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Etats-Unis: la lutte contre le racisme ne se joue pas forcément dans les rues
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Etats-Unis: la lutte contre le racisme ne se joue pas forcément dans les rues

Un article rédigé par Clotilde Dumay - RCF,  -  Modifié le 24 juin 2021
Le dossier de la rédaction Etats-Unis: la lutte contre le racisme ne se joue pas forcément dans les rues
Depuis dix jours, la colère gronde un peu partout aux Etats-Unis, et la mort de Georges Floyd montre encore à quel point le racisme reste malgré tout inhérent à la société américaine.
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Comment le racisme est né outre-Atlantique

Le racisme a toujours fait partie de l'histoire des Etats-Unis. Pour comprendre pourquoi, il faut d’abord remonter à l’origine du pays lui-même, lorsque les colons puritains venus d’Angleterre ont commencé à développer le commerce de fourrure, puis la plantation de tabac. Et que l’esclavage s’est donc mis en place progressivement. 

Dans ce contexte, la religion a joué un rôle prépondérant. D’une part, les puritains se sont appuyés sur la religion pour justifier leur suprématie blanche. Et d’autre part, les communautés noires se sont, elles aussi, progressivement fédérées autour de la religion. Mais depuis le 17ème siècle, une partie de la société américaine a pourtant essayé de lutter contre ce problème.
 

Une situation qui a évolué difficilement en faveur des droits civiques

L’esclavage a été aboli en 1865, après la guerre de Sécession. Mais ensuite, il y a eu la ségrégation raciale, où on séparait donc physiquement les personnes en fonction de leur couleur. Et grâce, notamment, à l’engagement de personnalités comme Rosa Parks ou Martin Luther King, cette ségrégation a finalement été abolie en 1965. Puis un mouvement afro-américain s’est développé pour revendiquer des droits civiques. Jusqu’à aujourd’hui, où la lutte continue donc encore, notamment à travers le mouvement Black lives matter. Tout au long de ces trois siècles d’existence, la situation a effectivement quand même évolué, d’après Nicole Bacharan, politologue et historienne, spécialiste de la société américaine.

La situation a un peu évolué, mais c’est loin d’être satisfaisant. Notamment dans les écoles, par exemple, où la mixité sociale reste très difficile à mettre en oeuvre, d’après Cécile Coquet. En fait, il y a peut-être eu des avancées au niveau de l’Etat fédéral, du pays dans son ensemble. Mais le problème, selon la professeure de civilisation américaine, c’est que la mise en oeuvre de ces efforts ne s’organise pas partout de la même façon, en fonction des Etats fédérés voire même en fonction des comtés ou des municipalités. 
 

La Cour suprême, l'enjeu de taille

Ce qui pourrait aussi vraiment changer la vie des minorités aux Etats-Unis, c’est la composition de la Cour suprême. Il s'agit d'une institution majeure, peut-être même, en l’occurrence, plus importante que le président américain puisque ce sont les juges de la Cour suprême, nommés à vie, qui interprètent la Constitution américaine. Tout l’enjeu, pour les conservateurs par exemple, c’est d’avoir une majorité de juges prête à défendre une vision puritaine de la Constitution.

C’est pour cette raison, d’après Cécile Coquet, que la Cour suprême joue un rôle déterminant à propos de la fin ou non des inégalités raciales aux Etats-Unis. Ce n’est pas “dans les rues que ça se joue”, d’après Cécile Coquet. Parmi les neuf juges qui siègent actuellement à la Cour suprême, cinq d’entre eux ont été nommés par des présidents républicains, et quatre par des démocrates. Ils sont donc majoritairement conservateurs, ce qui ne facilite pas la lutte contre les inégalités raciales.

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Le dossier de la rédaction © RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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