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Temps maussade, chaleur record… Climat et météo, quelles différences ?

Temps maussade, chaleur record… Climat et météo, quelles différences ?

Un article rédigé par Alexandra Rey - Grégoire Gindre - RCF, le 9 août 2023  -  Modifié le 10 août 2023
L'Invité de la Matinale Temps maussade, chaleur record… Climat et météo, quelles différences ?

Le mois de juillet 2023 a battu tous les records de chaleur jamais enregistrés sur Terre. Pourtant, quand il s’agit de différencier climat et météo, tout n’est pas clair pour certains et notamment après un début d’été gris et frais. L’occasion de revenir sur ce qui caractérise ces deux sciences. 

Les océans atteignent des températures historiques jusqu’à 20,96 degrés selon Copernicus. ©Ant Rozetsky / Unsplash Les océans atteignent des températures historiques jusqu’à 20,96 degrés selon Copernicus. ©Ant Rozetsky / Unsplash

Les années sont de plus en plus chaudes, les mois d’été battent des records. En juillet 2023, les températures ont augmenté au point d’en faire, le mois le plus chaud jamais enregistré sur Terre. Les conclusions du dernier rapport européen Copernicus publié le mardi 8 août annonce une température globale à 16,9 degrés pour juillet 2023, contre les 16,6 degrés du mois de juillet 2021. Mais alors entre climat et météo, les esprits se perdent encore. Pour certains vacanciers, après les jours gris et frais de juillet 2023 cette nouvelle ne fait pas toujours sens. 

 

Entre ressenti et réalité

 

Malgré des températures à 0,8 degré au-dessus des normales en ce mois de juillet, le ressenti d’une partie des Français est décorrélé de la réalité. Si le climat se réchauffe, la météo n’a pas été forcément clémente, ce qui porte à confusion. Françoise Vimeux, directrice de recherche à l’institut de recherche pour le développement, rappelle l’importance d’être vigilant : « La météorologie, c’est le temps d’aujourd’hui, le temps de demain, avec des variations de température au cours d’une journée, d’une semaine à l’autre. Le climat lui correspond à l'observation des températures moyennes sur des longues échelles de temps, 20 à 30 ans ; moyennes que l’on nomme des normales de température. »

Tous les dix ans, Météo France « fait glisser cette normale de dix années en avant. Aujourd’hui, la normale en vigueur est celle de 1991 à 2020 » précise la directrice de recherche. Depuis le début du 20ème siècle, des variations observées vont jusqu’à +2°C en France métropolitaine, soit près de 20 fois au-dessus des variables attendues, qui devraient être de l'ordre de quelques dixièmes de degrés. 

 

« L’été ne va pas se décaler, mais s’étendre » 

 

En pleine période estivale, certains espèrent encore un retour des beaux jours, et même jusqu’en octobre. Pour Françoise Vimeux, c’est une prévision qui s’envisage  « La gamme des températures possibles pour l’été comme pour l’hiver s’étend vers le haut : nous aurons de plus en plus de températures clémentes en mai et en juin, qui seront encore présentes en septembre et en octobre. » L’été ne sera pas repoussé sur les mois suivants, mais s’étendra sur les saisons du printemps et de l’automne

Elle complète en donnant l’exemple concret de ce que sera l’été 2022 à l’avenir « sur le long terme, l’été 2022 par exemple sera un été normal en 2050 et un été plutôt frais en 2100. »

 

Des océans et un écosystème marins en souffrance 

 

Les eaux mondiales atteignent des températures historiques, jusqu’à 20,96 degrés selon Copernicus. Des températures qui doivent leur record au dérèglement climatique, et pas nécessairement à El niño/El niña, comme on pourrait l’entendre. Ce phénomène naturel vient se superposer au phénomène anthropique qu’est le réchauffement climatique. « Ces événements ont un effet global réchauffant lorsqu’ils sont à leur paroxysme : en fin et début d’année. Il y a donc très peu de chances que cet événement ait un effet notable sur ce qu'on observe cet été » développe la climatologue. 

Si le dérèglement climatique suffit à réchauffer les océans et les mers, c’est un réel problème pour les écosystèmes et la biodiversité sous-marine. Des espèces comme les coraux sont en passe de disparaître complètement si l’on dépasse les +2°C en moyenne globale. Françoise Vimeux met également en garde sur les conséquences pour les hommes : « Ça a aussi un fort impact sur les rendements des pêches, dont les pays en développement dépendent, car c’est leur alimentation principale. »
 

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Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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