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Naufragé
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Naufragé

RCF,  -  Modifié le 9 septembre 2019
Des victimes d'une tempête aux bateaux de passeurs : que reste-t-il du mot naufragé ?
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Longtemps on a évoqué les naufragés comme victimes d’une tempête effroyable, mais depuis quelques temps le mot est aussi lié aux bateaux de passeurs sans foi ni loi transportant des immigrants dans des conditions effroyables avec un grand désarroi pour les survivants.

Ce mot a une longue histoire

 Il vient du latin naufragium, composé à partir de navis, le bateau, et de frangere, briser, et il signifie donc « bateau brisé », d’où sa définition première : la perte d’un navire par accident de navigation.

Ce mot est entré en langue française en 1414, sous la forme "naffrage", avant d’être définitivement prononcé et orthographié comme aujourd’hui, en 1549.

Dans "nafrage", on repère plus facilement un mot de la même famille, la nef lui-même aussi tiré du latin navis, latin qui vient du grec naus, embarcation, dans le sillage d’une très ancienne racine indo-européenne identique et de même sens. Hélas, un bateau qui s’abîme en mer ou dans un fleuve est une réalité existante depuis que l’homme tente de naviguer sur l’eau.

Au XVIIe siècle, on n’a pas oublié combien il est dangereux de naviguer sur un élément qui n’est pas le nôtre, et pour désigner la mer, on parlait parfois du « théâtre des naufrages ». Il fut un temps aussi où l’on se crut invincible, et Pierre Larousse par exemple affirme, dans son Grand Dictionnaire du XIXe siècle, qu’un navire « chavire rarement aujourd’hui », les constructeurs ne négligeant « rien pour donner avant tout une grande stabilité à la masse flottante ». Hélas, il ne chavire pas forcément mais sombre néanmoins, le Titanic allait mettre fin au mythe du navire insubmersible imaginé par Larousse. 

Naufragé a pris aussi un sens plus large 

Ce mot attesté en 1300 a connu une extension : on parle parfois des naufragés de la route, du ciel et même de la vie. Et dans tous les cas, il s’agit de sauver sa vie ou même autre chose. Voltaire raconte que le poète portugais Camoens, faisant naufrage près des côtes, se sauva en nageant d’une main et en tenant de l’autre hors de l’eau un poème ! Mais retenons le propos de Montesquieu dans L’Esprit des lois, signalant que « les Romains qui faisaient des lois pour tout l’univers, en avaient de très humaines sur les naufrages ».

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