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Abbaye de Noirlac
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Abbaye de Noirlac

Un article rédigé par Luc Ziegler - RCF Loiret, le 28 juillet 2022  -  Modifié le 17 juillet 2023

Dans son numéro du 10 juin, la Croix consacrait une page éloquente aux jardins de Noirlac, ancienne abbaye cistercienne, devenue centre culturel de rencontre.
Le journal invitait ses lecteurs à venir entendre « la passion selon Saint-Jean » de J.S. Bach, après une visite aux bâtiments conventuels.

L'abbaye de Noirlac L'abbaye de Noirlac

- Les vicissitudes de l’histoire :
Au cours de sa longue histoire de près de 900 ans, l’abbaye connaîtra des fortunes et tribulations diverses. Elle est fondée en 1150. Elle bénéficie de donations, dîmes et revenus seigneuriaux pour se construire et s’agrandir au cours des siècles. Elle doit se protéger des pillages en réalisant donjons et
douves. Elle traverse une crise morale au XVe siècle (apostasie). Elle tombe en « commende » (le roi se substitue aux abbés pour les nominations).
Déprédations et incendies interviendront au moment de la Fronde. En 1790, à la Révolution, la communauté religieuse sera dissoute et les bâtiments vendus comme Biens Nationaux

- La découverte d’un lieu magique :
Passer quelques heures à déambuler dans le site de Noirlac avant de vivre une soirée musicale de qualité est un privilège forcément attrayant :
Au XIXe siècle, l’abbaye échappera aux risques du démantèlement moyennant la transformation des lieux en manufacture de porcelaine puis au classement en monument historique (1862).
La vraie renaissance de l’abbaye sera le fait du département du Cher qui l’acquiert en 1909 et en réalise la réhabilitation complète au point de faire retrouver aux bâtiments la jeunesse de leurs plus belles années.

Entendre un concert – oratorio dans la grande nef de l’église abbatiale où peuvent prendre place quelque 500 personnes constituera le point d’orgue de la soirée. La flânerie dans le cloître, la traversée du réfectoire, la montée au dortoir des frères convers, la fraîcheur du cellier un jour de canicule, la visite des cellules monacales, la promenade sous les tilleuls multi–centenaires du parc, tout aura contribué à l’enchantement du visiteur sur ce lieu d’exception facile à trouver puisqu’il est situé au centre géographique de la France, à Bruère-Allichamps et repérable sur toutes cartes (IGN, Michelin et coatera).

Au cours de la promenade dans le site au soleil déclinant, on se plaît à penser que l’abbaye et ses dépendances ont échappé au pire après la Révolution grâce à l’absence de cupidité de celui qui s’est porté acquéreur de ce « bien national » et qui avait les moyens de ne pas le « vendre par appartements » ! comme ce fut trop souvent le cas pour nombre d’autres biens nationaux, confisqués au clergé. Cette sauvegarde de l’abbaye sera entretenue tout au long du XIXe siècle. Quelques visiteurs croisés sur place, admiratifs de la configuration du site, formulaient des commentaires sur l’absence d’une âme à Noirlac, à cause ou en dépit de la vocation contrariée de l’abbaye « ad majorem dei gloriam », il y a un peu plus de deux siècles…

Cette double réflexion illustre un paradoxe : ou bien une abbaye est victime des tourments de l’Histoire et disparait du paysage par petits morceaux au bénéfice des constructions alentours, ou bien elle échappe aux vicissitudes des temps troublés et poursuit sa vie en changeant de statut, en se refaisant une nouvelle jeunesse et en adoptant une vocation culturelle, artistique et musicale.

J’incline à penser que l’option retenue par l’Histoire a été la bonne…

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