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Gare au loup !
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Gare au loup !

RCF,  -  Modifié le 26 février 2019
Chaque jour Jean Pruvost vous analyse un mot qui fait l'actualité.
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L’an dernier à la même époque, on s’intéressait au loup, et j’évoquais son origine, le latin lupus qui avait abouti en français au XIe siècle au leu, d’où par exemple Saint-Leu, mais aussi l’expression à la queue le leu, en fait à la queue le loup. Et j’expliquais que la prononciation en ou venait sans doute de la louve, véritable symbole comme on sait. Eh bien l’actualité se répète, le loup est toujours sujet de grand débat, et on va donc en reparler sous d’autres aspects, en passant par la littérature.

Le loup est présent depuis longtemps dans la littérature et les écrivains s’en sont donné à cœur joie. Par exemple Anatole France, dans La vie en fleur, on est en 1922, écrit ceci qui est presque cynique : "La morale d’un loup est de manger des moutons, comme la morale des moutons est de manger de l’herbe". Bon, alors il n’y aurait aucun espoir ? De son côté le fabuliste Florian, décrit en 1792 un tableau où intervient le berger, le loup et la louve, là aussi, pas beaucoup de chance pour le mouton : "Et tandis que d’un côté Un loup prend un mouton qu’il emporte bien vite, Le berger court ; l’agneau qu’il quitte, Par une louve est emporté".

Enfin on doit à Chateaubriand, dans les Martyrs, publiés en 1810, la description d’une scène à la fois belle et effrayante : "Lorsqu’un loup ravissant – il faut comprendre alors ravisseur – rôde autour d’une bergerie, son œil s’enflamme à l’aspect du troupeau nombreux nourri dans un gras pâturage ; la vue de la brebis excite sa faim, et sa langue, sortant de sa gueule béante, semble déjà teinte du sang dont il brûle de s’abreuver". C’est saisissant de réalisme, eh bien sûr se profile l’image du prédateur et de sa victime, le prédateur pouvant être un homme et la victime une autre personne…

Le loup donne aussi lieu à des proverbes, et  l’un des plus anciens, est « Qui se fait brebis, le loup le mange ». Une belle leçon : ne pas se montrer faible devant un prédateur. Il y a aussi « donner les brebis à garder au loup », c’est de fait être très imprudent. ? . Mais il y une formule je n’ose dire, mais citée chez Furetière : "Pendant que le loup chie la brebis s’enfuie"... En fait, il y a toujours une solution ! Car même le loup a ses faiblesses !

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