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​Christian Jacob, le tournant
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​Christian Jacob, le tournant

RCF,  -  Modifié le 16 octobre 2019
L'élection de Christian Jacob à la tête des Républicains : faut-il s'en réjouir ?

Prenons le contre-pied de l’inquiétude généralisée. Non pas pour dire que la tâche de Christian Jacob, élu confortablement à la présidence des Républicains, dimanche dernier sera facile.

Mais cette seule élection a assuré un succès à la ligne relativement modérée qu’il incarnait pendant cette campagne et qu’il dit souhaiter conserver comme président, en opposition avec celles des deux autres candidats, Julien Aubert et Guillaume Larrivé, dont les projets et les accents empruntaient beaucoup à la rhétorique de l’extrême droite.
Le nouveau président des Républicains semble moins véhément dans son argumentation, mais c’est sans doute une chance pour la droite parlementaire si elle veut retrouver un espace.

Critique pour l’action d’Emmanuel Macron, Christian Jacob se contente le plus souvent dans ses angle d’attaques de constats sobres et argumentés sur le niveau d’endettement, sur le taux des prélèvements en France , sur la compétitivité des entreprises nationales supposée restaurée par l’actuelle majorité, sur l’écart entre les actes et les discours du président la République, sur l’immigration ou de la lutte contre l’islam politique entre autres.
Sur bien des points, Christian Jacob semble même plus responsable et plus équilibré dans ses jugements que ceux qui ont quitté le parti comme Xavier Bertrand ou Valérie Pécresse. En raison, disaient-ils, alors de la droitisation du mouvement.

C’est bien cet homme-là que les sympathisants des Républicains ont porté à leur tête après avoir foncé dans le mur de la présidentielle avec la candidature Fillon et celui des européennes (8 ,5% des voix) sur la ligne ultra-droitière de Laurent Wauquiez. C’est donc une victoire qui devrait favoriser une forme d’apaisement.

Mais maintenant, Christian Jacob va devoir tenir cette ligne et réussir une synthèse dans un parti où les partisans d’une plus grande véhémence représentent un tiers des voix.
Rassembler ne sera pas une sinécure dans une formation qui a perdu depuis la présidentielle au moins un tiers de ses adhérents, sans même évoquer le départ de figures tutélaires d’anciens premiers ministres, comme Jean-Pierre Raffarin ou Alain Juppé, eux –mêmes en voie de macronisation accélérée. Christian Jacob devra gérer enfin le contournement de la primaire pour la présidentielle qui pose bien plus de problèmes qu’elle prétend en résoudre.

Dans ces chantiers, il pourra alors s’appuyer sur l’ancrage des Républicains, ce maillage territorial que le nouveau monde envie à l’ancien. Et sur le soutien du Sénat et de son président, Gérard Larcher. Là, les Républicains pèsent encore.

Le débat politique en France a assurément besoin d’une droite parlementaire cohérente dans ses valeurs et ses combats. L’élection de Christian Jacob semble désormais éloigner cette sensibilité des impasses et des surenchères dans lesquelles elle s’était engagée ces dernières années et que les ambitions présidentielles des uns ou des autres avaient exacerbées. Christian Jacob propose explicitement un retour au calme.

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