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Ethiopie: il faut sauver les églises rupestres de Lalibela
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Ethiopie: il faut sauver les églises rupestres de Lalibela

Un article rédigé par Pauline de Torsiac - RCF,  -  Modifié le 29 juin 2021
Le dossier de la rédaction Ethiopie: il faut sauver les églises rupestres de Lalibela
​Emmanuel Macron veut aider à préserver les églises rupestres de Lalibela en Ethiopie. C’est ce qu’il a annoncé la semaine dernière lors d’un déplacement dans le pays.
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Direction Lalibela en Ethiopie. Située à 500 km au nord d’Addis Abeba et à 2.600 mètres d’altitude, Lalibela abrite onze églises taillées dans la roche. La plus célèbre, devenue l’emblème du site et de la région, c’est Saint-Georges, qui a été taillée en forme de croix grecque. Les monuments ont été reliés entre eux par des tranchées afin de permettre les processions. Ces églises rupestres datent du XIIIème siècle et sont inscrites  au patrimoine mondial de l’UNESCO. C’est le plus grand site chrétien d’Afrique. Jacques-Noël Pérès, professeur retraité d’éthiopien classique à l’Institut catholique de Paris nous en dit plus sur l’origine de ces églises.

L’Eglise orthodoxe en Ethiopie date du IVème siècle. C’est l'une des plus vieilles confessions chrétiennes du monde. L’excavation de ces églises, il y a près de 800 ans par le roi Lalibela, aura en réalité duré 24 ans. Depuis, des milliers de pèlerins se rendent chaque année dans ces églises troglodytes. Ils viennent prier, se recueillir dans ce lieu surnommée la “Jérusalem noire”. Jonas est chrétien orthodoxe. Il nous explique pourquoi le roi Lalibela avait engagé ce chantier à l’époque des croisades.

Ce lieu emblématique de la chrétienté attire des milliers de pèlerins et de nombreux touristes chaque année, mais connaît cependant des problèmes de conservation. C’est un travail d’orfèvre qui a été réalisé à l’époque. Mais ces églises taillées dans le basalte sont fragiles, elles subissent le poids des siècles et des intempéries et sont menacées par l’érosion. Des problèmes d’infiltrations, d’humidité ou encore des fissures occasionnées par de fréquents séismes dégradent le site. Pour faire face à ces aléas, des abris temporaires ont été installés. Il s’agit de grands parasols reposant sur d’énormes piliers métalliques surplombant cinq des onze églises. Des abris qui au-delà de leur aspect peu esthétique ne plaisent pas franchement aux communautés locales. Edmond Moukala, chef du bureau Afrique du Centre du patrimoine mondial de l’Unesco explique pourquoi.

La communauté locale est inquiète et craint de voir les abris et piliers s'effondrer sur les monuments, en raison des fortes rafales de vent qui soufflent dans la région. La technique des abris est utile mais n’a pas que des avantages, alors quel serait la bonne solution pour protéger ces onze églises troglodytes ? La question est ouverte. L’Unesco a mené des études sur une autre méthode de protection. Plus traditionnelle, elle consiste à renforcer les toits avec des matériaux présents sur place. Deux églises - les églises saint Gabriel et saint Raphaël, ont d’ailleurs déjà été restaurées grâce à cette technique.

Et si aujourd’hui les églises de Lalibela ne figurent pas encore sur la liste du patrimoine mondial en péril, l’enjeu culturel et religieux de la préservation de ce lieu est de taille en Ethiopie. Car ce pays constitue un véritable îlot de la chrétienté dans la corne de l’Afrique. C’est ce que rappelle Jacques-Noël Pérès, spécialiste de l’Ethiopie.

Et le président français a justement promis la semaine dernière que la France aiderait à la restauration de ce que les Ethiopiens considèrent comme la huitième merveille du monde. Emmanuel Macron était la semaine dernière en Ethiopie. Il est allé justement voir les églises de Lalibela et s’est engagé à contribuer à leur restauration. Cette annonce a été accueillie comme une bouffée d’oxygène à l’UNESCO.

Si l’aide de la France constitue une bouffée d’oxygène le plus difficile est de se mettre d’accord sur les bonnes méthodes à appliquer pour protéger et restaurer ces églises. Un sujet qui divise les gérants du site à savoir l’Eglise et l’Etat éthiopien. Il n’existe pour l’instant aucun plan de gestion pour ce lieu emblématique des chrétiens d’Orient.

 

 

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