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Robert Colonna d’Istria: "depuis que le bac existe, on le réforme"
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Robert Colonna d’Istria: "depuis que le bac existe, on le réforme"

RCF,  -  Modifié le 17 juin 2021
L'Invité de la Matinale Robert Colonna d’Istria: "depuis que le bac existe, on le réforme"
C’est le grand jour pour les élèves de Terminale. Le baccalauréat débute jeudi 17 juin, dans des conditions assez particulières. Retour sur l'histoire d'un diplôme pas comme les autres.
Marianne Tessier Marianne Tessier

Contrôle continu, un grand oral, le tout dans un contexte sanitaire encore délicat. La nouvelle version du baccalauréat aurait sans doute souhaité un lancement un peu plus calme pour sa première édition. Mais il faut composer avec le contexte. Composer. C’est d’ailleurs ce que les élèves de terminale font actuellement, avec la traditionnelle épreuve de philosophie, qui a débuté ce jeudi 17 juin.
 

Un rite de passage dans la société

Pour Robert Colonna d’Istria, historien, auteur de "La grande histoire du baccalauréat" (éd. Plon), "le bac a une dimension qu’il ne faut pas oublier, c’est l’attachement des Français. Tout le monde est attaché au bac.  Ce diplôme a une valeur symbolique qui continue d’être très forte, malgré une éventuelle dévalorisation au fil du temps. Ce n’est pas rien. On vit de mythes, de symboles, de valeurs immatérielles et le bac est un des rites de passage dans la société".

En 1809, date d’entrée en vigueur du bac, on ne comptait que 39 candidats. Aujourd’hui ils sont quasiment 700.000. "Jusqu’à la deuxième guerre mondiale, le bac ne concerne que 2 à 3% des gens. C’est très peu de monde. A partir de là, on passe à des taux très élevés. Il change donc de nature. Pourtant le titre du diplôme reste le même, l’émotion et le stress aussi. Malgré ce changement considérable dans les chiffres, la réalité psychologique est toujours un peu la même" ajoute l’historien.
 

Un diplôme à la charnière de deux mondes

Ce dernier estime néanmoins que beaucoup de choses sont faites pour déprécier le baccalauréat. "Les étudiants qui avaient la moyenne dans l’année en philo sont allés à leur épreuve les mains dans les poches ce matin". Il n’empêche que pour beaucoup d’élèves, explique Robert Colonna d’Istria, le bac reste quelque chose d’important. D’ailleurs, estime-t-il, "si on supprimait le baccalauréat, les élèves ne travailleraient pas".

Le bac revêt également une dimension politique importante. "Depuis qu’il existe, on le réforme. A chaque réforme, cela donne lieu à des espèces de drames nationaux. Ce qui est intéressant dans le bac, et c’est pour cela qu’il est critiqué, c’est qu’il se trouve à la charnière de deux mondes. C’est un certificat d’études secondaires, et le premier grade de l’enseignement supérieur, comme le disait Napoléon" analyse encore Robert Colonna d’Istria.

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