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Police, sécurité : qu'attendent les forces de l'ordre de la présidentielle ?

Police, sécurité : qu'attendent les forces de l'ordre de la présidentielle ?

Un article rédigé par Melchior Gormand, Stéphanie Gallet, Maud Denais - RCF, le 16 mars 2022  -  Modifié le 27 février 2024
Je pense donc j'agis Présidentielle 2022 : quelle police pour demain ?

Avant que la guerre en Ukraine ne polarise tous les débats de la campagne présidentielle, l’amélioration de la sécurité des français faisait partie des questions prioritaires pour certains candidats, et la situation des policiers et gardiens de la paix était au cœur de leur préoccupation.

© Fernandoz / Pixabay © Fernandoz / Pixabay

Des gardiens de la paix en souffrance

 

Faire respecter la loi, maintenir l’ordre et assurer la sécurité publique, voici le rôle principal des policiers. Mais leur mission devient de plus en plus difficile à mener. Entre misère sociale et violence, les forces de l’ordre sont confrontées à la souffrance et à la détresse des gens, un quotidien difficile à supporter. Chaque année en France, entre trente et cinquante policiers mettent fin à leurs jours. Plusieurs raisons expliquent ce taux de suicide important affirme l'universitaire Mathieu Zagrodzki :  « un suicide, c’est multifactoriel. Entre ce que vous vivez au quotidien en tant que policier, les difficultés internes à l’institution et la vie familiale, ça peut mener à l’inéluctable ».

 

Malgré ce qu’ils voient sur le terrain, la souffrance des policiers vient surtout de l'organisation de cette institution, comme le précise Agnès Naudin, capitaine de police : « la plupart des problématiques qui surviennent aujourd’hui viennent des injustices qui sont à l’intérieur et non pas des difficultés qui viennent de l’extérieur. Il y a un vrai manque de management ».

 

Violences policières : exception ou dérive ?

 

Un certain nombre de violences policières ont marqué l’opinion ces dernières années mais Mathieu Zagrodzki souligne que malgré les écarts, elles ne représentent pas la plupart de leurs actions : « La majorité des interventions se passent bien. Elles se font dans le respect de la loi et de la déontologie. En revanche, parler d’exception c’est un peu minorer les choses parce que la police c’est une institution qui exerce la force, la contrainte et qui est confrontée à des situations très difficiles. C’est donc impossible qu’une institution ne commette pas d’erreurs ». Ces brutalités n’ont pas forcément augmenté, elles sont cependant rendues plus visibles depuis plusieurs années : « il n’y avait pas cette visibilité il y a quarante ans. Tout ce qu’on fait est publié sur les réseaux sociaux et c’est très mal vécu par les forces de police ».

 

Même si les forces de l'ordre rencontrent quelques difficultés, certains policiers se sentent délaissés et peu accompagnés par leurs supérieurs comme l’explique Agnès Naudin : « ces violences existent, il ne faut pas les nier. Il faut les combattre ! Cependant, je trouve que la hiérarchie a une forte tendance à jeter les policiers au pilori. L’activité judiciaire prône la présomption d’innocence mais lorsqu’on est dans le cadre de violence policière, nous sommes immédiatement présumés coupables. Il n’y a aucune protection qui est faite pour le fonctionnaire ».

 

Quid des décisions politiques et du prochain mandat présentiel ?

 

Le Beauvau de la sécurité lancée en février 2021 par le président Emmanuel Macron avait pour objectif de réconcilier la police avec les citoyens et d’améliorer les conditions d’exercice des forces de l'ordre. Mais les réformes ont été ralenties à cause des nombreuses crises traversées par la France rappelle Mathieu Zagrodzki : « il y a eu les gilets jaunes puis l’épidémie. Les forces de l’ordre se sont retrouvées dans la situation de gestion d’urgence et de maintien de l’ordre. Nous avions donc moins de temps à consacrer à la police du quotidien ».

 

L’attente pour les prochaines années est importante chez les forces de l’ordre. La simplification des procédures est par exemple une de leurs revendications. Mais pas seulement. Mikael Corre journaliste au quotidien La Croix souligne que le niveau de connaissance sur les conditions d’exercice de ces agents est moindre : « il faut augmenter la compréhension des enjeux des français par rapport à la police ». L'apprentissage doit aussi se réformer d’urgence comme le souhaite l’universitaire : « il y a un enjeu de formation, comme la résolution des conflits, sur la connaissance de la société pour mieux les préparer aux réalités du terrain ».

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Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
Je pense donc j'agis

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