frain " L'allégresse de la femme solitaire " (Seuil)

Un article rédigé par Jacques Plaine - RCF Saint-Étienne, le 2 décembre 2022  -  Modifié le 17 juillet 2023
A plus d'un titre Irène Frain " L'allégresse de la femme solitaire"

Un jour d'août 1853, une goélette jette l'ancre dans un port californien. Son capitaine a réussi l'impensable : capturer la « Femme Solitaire », ultime représentante d'un peuple immémorial, abandonnée dix-huit ans plus tôt dans une île sauvage. Elle parle une langue énigmatique et irradie une joie extraordinaire. Pendant que le Dr Shaw prend fait et cause pour elle, les clans de la ville menacent la survie de cette Femme Solitaire. Roman choral fondé sur un fait divers authentique.

©rcf42.fr/Louis Reynard, de "lire à saint étienne" ©rcf42.fr/Louis Reynard, de "lire à saint étienne"

Irène Frain, prix Interallié 2020 pour « Un crime sans importance » est l’auteur d’une trentaine de romans et biographies salués par la critique et le public pour leur souffle narratif et leur documentation sans faille.

 

©rcf42.fr/Louis Reynard, de "lire à saint étienne"

 

C’était à l’ouest de l’Ouest, l’année où les baleines avaient tant tardé à quitter la baie et où les forêts de l’arrière-pays étaient parties en fumée. Cette année là, une goélette à voile jaune avait déposé sur un quai de Santa Barbara une indienne extraordinaire : « la femme solitaire ». « La femme sauvage » comme disaient d’autres, « la Robinsonne » comme l’appelaient d’autres encore. C’était une femme dans les quarante à cinquante ans, une sauvageonne qui aurait été abandonnée dix-huit ans plus tôt dans l’île la plus lointaine des Channel Islands. Une furie que personne ne pouvait approcher. Une belle indienne, disait-on, membre d’une tribu qui remontait à la nuit des temps et qui lorsque tous ses congénères étaient partis – de leur plein gré ou pas – n’avait jamais voulu quitté San Nicolas. Certains avançaient même – mais on dit tant de choses - que lorsque son compagnon avait été enlevé elle aurait préféré se cacher et rester dans l’île plutôt que de le suivre.

Cette femme qui n’avait jamais vu un cheval et qui, arrivée sur la plage de Santa Barbara, avait pris le docteur Shaw pour un centaure - mais que savait-elle des centaures ? - était vêtue d’une tunique et d’une cape faites de plumes noires, s’exprimait dans une langue à laquelle personne ne comprenait rien, chantait, dansait, riait du matin au soir et du soir au matin et semblait aussi heureuse de vivre et de faire la fête ici, qu’elle avait fuit l’homme blanc et les autres sur son île.

 

©rcf42.fr/Louis Reynard, de "lire à saint étienne"

 

Mais cette histoire le capitaine Thomas Horne, lui, la racontait autrement. Il disait que tout ça c’était « des histoires en robe de bal ». Il avançait aussi que « l’origine de tout, l’origine de l’origine, c’était la folie de la chasse à la loutre » et que pour la femme, il « ne désespérait pas de déchiffrer sa vie ». Qui est donc ce personnage de roman né d’un fait divers authentique ? Une créature étrange et troublante comme les a toujours aimées Irène Frain.

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