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Frères et sœurs : entre conflit et complicité, trouver l'équilibre

Frères et sœurs : entre conflit et complicité, trouver l'équilibre

Un article rédigé par Anthony Bordes - RCF, le 11 janvier 2024  -  Modifié le 12 janvier 2024
Je pense donc j'agis Frères et sœurs : entre conflit et complicité, trouver l’équilibre

Les liens entre frères et sœurs sont parfois complexes. Pourtant, les relations fraternelles durent souvent plus longtemps que toute autre relation au cours de la vie. Entre rivalité, jalousie, complicité, il est important de trouver un équilibre. Mais comment ? Et quelles sont les causes de ces conflits familiaux et comment les éviter ? Éléments de réponses avec le Professeur Marcel Rufo et Dana Castro.

Photo d'illustration © Ron Lach / Pexels Photo d'illustration © Ron Lach / Pexels

La fratrie est le premier lieu d’apprentissage de la vie en société pour un enfant. Les frères et sœurs découvrent la jalousie, l’attachement et l’opposition. Quand ils sont amenés à vivre ensemble jusqu'à l'âge adulte, il faut parfois savoir gérer les conflits ! Une chose qui n’est pas toujours facile entre des personnalités différentes.

Pourquoi les frères et sœurs se chamaillent ?

Les conflits sont souvent causés par le besoin de se définir en tant qu’individu : l'enfant a tendance à se comparer à l'autre ou à être naturellement jaloux. Le Professeur Marcel Rufo, pédopsychiatre et auteur d’ouvrages consacrés à la prime enfance, prend l’exemple d'un enfant malade dans une fratrie : "Les parents vont mettre tout leur soutien dans cet enfant et l’autre devient naturellement jaloux. Il faut porter de l’intérêt à l’enfant qui n’est pas malade."

Autre élément perturbateur dans une fratrie : l'arrivée d'un deuxième enfant. Il vient bouleverser la vie de l'aîné. Le partage de l’affection parentale va alors inquiéter le premier enfant : c'est une première source de jalousie. Les parents pensent naturellement que les enfants vont s’aimer, sans prendre en compte la différence d’âge et la possibilité de conflits. Finalement, le petit frère peut être vu comme un rival pour l'aîné selon Marcel Rufo. "Les parents doivent être plus lucides”, observe l’auteur du livre Frères et sœurs : une maladie d’amour ?. Pour le pédopsychiatre, "il faut s’intéresser davantage à l’enfant aîné car les parents pensent ne plus avoir besoin de lui donner de l'affection".

Enfin, les enfants ont pour modèle leurs parents, et c'est logique ! Cela explique certains conflits dans la fratrie lorsque le père ou la mère entretient une mauvaise relation avec ses propres frères et sœurs. "Cette observation est importante car le parent est le premier modèle d’humanité que l’enfant peut avoir", relève Dana Castro, docteure en psychologie et auteure du livre Frères et sœurs : les aider à s'épanouir. Les enfants ressentent les choses, positives ou négatives, et sont très attentifs au comportement de leur famille. Leur personnalité va se baser à partir de là, et cela va donner le ton de leurs relations fraternelles.

 

Je pense donc j'agis Frères et sœurs : entre conflit et complicité, trouver l’équilibre

Complices un jour, complices toujours ?

Plus que des frères et sœurs, les meilleurs amis du monde. Certaines fratries ont la chance d'avoir ces attaches. Dana Castro rappelle que "c’est à la petite enfance que beaucoup se joue dans les rapports fraternels et il peut parfois en ressortir une relation positive et complice, qu’on peut même qualifier d’amicale". Cependant, il sera plus difficile de créer cette relation s’il y a une certaine différence d’âge. Marcel Rufo parle alors de "rupture générationnelle" entre les deux membres de la fratrie. Dans ces cas-là, le rapprochement peut venir plus tard à l’âge adulte, lorsque les deux membres de la fratrie sont à un âge mature.

Quel est le rôle des parents ? Ils peuvent agir pour améliorer la complicité entre leurs enfants. Marcel Rufo prend l’exemple de la séparation des frères et sœurs pendant les grandes vacances : "Les grands-parents emmener un enfant en vacances pendant une période puis un autre un peu plus tard. Chaque membre de la fratrie aura quelque chose d’individualisé avec les grands-parents et cela leur permettra de bénéficier de toute leur attention." L’amour que les parents transmettent aux enfants doit évidemment être équilibré. Si chacun est comblé, la complicité dans la fratrie sera favorisée.

Mais parfois, tout n'est pas si rose. Si cette complicité tend à disparaitre, il est toujours possible de la retrouver. Quand un membre de la fratrie n’a plus de nouvelles de ses frères et sœurs depuis longtemps, c'est le "divorce fraternel" évoqué par Marcel Rufo. Deux membres d’une famille peuvent être amenés à se disputer et connaître un conflit qui peut durer des années.

 

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