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Geoffroy Delorme ou la vie sauvage : sept ans en immersion avec des chevreuils
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Geoffroy Delorme ou la vie sauvage : sept ans en immersion avec des chevreuils

Un article rédigé par Amélie Gazeau - RCF,  -  Modifié le 17 juillet 2023
Visages Geoffroy Delorme, l'homme chevreuil

On le surnomme "l'homme-chevreuil". Pendant 7 ans, Geoffroy Delorme a vécu en immersion avec des cervidés en forêt. Une ode à la vie sauvage qu'il raconte dans son livre "L'homme-chevreuil".

Geoffroy Delorme avec son ami Chévi. (Photo Geoffroy Delorme) Geoffroy Delorme avec son ami Chévi. (Photo Geoffroy Delorme)

Geoffroy Delorme c'est un mowgli des temps modernes : il a passé sept ans en immersion dans la forêt avec ceux qu'il appelle ses amis : les chevreuils. Petit, il croise un de ces cervidés et à force d'observation réussit à l'apprivoiser. Le monde animal s'ouvre à lui et ne le quittera plus.

 

C'est une expérience de la vie sauvage hors du commun, dans la forêt de Bord-Louviers dans l'Eure, qu'il raconte au micro de Thierry Lyonnet dans l'émission Visages mais aussi dans son livre "L'homme-chevreuil. Sept ans de vie sauvage" paru aux éditions Les Arènes

 

La forêt, un refuge 

 

 

Dans son enfance, la forêt n'était pas qu'un lieu d'évasion c'était un "vrai soutien psychologique" pour Georffroy Delorme qui n'est jamais allé à l'école mais qui suivait ses cours par correspondance à la suite d'un traumatisme scolaire. Sans copain, ni copine, Geofrroy Delorme a dû trouver un moyen de gérer une solitude grandissante. "La scolarité par correspondance c'est quelque chose de bien parce qu'on gère soi-même son temps, on fait ce qu'on veut quand on veut mais il n'y a pas de rapport humain, c'est un petit peu ce qu'on a vécu avec le Covid" raconte-t-il.

 

Geoffroy Delorme a du mal à s'intégrer dans la société et ne cherche pas à le faire particulièrement. Dans le monde actuel, géré selon lui par la compétition et l'argent il n'est pas simple de trouver sa place. "J'ai toujours recherché une forme de partenariat où nos savoirs cumulés sont une valeur ajoutée à notre société" explique-t-il. C'est avec les animaux qu'il a trouvé cette forme de partage. C'est ce qui l'a poussé à vivre avec eux, "c'est une forme de neutralité, on n'est pas en train de juger et ça c'est quelque chose qui me plaisait beaucoup dans la forêt". En s'intégrant à la vie sauvage, Geoffroy trouve ce qu'il appelle "une stabilité morale".

 

Geoffroy Delorme et l'un des chevreuils qu'il a surnommé Prunelle

 

 

Vivre en forêt, une décision mûrie

 

 

Geoffroy Delorme n'a pas "décidé" de s'installer en forêt du jour au lendemain. Petit à petit, il a fait corps avec ce milieu sauvage. Des risques il y en a, comme partout, mais pas de dangers, selon lui, même si les contes et autres légendes urbaines veulent nous le faire croire. À partir de 16 ans, le jeune homme passe de plus en plus de temps dans la forêt de Bord-Louviers entre Rouen et Évreux, la journée d'abord puis la nuit ensuite. "Je n'avais pas de tente, je n'avais pas de sac de couchage, je n'avais pas d'abris" raconte-t-il. Comme les animaux qui l'entourent, il va prendre possession d'un territoire de 5 km2, ce qui lui permettra d'avoir "suffisamment à manger et à boire, en quantité, en qualité et en variété."

 

Choisir de vivre dans un milieu hostile où l'Homme n'a pas forcément sa place demande une adaptation radicale. "Il faut modifier complétement son métabolisme, il faut inverser son rythme de vie" explique l'homme-chevreuil. Il a appris en observant les cervidés à dormir le jour plutôt que la nuit, à fuir le vent pour éviter d'avoir froid, à favoriser la laine plutôt que le coton et à reconnaitre les 40 fruits secs que la forêt lui offrait. 

 

Chévi la nuit (Geoffroy Delorme)

 

Mes amis, les chevreuils

 

 

L'homme est un animal-social disait Aristote. Geoffroy Delorme en a fait l'expérience. Après avoir appris à survivre dans la forêt, il a fallu se faire des amis. Il a jeté son dévolu sur les chevreuils en intégrant leur mode de vie. C'est grâce à eux qu'il a pu vaincre la solitude même s'il n'a jamais eu ce "manque" d'humains. "Je vois un oiseau, je vois un canard, je vois un ragondin je suis content" témoigne-t-il. Pourtant ce sont les chevreuils, de nature curieuse et trés adaptée, avec qui il a créé le plus de liens. "C'est plus eux qui se sont plus mis en tête de m'apprivoiser que moi" avoue Geoffroy Delorme.

 

 

 Daguet, c'est le nom du premier chevreuil qu'il a rencontré . Le petit cervidé l'a "fasciné" et lui a "ouvert les yeux au fur et à mesure sur ce qu'était le monde sauvage". C'est avec cette rencontre magique, ce face à face au détour d'un chemin, que tout a commencé. Sept ans après cette amitié est encore au coeur de la vie de Geoffroy Delorme. Pour rendre hommage à Daguet, Chévi, Étoile, et le reste de ses amis chevreuils il a raconté son expérience dans un livre : "L'homme-chevreuil. Sept ans de vie sauvage" paru aux éditions Les Arènes.

 

 

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