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Campagne présidentielle : où est passée la fraternité ?

Campagne présidentielle : où est passée la fraternité ?

Un article rédigé par Stéphanie Gallet - RCF, le 29 mars 2022  -  Modifié le 27 février 2024
Je pense donc j'agis Campagne présidentielle : où est passée la fraternité ?

Et si on parlait de la fraternité pour réveiller une campagne présidentielle que beaucoup jugent atone... ? Car elle a beau faire partie de notre devise, la fraternité est le grand défi de notre République. Dans une société de plus en plus fractionnée, elle semble difficile à mettre en œuvre. Et 14% des Français souffrent d’isolement social. Que proposent les candidats pour favoriser la fraternité ? On en parle avec Sylvie Bukhari de Pontual, du CCFD-Terre Solidaire, Véronique Albanel, du JRS France et Jean-Francois Serres, fondateur de Monalisa.

Dans une campagne présidentielle jugée atone, la fraternité semble être la grande absente (Photo : Une épicerie solidaire à la paroisse Saint-Ambroise, Paris, le 15/05/2020 ©Corinne SIMON/CIRIC) Dans une campagne présidentielle jugée atone, la fraternité semble être la grande absente (Photo : Une épicerie solidaire à la paroisse Saint-Ambroise, Paris, le 15/05/2020 ©Corinne SIMON/CIRIC)

Réveiller une campagne présidentielle atone

 

Cette campagne électorale est atone, pour Sylvie Bukhari de Pontual, la présidente du CCFD-Terre solidaire, . "On ne discute pas, regrette-t-elle, des défis de fond pour notre pays. On crée des espace de fracture et de friction en se détournant des véritables préoccupations des citoyens." Le CCFD, avec 36 autres organisations chrétiennes de solidarité veut donc mettre en avant trois grandes défis pour cette campagne présidentielle : 

- 1er défi : Le  débat et la restauration du lien social ; 
- 2e défi : la construction de toutes les politiques publiques à partir des plus vulnérables ; 
- 3e défi : l’urgence écologique doit être au cœur des politiques pour nous permettre d'affronter les multiples crises.

 

Que proposent les candidats pour lutter contre l'isolement social ?

 

14% des Français souffrent d’isolement social, un quart d'entre eux n’ont des relations que dans un seul réseau. Pour Jean-François Serre, fondateur de Monalisa et auteur de "La fraternité : le défi de notre République" (éd. L'Observatoire), l’isolement social est au cœur des grandes crises auxquelles la campagne présidentielle devrait essayer de répondre.

 

"Les gens ont besoin de reconnaissance. Quand on manque de relations, cela provoque de la souffrance. Cet isolement augmente le sentiment d’insécurité." La fraternité, précise Jean-François Serres, ce sont "des relations qui produisent de la reconnaissance, de la protection et de la participation". 

 

La fraternité, le grand défi de notre République

 

La fraternité est bien le défi de notre République, considère Jean-François Serres. "Si on ne s’en préoccupe pas, ce sont la liberté et l’égalité qui vont commencer à dépérir." Or, il n’y a pas d'évidence sur la fraternité, selon la philosophe Véronique Albanel, présidente du JRS France. "Chaque religion est fracturée sur ce sujet de la fraternité", explique-t-elle. Difficile pour chacune des communautés de définir où commence la fraternité. "Même au sein des penseurs catholiques, il y a des lectures différentes de la parabole du Bon samaritain..."

 

On peut cependant souligner l'élan de générosité sans précédent provoqué par la guerre en Ukraine. Comme le souligne Véronique Albanel, face à cette guerre, c'est aussi "une Europe de la fraternité" qui est en train de se mettre en place. Une Europe de la fraternité, où il est important de ne pas mettre en concurrence les publics qui demandent l’asile. "La fraternité, on y est appelé, dit-elle, mais en même temps ça s'apprend." La présidente du JRS France se félicite du savoir-faire des associations pour accompagner cet élan de générosité et ce soucis de l’hospitalité.

 

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