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Le Carême sous le regard catholique, orthodoxe et protestant
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Le Carême sous le regard catholique, orthodoxe et protestant

Un article rédigé par Violaine Attimont - RCF Bordeaux, le 14 février 2024  -  Modifié le 15 février 2024
Le Journal local Le Carême vu par les différentes confessions chrétiennes

Ce mercredi des Cendres marque l'entrée en Carême dans la tradition catholique, moment important de la liturgie qui va conduire les fidèles à se préparer à la fête de Pâques, le 31 mars.

Mais comment le Carême est-il vécu dans les différentes confessions chrétiennes ?

Regard croisé entre catholique, orthodoxe et protestant.

 

Le Carême, un temps d'efforts ? Le Carême, un temps d'efforts ?

Le Carême débute ce mercredi 14 février dans la tradition catholique. Ce temps liturgique qui prépare à la fête de Pâques dure  40 jours (sans les dimanches), en référence aux 40 ans passés au désert par le peuple d’Israël entre sa sortie d’Égypte et son entrée en terre promise. «C'est l'idée d'un chemin, d'un cheminement à travers le temps et l’Église propose des suggestions : le jeûne, la prière, l'aumône»,  explique le père Serge Ricaud, délégué à l’oecuménisme dans le diocèse de Bordeaux. «Des choses qui rejoignent notre vie quotidienne et qui nous sont confiées pour vivre ensemble ; une marche qui est une tension vers la venue du Christ qui vient.»

 

Plutôt qu'une préparation à Pâques, une anticipation

«Quand j'étais prêtre dans la communauté de Taizé, au début du Carême, on disait : Réjouis toi, c'est un temps de fête parce que le Seigneur vient. C'est tout autre que l'idée d'une préparation à laquelle on n'arrive pas. On prend des résolutions qu'on n'est pas capable de tenir, etc. Tout le monde connaît ça, mais plutôt que de tenir une comptabilité, ce temps nous est donné gratuitement pour être plus ajustés à l'œuvre de Dieu en nous.»
 

Le Carême est une tradition très suivie également dans les Eglises orthodoxes. Cette année, le calendrier liturgique ne coïncide pas et le Carême commencera le 17 mars pour culminer à la fête de Pâques le 5 mai. Mais l’usage veut que les fidèles orthodoxes préparent ce temps bien en amont.

Un temps de douloureuses joies

«Notre Carême est précédé de trois semaines de pré Carême où nous allons nous préparer au jeûne, c'est à dire, petit à petit, nous allons abandonner les éléments animaux,» explique le père Jean-Claude Gurnade, prêtre orthodoxe du patriarcat de Roumanie. «On va arrêter de manger de la viande, puis après arrêter de manger des œufs, du lait. Le carême, proprement dit, dure six semaines, plus la Semaine sainte avant Pâques». Quand au sens du Carême, il rejoint la vision catholique en mettant l’accent également sur la joie qui s’annonce. «Nous parlons de douloureuses joies, parce qu'on est dans un temps de pénitence, mais avec la joie pascale qui se profile.»

 

Si les traditions catholique et orthodoxe célèbrent avec force le Carême, les Eglises protestantes ne suivent pas de véritable liturgie, le Carême n’est pas de mise, même si certaines Eglises adhèrent à cette préparation. «On peut dire que doucement, on commence à découvrir le Carême,» reconnaît le pasteur Andréas Braun, de l’Église protestante unie de Talence. Mais la démarche ne vaut que si elle porte un sens. «En fait, à quoi bon jeûner si l'époux est avec les mariés ? Comme le Christ n'est pas ressuscité seulement le jour où on célèbre Pâques, il ressuscite chaque jour dans ta vie.»

Dans le monde évangélique aussi, de tradition protestante, des propositions peuvent exister, mais il n'y a pas de liturgie non plus et le carême est peu suivi. Ceci dit, les chrétiens peuvent pratiquer le jeûne ou vivre des temps à part dans l’année.

Le jeûne n'est pas un moyen de mériter le salut

 

Tradition ou pas, chacun s’accorde à dire que les pratiques liés au Carême comme le jeûne n’ont d’intérêt que si elles sont nourries de sens. « Jean Calvin dira à propos du Carême, du jeûne en général, qu’il vaut mieux vaut s'abstenir de jeûner que de le faire pour de mauvaises raisons,» précise le pasteur de l’Église évangélique libre de Pessac Pierre Lacoste. «Quelles sont ces mauvaises raisons de jeûner ? Au travers des ces pratiques (jeûne, prière, renoncement en tout genre), je pourrais être en droit de justifier mon salut. Et vous le savez bien, l'une des grandes affirmations de la réforme, c'est la sola gratia, le salut par la grâce.»


«C’est vrai qu'il peut y avoir de mauvaises raisons de jeûner », atteste le père Serge Ricaud. Il précise cependant que même ces mauvaises raisons peuvent être  converties pendant la marche, et cela en vaut la chandelle.

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