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Couches, lait infantile, petits pots… avoir un bébé n’a jamais coûté aussi cher

Couches, lait infantile, petits pots… avoir un bébé n’a jamais coûté aussi cher

Un article rédigé par Laurette Duranel - RCF, le 27 avril 2023  -  Modifié le 17 juillet 2023
Le dossier de la rédaction Couches, lait infantile, petits-pots… avoir un bébé n’a jamais coûté aussi cher

L’inflation n’a pas épargné les parents de nouveau-nés et de bambins. Depuis un an, les prix des couches, lait infantile, petits-pots et même du sérum physiologique, utilisés en grandes quantités, ont enregistré de fortes augmentations. Et les prix ne sont pas près de baisser…

 

Le lait infantile a augmenté de 16% environ. Pexels / Sarah Chai Le lait infantile a augmenté de 16% environ. Pexels / Sarah Chai

Plus 16% sur le lait infantile, entre 18 et 58% d’augmentation sur les couches selon les marques et même plus 40% sur le sérum physiologique. Des augmentations à deux chiffres "jamais vues", d’après David Abenhaïm, pharmacien à Marseille et président du réseau Phamabest. "Nous on est gênés de passer des augmentations comme ça, y a beaucoup de produits sur lesquels on a réduit notre marge pour ne pas augmenter les prix ou limiter leur hausse."

 

 

Au lieu de donner du lait maternisé... souvent les parents qui n’ont pas les moyens vont donner directement du lait de vache

 

 

Les bonnes affaires plutôt que le prix fort

 

Les parents eux s’adaptent et scrutent les bonnes affaires, comme Adeline, maman d’un bébé de trois mois. "Au début on partait sur les couches de la marque Pampers et c’est 20 euros les 60 et sachant qu’avec un bébé de trois mois on s’en sert de dix par jours, ça fait un budget !" explique-t-elle. Pour faire des économies, la jeune maman varie les enseignes et se rend par exemple en pharmacie pour acheter le lait infantile, moins cher d’après ses observations. 

 

Avec ces hausses de prix, les habitudes de consommation changent : les consommateurs achètent en grande partie en promotion, les vols de lait infantile sont en recrudescence dans les officines voire certains parents font une croix sur certains produits. "Au lieu de donner du lait maternisé qui a des qualités nutritives proches du lait maternel, souvent les parents qui n’ont pas les moyens vont donner directement du lait de vache", affirme David Abenhaïm. 

 

 

→ À LIRE : Droit à l’alimentation : la situation est plus qu’inquiétante

 

 

Les parents précaires se ruent vers les banques alimentaires

 

Cette détresse se perçoit aussi auprès des associations et des banques alimentaires. Les Restos du cœur ont par exemple vu leur fréquentation bondir ces derniers mois. Entre novembre et mars, l'association a constaté une hausse de 25% de fréquentation nationale. Et depuis mars, cette hausse est déjà de 28%, ajoute Claude Bougère, secrétaire général bénévole des Restos du cœur. Parmi les bénéficiaires, on trouve principalement des familles monoparentales et quelque 110.000 bébés âgés de zéro à trois ans. Un chiffre lui-aussi en augmentation de 16%. 

 

Face à cet afflux de nouveaux bénéficiaires, l’association doit redoubler d’efforts pour trouver les produits nécessaires grâce aux dons mais aussi à l’achat car Les Restos du cœur achète un tiers des produits qu’ils distribuent. "Aujourd’hui, on a un budget qui est passé de 5,8 millions d’euros à 7,5 millions d’euros pour l’exercice 2022-2023. Tout ça, ça représente pratiquement 1.400 tonnes de produits bébé qui sont achetées, à savoir des couches, du lait et des petits pots", détaille Claude Bougère. 

 

Les industriels fautifs ?

 

Pour aider les ménages à sortir de cette mauvaise période, les associations de consommateurs appellent le gouvernement à agir auprès des industriels. "Les industriels doivent baisser leurs marges" pour "répercuter la baisse [du prix] de certaines matières premières", insiste Jamy Belkiri, présidente du pôle Consommation de Familles de France. 

 

Le gouvernement, lui, se veut optimiste. Il prévoit une inflation annuelle de 4,9% en 2023 et de 2,6% en 2024. Des prévisions "un peu sous-estimées" d’après le Haut conseil des finances publiques. Pour l’instance indépendante, "le reflux attendu par le gouvernement paraît rapide". 

 

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