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"Cela m’a fait du bien à l’âme, cette rencontre"
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"Cela m’a fait du bien à l’âme, cette rencontre"

RCF,  -  Modifié le 14 mars 2021
L'édito de Sr Véronique Margron "Cela m’a fait du bien à l’âme, cette rencontre"
Véronique Margron revient sur la rencontre entre le pape François et l'ayatollah Ali Al Sistani en Irak
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« Cela m’a fait du bien à l’âme, cette rencontre. »

Voilà bien une magnifique parole. Un aveu bouleversant. Celui du pape François lors de son vol de retour d’Irak à propos de sa rencontre, dans la ville sainte chiite de Najaf le 6 mars, avec l’ayatollah Ali Al Sistani, plus haute autorité religieuse de nombreux musulmans chiites d'Irak et d'ailleurs. « Il a été si respectueux pendant notre rencontre que je me suis senti honoré ».

Entre ces deux hommes, éminents religieux pourtant, ce n’était pas de dogme, ou de foi, ou de prière dont il s’agissait, mais de droits fondamentaux, de la paix, du respect entre les communautés. Car l’ayatollah Ali Al Sistani défend une citoyenneté commune transcendant les clivages religieux et ethniques qui déchirent l’Irak et insistant que les chrétiens d'Irak devaient "vivre en paix et en sécurité" et bénéficier de "tous les droits constitutionnels".

Comment ne pas penser à Pierre Claverie, évêque d’Oran de 1981 à son assassinat en 1996, lui , « algérien par alliance », quand il écrit : « Ces rencontres sont le gage d’un avenir possible. Elles existent entre les hommes libres, qui ne sont pas assujettis aux lois et contraintes de leur groupe. Ils ont rejeté les préjugés, et même parfois les jugements péremptoires portés sur les autres par leurs traditions et ils ont privilégié l’approche et la rencontre des personnes. »[1]

Voilà sans aucun doute ce dont il est question entre François et l’ayatollah Ali Al Sistani, comme, deux ans plus tôt, entre François et le grand imam Al Tayeb – dignitaire sunnite cette fois – de la mosquée d’Al-Azhar.

La rencontre d’hommes libres qui parviennent à placer plus haut l’humanité de tous, à la considérer primordiale,  devant toute identité particulière, y compris religieuse. Comme l’écrit Isabelle de Gaulmyn dans son édito de la Croix- l’Hebdo, alors « la religion n’est alors plus seulement le problème, elle fait aussi partie de la solution. »

Ouvrir les yeux pour voir dans l’autre son altérité. Et nous rendre compte  - écrit encore Pierre Claverie. « que nous avons besoin des autres pour être complètement nous-mêmes… mais aussi pour composer ensemble la plénitude de l’humanité… Aucun ne peut atteindre sa plénitude sans les autres : l’humanité est plurielle. »

Alors oui, espérons tous pouvoir dire « Cela m’a fait du bien à l’âme, cette rencontre », en évoquant celle avec un autre que nous, par sa culture, sa religion, ses options. Une rencontre d’hommes et de femmes libres, qui cherche le meilleur. Faire du bien à l’âme, contemplant que « la sagesse de Dieu a été semée dans le monde entier ».

 
Véronique Margron op.
 
 

[1] Humanité plurielle, éditions du Cerf, 2008.p. 27 ; 58

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