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Mal-être des prêtres : "Le prêtre veut souvent ne pas montrer ses misères", explique Mgr Gérard Daucourt

Mal-être des prêtres : "Le prêtre veut souvent ne pas montrer ses misères", explique Mgr Gérard Daucourt

Un article rédigé par Clara Gabillet - RCF, le 17 octobre 2022  -  Modifié le 17 octobre 2022
L'Invité de la Matinale Mgr Gérard Daucourt sur le mal-être des prêtres français

"Il arrive aussi qu’un prêtre se brise." Face à la solitude, la surcharge de travail et les mutations de l'Eglise, certains prêtres éprouvent parfois d'importantes difficultés, sans toujours oser en parler. Face à ces défis, Mgr Gérard Daucourt en est certain : nous sommes tous responsables les uns des autres, laïcs comme prêtres. Celui qui a été évêque de Troyes, d'Orléans et de Nanterre vient de publier "Prêtres en morceaux", aux éditions du Cerf. Il était l'invité de la Matinale RCF. 

Photo d'illustration © Unsplash Photo d'illustration © Unsplash

Ce sont des rencontres faites depuis 30 ans dans différents diocèses qui l'ont poussé à attirer l'attention sur un phénomène récurrent mais non moins graves. "Nous avons nos difficultés, nos problèmes comme tout être humain", explique Mgr Gérard Daucourt. Sauf que dans l’Eglise, "les questions des prêtres ont été souvent cachées, soit leur fautes, soit leurs difficultés personnelles. Le prêtre lui-même veut souvent ne pas montrer ses misères ni étonner les gens", poursuit l'évêque émérite de Nanterre, qui vient de publier le livre "Prêtres en morceaux" aux éditions du Cerf. 


Un prêtre sur cinq en surcharge de travail permanente


Une des premières difficultés évoquées par les prêtres est la surcharge de travail. Dans une enquête menée par la Conférence des évêques de France en décembre 2020, un prêtre sur cinq estimait avoir une surcharge de travail permanente, avec une moyenne de 58 heures par semaine. Une surcharge qui s'explique en partie par la baisse du nombre de prêtres dont certains doivent parfois s'occuper d'une soixantaine de clochers.

 

Mgr Gérard Daucourt estime que dans de telles conditions, il faut apprendre à dire "non". "On prie toujours la Vierge Marie, Notre Dame du oui. Mais pour dire oui elle a dit non à d’autres choses. Il s’agit de dire non pour pouvoir prendre le temps du ressourcement dans la prière et du ressourcement pour son propre corps, se reposer", insiste l'évêque émérite.

 

Une solitude qui peut conduire à l'isolement

 

Certains curés éprouvent aussi de la solitude. Celle qui permet de prendre des temps de prière est bénéfique. Mais elle peut tourner à l'isolement. Selon Mgr Daucourt, il faut être co-responsables et que laïcs et prêtres soient attentifs les uns aux autres. "Aucun d’entre nous ne peut témoigner à lui seul de tout le mystère du Christ", souligne-t-il.

 

Cela passe par le dialogue et le confiance. "Je mets toujours en doute le mot communauté pour désigner nos paroisses. C’est trop grand ! Pour se connaître et susciter cette conscience, je crois qu’il faut faire partie d’un petit groupe qui fera le lien entre la personne et la paroisse", précise Mgr Daucourt, qui anime lui-même une maison d'accueil et de ressourcement pour les prêtres. L'évêque émérite appelle "à la confiance, à l’espérance et au réalisme".
 

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