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Nicolas Bouzou : “En France, le sentiment dominant, c’est la peur”

Nicolas Bouzou : “En France, le sentiment dominant, c’est la peur”

Un article rédigé par Joséphine Bacquaert - RCF, le 13 février 2024  -  Modifié le 13 février 2024
L'Invité de la Matinale "En France, le sentiment dominant, c'est la peur" dénonce Nicolas Bouzou

Contrairement à l’industrie médiatique, l’économiste et essayiste Nicolas Bouzou prône une parole optimiste sur le monde. Dans son livre « La civilisation de la peur - Pourquoi et comment garder confiance dans l’avenir » chez XO éditions, il appelle la société à retrouver la raison face au lobbying de la peur. 

Nicolas Bouzou ©Hans Lucas/ Antonin Weber Nicolas Bouzou ©Hans Lucas/ Antonin Weber

Avenir incertain, inflation, hausse des taux bancaires, pauvreté, changement climatique, sans compter les catastrophes climatiques qui sont liées quand on observe l'état du monde. Nicolas Bouzou, pas de quoi être vraiment optimiste ? 
 
Oui, mais ça a toujours été le cas. On peut mettre le doigt au hasard sur une frise chronologique dans le passé, et vous retrouverez beaucoup de problèmes. Tout ce que vous dites est vrai. Tous les problèmes que vous venez de souligner existent bel et bien. 

Vous avez des fantastiques progrès dans le domaine de la lutte contre la malnutrition, de l'accès à la culture, du sanitaire ou dans la lutte contre le cancer et les maladies rares.

Je voudrais faire deux remarques par rapport à cela. La première, le monde ne se résume pas à ces problèmes. Vous avez des fantastiques progrès dans le domaine de la lutte contre la malnutrition, dans l'accès à la culture, à la santé ou dans la lutte contre le cancer et les maladies rares. 

La deuxième remarque, est que je pense que l'on sous-estime notre capacité collective à répondre aux problèmes dont vous avez parlé, et notamment celui du réchauffement climatique. 

Des motifs d'espoir 

Vous soulignez dans cet ouvrage, quatre points qui m’ont beaucoup étonné. Un, la pauvreté extrême est sur la voie de l'éradication. Deux, la santé humaine s'améliore, surtout dans les pays les plus pauvres. Trois, presque toute l'humanité est alphabétisée. Quatre, le monde est de plus en plus égalitaire. Par exemple, ce dernier point, le monde est de plus en plus égalitaire, ce n’est pas ce qu'on entend ? 

Non, ce n'est pas du tout ce qu'on entend et c'est bien là-dessus que porte ma critique. C'est pour cette raison que j’ai écrit ce livre. Le fait que quelqu'un d'aussi informé et précis que vous ait été étonné, montre bien qu'aujourd'hui, le débat public renvoie une image de la réalité déformée.

L'Invité de la Matinale "En France, le sentiment dominant, c'est la peur" dénonce Nicolas Bouzou

La question des inégalités est très intéressante, car elle est parfaitement documentée. Elle se mesure par des statistiques. On a des choses objectives. En réalité, dans le monde, les inégalités diminuent très rapidement, tout simplement parce que les revenus augmentent beaucoup plus dans les pays pauvres.

Si vous prenez un pays comme la France, on n’a pu noter aucune explosion des inégalités ces vingt ou trente dernières années dans un pays extrêmement redistributif.

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les inégalités de santé dans le monde se réduisent. Il y a une convergence des espérances de vie. Elle est liée aussi à la diminution des inégalités en matière de revenus. 

Si vous prenez un pays comme la France, on n’a pu noter aucune explosion des inégalités ces vingt ou trente dernières années dans un pays extrêmement redistributif. C'est même le pays le plus redistributif des pays de l'OCDE. Cela veut dire que les impôts sont progressifs. Les riches payent beaucoup d'impôts et la redistribution est extrêmement forte à l'égard des plus fragiles de nos concitoyens. La situation n'est pas aussi catastrophique que cela.

A réécouter en intégralité ci-dessus

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