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​Débats par ci, haine par là

RCF,  -  Modifié le 20 février 2019
Retrouvez l'analyse politique de François Ernenwein tous les mercredis.
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La France, à l’invitation du président de la République, débat largement.

Oui Stéphanie. Plus de 3 500 réunions d’initiative locale déjà organisées, 600 ont fait l’objet d’une restitution en ligne. A mi-parcours, 6 000 débats sont  programmés et 900 000 contributions ont été déposées sur le site officiel.  Sans oublier les cahiers de doléances qui avaient été ouverts dans certaines mairies. Pas de dérapages constatés. Une dynamique est ainsi enclenchée jusqu’au terme prévu à la mi-mars. Avant la tenue des 18 conférences citoyennes organisées à l’approche du printemps, il faudra évidemment faire un rapport d’étape… On verra  là une matière étonnante et très diversifiée. "Pour l’instant, il n’y pas une thématique qui soit l’objet de contributions massives" a indiqué Isabelle Falque-Pierrotin, l’un des garants de ce grand débat.

Mais les insultes fusent dans la rue et sur les réseaux sociaux

Par un étrange paradoxe, cette parole libérée s’accompagne aussi  de l’expression dans le débat public de pulsions enracinées dans des haines recuites, de poussées d’un anti -sémitisme toujours vivace dans la société française. Un phénomène sans doute  favorisé par le relatif anonymat des réseaux sociaux et l’hystérisation des points de vue qui l’accompagne. Que ces visions étranges complotistes et haineuses, traversent en ce moment le corps social n’étonnera pas grand monde. L’invective s’est installée en France et des digues se sont effondrées ces derniers mois. Mais que des pulsions imbéciles se lâchent sans vergogne est en revanche très inquiétant. Le week-end dernier en a fourni une éclairante illustration. Le grand débat national n’a pas été imaginé, au contraire de ce que croient certains, pour que toutes les rancœurs recuites s’expriment. Mais pour tenter de trouver ensemble des réponses aux questions qui nous assaillent (comme la justice sociale ou le défi environnemental).

Que faire alors ?

Dans ce cadre, la logique voudrait  que tous les points de vue puissent  s’exprimer en respectant les formes. C’est la condition du dialogue.  Personne ne peut individuellement prétendre détenir les solutions. L’objet du grand débat national ne saurait évidemment être un déversoir de tous les délires publics ou privés, ni de toutes les certitudes de ceux qui imaginent avoir réponse à tout. Il s’agit- c’est bien plus exigeant – de trouver collectivement des réponses. Le préalable impose d’exclure l’injure  et le mépris pour imaginer ensemble l’avenir. La démocratie ne se réduit pas à une somme de procédures. Elle est une éthique de la discussion. Ceux, nombreux,  qui s’égarent  ne devraient jamais l’oublier.
 

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