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États-Unis: après l'investiture, les nombreux défis pour Joe Biden
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États-Unis: après l'investiture, les nombreux défis pour Joe Biden

Un article rédigé par Florence Gault - RCF,  -  Modifié le 1 juillet 2021
Le dossier de la rédaction États-Unis: après l'investiture, les nombreux défis pour Joe Biden
​Joe Biden a prêté serment mercredi. Il devient le 46ème président des États-Unis. La cérémonie s’est déroulée sans les violences attendues, mais aussi sans la présence de Donald Trump.
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C’est une crise politique sans précédent que connaissent les États-Unis depuis les résultats de l’élection présidentielle. Donald Trump a engagé près de 60 procédures judiciaires pour tenter de contester le scrutin, sans succès. Le Capitole, à Washington, a été attaqué par des militants pro-Trump, le jour de la certification de Joe Biden. Et pour la première fois, un président a été visé à deux reprises par une procédure de destitution. Le mandat de Donald Trump s’est donc achevé hier dans le chaos et une extrême-tension. "Après l’attaque, c’est devenu plus paisible, il y a eu un sentiment de changement. On va retrouver de la paix, des décisions fondées sur la vérité. On respire !", témoigne Caroline Fredrickson, professeure de droit à l’Université de Georgetown à Washington.

La cérémonie d’investiture s’est déroulée sous haute-sécurité : 25.000 soldats de la garde nationale et des milliers de policiers venus de tout le pays ont été déployés, en raison des risques de violences par des milices d’extrême-droite. D’habitude, des milliers d’Américains viennent assister sur l'immense esplanade du "National Mall" à cette cérémonie. Mais crise sanitaire oblige, ils ont été priés de rester chez eux. Il n’y avait pas non plus Donald Trump qui a refusé d’y participer. "C’est un signe symbolique de l’état de la démocratie américaine, avec des gens qui refusent le résultat des urnes. C’est une cérémonie marquée du sceau de l’épidémie et le drame qu’elle a provoqué", analyse Romain Huret, historien des Etats-Unis et directeur à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS).

Un discours attendu 

C’est la première fois que Joe Biden prenait la parole en tant que président des États-Unis. Son discours a duré une vingtaine de minutes. Le nouveau président voulait évidemment marquer un net contraste avec Donald Trump auquel il a fait allusion à de nombreuses reprises : d’abord, en remerciant tous les présidents qui l’avaient précédé, puis en disant qu’il y avait beaucoup à réparer. Dès ses premières phases, il a évoqué la victoire de la démocratie. 

Joe Biden a insisté sur l’importance de l’unité au sein du peuple américain pour surmonter les crises sanitaires et économiques qui secouent le pays. "Je serai le président de tous les Américains", a-t-il martelé. Il a également ponctué sa déclaration de nombreuses références à son prédécesseur : "Nous avons beaucoup à faire, beaucoup à réparer, à construire, à soigner".

Car il va falloir désormais réconcilier une Amérique profondément divisée depuis l’élection de Donald Trump. "C’est presque mission impossible mais si quelqu'un peut le faire c’est lui. Les cols bleus se sentent abandonnés par les Démocrates et par les Républicains qui ont des politiques fiscales favorables aux plus riches. Joe Biden doit leur dire qu’il va agir pour eux", explique Anne Deysine, spécialiste des Etats-Unis, auteur de "Les États-Unis et la démocratie" aux éditions Lharmattan.

Les attentes des Américains

Les préoccupations des Américains concernent principalement la gestion de la pandémie de coronavirus et ses conséquences notamment sur l’économie. "Ils espèrent qu’il va améliorer la situation avec le virus, c’est le premier défi et ensuite c’est l’économie et pour essayer d’établir une atmosphère de paix, de résoudre le conflit entre les Américains. Je pense qu’on va regarder comment il essaye de contrôler le virus", assure Caroline Fredrickson, professeure de droit à l’Université de Georgetown à Washington, qui souligne toutefois que les Américains n’attendent pas, mais espèrent. 

Mais, il va aussi falloir reconstruire la classe politique. Et notamment le parti républicain, après le départ de Donald Trump. "Beaucoup d’autres Républicains ont aussi peur de la force de frappe de Trump qui va continuer", affirme Anne Deysine.

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