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L'Eglise catholique en première ligne sur l'accueil des migrants
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L'Eglise catholique en première ligne sur l'accueil des migrants

Un article rédigé par Pauline de Torsiac - RCF,  -  Modifié le 29 juin 2021
Le dossier de la rédaction L'Eglise catholique en première ligne sur l'accueil des migrants
A la veille de la 104ème Journée mondiale des migrants, l'Eglise s'est exprimé cette semaine sur ce sujet qu'elle a pris à bras le corps.
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Migrants: l'Eglise fait entendre sa voix

C’est l’une des principales réformes portées en ce début d’année par le gouvernement d’Edouard Philippe. Le projet de loi sur l’immigration sera présenté en conseil des ministres courant février. A quelques semaines de cette échéance et à la veille de la 104 ème journée mondiale des migrants qui aura lieu dimanche, L’Eglise de France a fait entendre sa voix cette semaine. De par sa présence sur le terrain, elle a acquis une certaine expérience en la matière.

Prendre soin des plus faibles. Cela fait partie de l’ADN de l’Eglise catholique et des chrétiens en général. Prendre soin des plus fragiles mais aussi interpeller les consciences. C’est ce qu’a fait mercredi Mgr Georges Pontier. Au cours d’une conférence de presse à Paris, le président de la Conférence des Evêques de France, par ailleurs archevêque de Marseille, a appelé la société civile, les pouvoirs publics et la communauté chrétienne à trouver une réponse commune aux nombreux défis posés par les migrations contemporaines

Si Mgr Pontier reconnaît que la France ne peut pas accueillir la misère du monde, il plaide pour un vrai dialogue entre l’État, les collectivités et les associations actives sur le terrain. L'Eglise lance donc une invitation au dialogue et à la concertation, mais émet également plusieurs propositions concrètes.

Une action inspirée du pape François

Pour élaborer ces propositions, l’Eglise de France s’est inspirée des quatre mots clés, prononcés par le pape François dans son discours sur les migrants: "Accueillir, protéger, promouvoir, intégrer". Ces quatre verbes constituent en quelque sorte des boussoles pour guider l’action. 

Une action qui en France doit passer par un meilleur accueil des migrants notamment en élargissant les voies d’accès légales pour demander l’asile en France, grâce par exemple à des visas humanitaires. Autre piste concrète, la protection des mineurs, ou encore l’intégration des migrants par le travail. C'est ce qu'explique Mgr Denis Jachiet, évêque auxiliaire de Paris et membre de la commission épiscopale pour la mission universelle de l’Église.

Une intégration par le travail et le bénévolat, voilà ce qu’encourage l’Eglise catholique. C’est notamment ce qu’a pu expérimenter Georges, qui a du fuir son pays, la Syrie, à cause de la guerre. Proposer une activité bénévole ou un travail, c’est une façon de changer le regard sur les migrants.
 

Sur le terrain, les chrétiens s'engagent

Sur le terrain, le travail des associations se poursuit en parallèle. Du côté de Lille, c’est une association protestante qui est engagée auprès des jeunes migrants. L’ABEJ solidarité œuvre notamment pour la protection des mineurs isolés : hébergement, famille d’accueil, "mini école" en vue d’une scolarisation dans des établissements de l’enseignement catholique, l’association protestante prend en charge ces mineurs. C'est ce qu'explique Christian de Laroque, pasteur et membre de cette association. Il évoque ainsi le cas de ces mineurs arrivés de Guinée Conakry, du Congo Kinshasa, du Mali ou de Centrafrique et qui se retrouvent livrés à eux-même faute de statut.

Les chrétiens sont au cœur de l’action en matière d’accueil des migrants. Mais alors, lorsque l’Etat publie une circulaire qui prévoit le recensement des migrants dans les centres d’hébergement d’urgence, cela ne passe pas. Les associations, parmi lesquelles le Secours catholique crient au scandale et "dénoncent un tri". Elles ont saisi jeudi dernier le juge des référés du Conseil d’Etat. Pour Carlos Caetano, le directeur du service national de la pastorale des migrants et des personnes itinérantes auprès de la CEF il y a des lieux qu’il faut sanctuariser.

L’Eglise est donc prête à coopérer avec l’Etat mais aussi à tirer la sonnette d’alarme. Il y a tout de même des raison d'espérer. En mars dernier, un accord a été signé à l’Elysée entre le gouvernement et les acteurs chrétiens à la fois catholiques comme la Communauté de Sant’Egidio, la Conférence des évêques de France et la Caritas mais aussi la Fédération protestante de France et la Fédération de l’entraide protestante. Objectif de cet accord : permettre l’ouverture d’un "couloir humanitaire" permettant d’accueillir en France des réfugiés syriens.

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