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Vache Pervenche : l'origine religieuse des montbéliardes, par Mgr Denis Jachiet

Vache Pervenche : l'origine religieuse des montbéliardes, par Mgr Denis Jachiet

RCF, le 6 mars 2023  -  Modifié le 17 juillet 2023
Parole aux Églises Vache Pervenche : l'origine religieuse des montbéliardes, par Mgr Denis Jachiet

Quand un enfant du pays remporte la première place d’un concours national, c’est nécessairement la fête. Rien n’a manqué pour marquer le retour de Pervenche chez elle : discours des élus, articles et photos dans la presse locale. Il faut dire que Pervenche est, depuis des décennies, la première vache montbéliarde du Territoire de Belfort à remporter deux premiers prix au concours du Salon de l’agriculture.

Mgr Denis Jachiet, évêque du diocèse de Belfort-Montbéliard ©Église catholique en France Mgr Denis Jachiet, évêque du diocèse de Belfort-Montbéliard ©Église catholique en France

Peut-être ne savez-vous pas que Pervenche, comme toutes les montbéliardes du monde, est le fruit de l’histoire religieuse du pays de Montbéliard. En effet, au XVIe siècle des protestants radicaux exigent de rebaptiser les adultes déjà baptisés enfants : on les appelle les anabaptistes. Au sein de ce courant naît aux Pays-Bas une branche, non violente, qui s’appelle l’Église mennonite. 

 

Ces communautés mennonites s’implanteront au long du XVIIe siècle en Suisse et en Alsace d’où elles seront chassées au début du XVIIIe siècle. Elles trouveront refuge dans la principauté de Montbéliard, de confession luthérienne. Le prince régnant leur offre la tolérance à condition qu’ils mettent en œuvre leur savoir-faire agricole pour développer ses domaines. C’est ainsi que les mennonites formèrent des familles de bons agriculteurs. Ils se transmirent des exploitations et créèrent au XIXe siècle, par une sélection méthodique des races locales, la race bovine montbéliarde. C’est d’elle que sont aujourd’hui produits les meilleurs fromages de Franche-Comté.

 

À l’occasion du prix remporté à Paris par la valeureuse vache Pervenche, pensons aux défis que rencontrent les éleveurs d’aujourd’hui pour survivre. Comme jadis les mennonites, ils ont à mettre au point le savoir-faire qui permettra de réduire les émissions de gaz à effet de serre de l’élevage. Il leur faut assurer la relève. Tous secteurs agricoles confondus, l’élevage bovin-lait connaît le plus mauvais taux de remplacement au moment du départ à la retraite, moins de 50%. Alors souhaitons que les conditions de vie des éleveurs soient dignes et que leur travail soit mieux reconnu.

 

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