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La musique pour soigner et régénérer son cerveau
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La musique pour soigner et régénérer son cerveau

Un article rédigé par Aurore SESSA - RCF Vaucluse, le 30 mai 2022  -  Modifié le 17 juillet 2023
Astuces santé Rediffusion :La musique pour soigner et régénérer son cerveau

La musique nous fait du bien. Tout comme des plantes adaptogènes, la musique pourrait-elle restaurer notre équilibre hormonal, immunologique et améliorer nos désordres neuro-dégénératifs ? Pourquoi ? Comment ?

 

musique cerveau © pixabay musique cerveau © pixabay

Bonjour à tous,
 

La musique est certainement un de nos plus ancien langage et aurait le potentiel d’améliorer des désordres neurodégénératifs et psychiatriques en créant de nouvelles cellules neuronales et de nouvelles connexions. La musique restaurerait l’équilibre hormonal, immunologique en miroir des plantes adaptogènes. Et plus encore, la musique est au cœur de notre âme et de nos atomes, en quelques mots, elle nous fait du bien…. Pourquoi ? Comment ?
 
Cette chronique est en partie issue d’un article du site GreenMédInfo.
La musique est un langage universel, elle est intriquée à toute notre culture depuis des temps immémoriaux. Elle n’est pas une invention humaine, les harmoniques, la voie, notre instrument de musique et les rythmes sont cristallisés à notre condition humaine.


L’étude des textes sacrés, nous permet de découvrir l'origine céleste de la musique. Nous trouvons un passage très intéressant dans la livre de Job, chapitre 38, 1à11.


chant céleste © pixabayDieu explique à Job qu'Il a créé la terre, qu'Il en a fixé les mesures et que pendant ce temps, une chorale céleste chantait des chants de triomphe. Le verset 7 dit: "Alors qu'ensemble les étoiles du matin éclataient en chants de triomphe..."
Dieu a créé la musique !
Elle retentissait dans les cieux bien avant que l'homme n'existe !
 

Les recherches archéologiques font remonter l'utilisation d'instruments de musique (trous percés dans des instruments faits d'os ou d'argile) parfois associés à des instruments de chasse. Une première recherche directe en musique préhistorique est entreprise par le préhistorien Michel Dauvois et le spécialiste de musique antique Iegor Reznikoff qui s'intéressent aux paysages sonores de trois grottes paléolithiques de l'Ariège.


FLUTE OS ©https://fr.wikipedia.org/wiki/Hohle_Fels#/media/Fichier:Fl%C3%B6te_aus_G%C3%A4nsegeierknochen_vom_Hohle_Fels_im_urmu.jpgEn  septembre 2008, des chercheurs mettent au jour dans la grotte de Hohle Fels en Allemagne trois flûtes en ivoire de mammouth, en os de cygne et en os de vautour. Cette dernière est datée par la méthode du carbone 14 à plus de 35 000 ans, ce qui en fait le plus vieil instrument de musique dans le monde connu.

La musique des hommes qui vivaient sur terre à ces époques lointaines n'était pas semblable à la nôtre. Les mélodies qu'ils inventaient traduisaient :

  • des sentiments, des émotions élémentaires.
  • Elle pouvait aussi exalter leurs sentiments religieux par des incantations destinées à agir sur les phénomènes que ces hommes ne pouvaient s'expliquer, comme le vent, le tonnerre, la maladie…
  • Elle servait également à communiquer avec les esprits, apaiser les démons, etc.
  • Certaines légendes vantent les vertus de la musique, tantôt maléfiques, parfois bénéfiques.


chant chrétien © pixabayLa musique classique occidentale trouve son origine dans le chant chrétien diffusé par les communautés des premiers siècles. L'unification des rites fera évoluer la musique vers le chant grégorien.


Au-delà de la culture musicale européenne, il existe d'autres cultures musicales, toutes aussi importantes mais qui nous sont peu familières.

Parmi les aspects mis en avant dans ces musiques, il y a :

  • une incursion du sentiment et de l'état émotionnel à produire ou induire
  • un usage d'échelles variées (pentatonique, hexatonique, heptatonique ou mixte)
  • une transmission orale de maitre à disciple.


Il est difficile de dire où exactement la musique proprement dite est née.

On pense que cela date de la civilisation sumérienne, soit environ 3000 av. J.-C., en Mésopotamie. De là elle s'est propagée en Égypte. Il semblerait que dans le même temps la Chine, la Perse et l'Inde ont aussi développé une musique particulière.
A la suite des influences égyptienne et indo-persane elle se serait ensuite propagée en Grèce et en Occident.
Plus tard, ce sont les religions qui ont colporté la musique, notamment le Christianisme et l'Islam, mais aussi de manière plus discrète, le Judaïsme ou le Bouddhisme.


La musique nous fait du bien : que disent les recherches ?


Plusieurs théories tentent d’approcher pourquoi la musique agit aussi puissamment sur nous, à tous les niveaux de notre être.

Selon l’une d’elles, Dean FALK suggère que la maternité qui amène la mère à parler à son bébé, serait le précurseur du proto-langage et de la proto-musique.
musique et bébé © pixabayAinsi nos cerveaux sont littéralement câblés depuis la naissance pour recevoir les sonorités musicales. En fait, les circuits neuronaux, à l’origine auraient servi à d’autres fonctions et auraient été réaffectés, réorientés au cours de l’histoire de notre évolution pour le traitement de la musique.
 

didgeridoo © pixabay

Ce serait pourquoi les études anthropologiques et éthnomusicales révèlent que les cultures contemporaines de chasseurs cueilleurs utilisaient la musique à des fins thérapeutiques. Cela nous montre les façons utilisées par nos prédécesseurs pour se soigner.  C’est un testament laissé à nos sociétés disharmonieuses, coupées de notre nature originelle.


Dans une étude, les chercheurs ont étudiés le cerveau de personnes et suivi le flot de sang cérébral. Ils observèrent que les sujets qui écoutaient des chansons dans les genres musicaux qu’ils préféraient, augmentaient les connexions neuronales.


La région du cerveau la plus active est celle impliquée dans les processus mentaux d’introspection et d’adaptivité, zone que nous engageons spontanément et délibérément chaque jour.

Cette zone pourrait être impliquée :

  • dans certains désordres neurologiques comme l’autisme, la schizophrénie, la dépression, les stress post traumatiques, la maladie d’Alzheimer.
  • Elle est corrélée aux pensées intérieurement concentrées comme le rêve éveillé, les souvenirs passés, l’empathie, la conscience de soi.
  • On a montré que c’est là que la musique déclenche des pensées personnelles référentielles et des souvenirs.


L’activation de cette zone dit « réseau mode défaut » est crucial dans :

  • le processus des interactions psychosociales
  • des habilités cognitives avancées comme la compréhension de ce que l’on lit,
  • la créativité,
  • les évaluations morales
  • et la pensée divergente.


Cette zone, quand activée, peut :

  • restituer des mémoires anciennes encodées
  • et soutenir des processus cognitifs compromis dans les maladies neurodégénératives (souvenirs autobiographiques, mémoires socio-émotionnelles, réflexions personnelles).

 

hyppocampe cerv © pixabayDans cette expérience avec un IRM Fonctionnel, l’hippocampe est une autre région qui réagit au chant ou la musique choisie par le sujet peu importe ses caractéristiques acoustiques.  Cette zone est associée à la mémoire et aux émotions et peut être également altérée par les maladies neurodégénératives.


La musique agit sur nos cellules nerveuses.

 

  • On a démontré que la musique affecte nos cellules nerveuses tout au long de notre vie, dès la vie fœtale (Abbott, 2002). Peut-être agit-elle comme un tonique ? Les chercheurs ont proposé " la musique module la sécrétion des hormones stéroïdiennes impliquées dans la réparation et la régénération des cellules nerveuses".
     
  • La recherche dit que la musique facilite la plasticité neuronale, ie l’expansion des réseaux de neurones et les connexions en réponse l’environnement. Ceci peut compenser des déficiences cognitives.
     
  • Cette neuroplasticité serait liée aux hormones stéroïdiennes.

--Par exemple, l’œstrogène et la testostérone élèvent leur taux de substances neurotrophiques telles des facteurs de croissance nerveuse (NFG)  favorisant la survie neuronale et un autre facteur permettant la prolifération des cellules nerveuses et leur survie. Ces facteurs sont impliqués dans l’expression, la régénération, la réparation et la protection des cellules nerveuses via la régulation de l’expression des gènes et des circuits non génomiques.

 

Des taux d’hormones sexuelles équilibrés sont également important pour des foncions neurologiques comme :

  • le développement du cerveau,
  • la perception spatiale,
  • la reconnaissance visuelle,
  • la mémoire,
  • le comportement reproductible,
  • les transmissions du signal nerveux
  • et la suppression d’agrégats de protéines responsables de la maladie de Parkinson et d’Alzheimer

--autre exemple : le cortisol, quand son niveau est approprié, il est impliqué dans les souvenirs à long terme, il se lie aussi aux récepteurs du lobe frontal, il dirige la personnalité, il est également responsable dans la prise de décision, d’apprentissage, de résolution des problèmes, au niveau de l’amygdale dit siège des émotions et au niveau de l’hippocampe, siège de la mémoire.

 

Les études d’écoute de la musique montrent que les niveaux de ces hormones peuvent être altérés et c’est probablement le mécanisme derrière les effets neurologiques.
 

La musique jouée ou écoutée réduit les réponses émotionnelles du stress et de l’anxiété.


De plus, la musique joue le même rôle que des plantes adaptogènes augmentant l’état du corps pour une résistance non spécifique en modulant des hormones dans une direction favorable.
On peut dire qu’écouter de la musique régule  les taux d’hormones stéroïdiennes en les augmentant quand ils sont trop bas, les réduisant quand ils sont trop élevés car la musique agit sur les circuits émotionnels par l’axe surrénalien, hypothalamique et pituitaire, l’axe utilisé par les plantes.


Quelques applications pratiques de la musique
pour les maladies neurodégénératives, la baisse immunitaire et le déséquilibre hormonal
 

  1. Sachant que la connectivité est gouvernée par la préférence de celui qui écoute, les maisons de retraite, de convalescence ou d’autres soins palliatifs ne devraient-elles pas fournir une musique selon les goûts des patients pour des effets maximums ?
     
  2. Des études sur des patients atteints de la maladie d’Alzheimer ont prouvé qu’écouter de la musique du passé de la personne agit comme catalyseur plus efficacement sur la mémoire à long terme en reconfigurant les réseaux neuronaux existants.
     
  3. D’autres études montrent qu’écouter de la musique peut augmenter la récupération des fonctions cognitives post – attaque, atténuer les symptômes de désordres de l’humeur, améliorer l’intelligence émotionnelle et améliorer les fonctions d’exécution du cerveau.
     
  4. La musique favorise la régulation du système immunitaire. Combiner musique et imagerie module la population de nos lymphocytes et neutrophiles, gardiens de notre système immunitaire. Des études ont montré qu’écouter du Mozart, mais pas Beethoven, réduisait la réponse allergique au latex.
     
  5. La musique associée à des exercices physiques agit sur le rythme cardiaque, la pression sanguine et diminue la douleur musculaire.
     
  6. « Nous avons découvert des preuves livre dr levitin © https://www.mcgill.ca/channels/fr/news/la-musique-et-ses-effets-b%C3%A9n%C3%A9fiques-pour-la-sant%C3%A9-225589indiscutables selon lesquelles les interventions musicales peuvent jouer un rôle sur la santé dans des contextes allant de la salle d’opération à la clinique de médecine familiale », affirme le professeur Levitin.

« Fait encore plus important, nous avons pu
documenter les mécanismes neurochimiques
grâce auxquels la musique exerce des effets
bénéfiques sur quatre plans : la régulation de l’humeur, le stress, l’immunité et la création de liens sociaux.
»
                    
En effet, d’après les données recueillies dans le cadre de cette première étude de grande envergure, la musique augmente à la fois le taux d’immunoglobuline A, un anticorps qui joue un rôle crucial dans l’immunité des muqueuses, et le nombre de cellules tueuses naturelles (qui s’attaquent aux microbes et aux bactéries qui envahissent l’organisme).


Le professeur Levitin et sa collègue, Mona Lisa Chanda, chercheuse postdoctorale, ont également découvert que l’écoute et la pratique de la musique réduisent le taux de cortisol (l’hormone du stress) dans l’organisme.

 

Que se passe-t-il dans le cerveau quand nous écoutons de la musique ?

partition © pixabay


Dire qu’il se passe une véritable « symphonie neuronale » n’est pas du tout exagéré, car l’écoute musicale mobilise de nombreuses régions du cerveau, même pour une personne n’ayant pas fait d’études de musique. Les régions auditives (temporales) établissent un dialogue important avec les régions motrices (régions préfrontales mais aussi sous-corticales, autrement du cortex), et c’est en cela que la musique nous donne facilement envie de danser.


La musique est aussi continuellement évaluée dans notre cerveau par rapport au plaisir ou au déplaisir qu’elle peut nous procurer, et cela implique un réseau cérébral complexe que l’on appelle « circuit de la récompense ».


L’activité de ces régions produit la libération de substances telle que la dopamine lorsque le plaisir est présent, ce qui nous fait nous sentir bien. Pour en savoir plus …

La musique, enfin, véhicule des émotions. C'est la raison pour laquelle les théories qui la définissent comme une forme de communication entre êtres humains se réfèrent souvent à des contenus comme les sentiments ou

irm © pixabay

les états d'âme. Le contenu émotionnel d'une musique peut être retrouvé dans toutes les cultures et toutes les formes musicales, et les scientifiques réussissent également à observer son impact grâce aux techniques d'imagerie cérébrale (qui montrent le cerveau au travail) et à le mesurer à l'aide de dosages hormonaux.
 

Place de la musique sacrée


Je ne peux pas terminer cette chronique sans évoquer, même brièvement, la musique sacrée, qui en sublimant notre âme, contribue à notre santé psychologique et physique.
La musique dite sacrée n’est ni liturgique, ni religieuse elle exalte le culte et l’amour divin, invite à l’intériorisation, à la méditation, elle se veut à la fois symbole mystique du divin et de la sublimité. Elle n’appartient à aucune religion, elle les relie, les transcende toutes.


On l’écoute ou la chante comme dans le Gospel et le Negro Spiritual, classique comme dans les Passions de Jean Sébastien BACH ou les messes de MOZARD, les chants grégoriens, dans la culture africaine, sud-américaine, indienne ou autre.
Un site intéressant que je vous invite à découvrir : https://www.jean-christian-michel.com/musique-sacree.html#definition
 

 

Parce que la musique a des effets sur nos différents systèmes corporels, psychiques et spirituels, elle peut représenter une voie thérapeutique d’aide et d’accompagnement.
La musique représente un sanctuaire qui nous console, nous délivre de nos abysses et nos désespoirs. Elle allège nos fardeaux, elle est une force de solidarité qui réduit nos frontières entre les différentes cultures, elle nous relie et engendre une expérience spirituelle et une union sacré.
Belle et douce semaine dans la paix du coeur.

UN LIVRE :
livre aimer la musique © https://www.belin-editeur.com/pourquoi-aime-t-la-musique

 

 

 

 

 

 

 


Des sources et des références :
http://www.greenmedinfo.com/blog/how-music-can-support-brain-regeneration-healing

https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_musique

http://www.pourbienvieillir.fr/le-lien-entre-la-memoire-et-la-musique-herve-platel

https://www.cerveauetpsycho.fr/sd/psychologie/les-mille-effets-de-la-musique-3449.php

https://www.franceculture.fr/conferences/universite-bretagne-loire/pourquoi-la-musique-modifie-notre-cerveau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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