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Dans un regard chrétien sur le monde, les bénévoles donnent leur point de vue sur une actualité.

Un regard chrétien sur le monde

Un regard chrétien sur le monde que portent les chroniqueurs bénévoles de RCF Lorraine, laïcs et/ou engagés en Église.

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Episodes

  • Dans un regard chrétien sur le monde, les bénévoles donnent leur point de vue sur une actualité.
    9 février 2024

    Le système de santé et la sécurité sociale dans une sobriété heureuse

    4 min
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    En août 2022, le président de la République a annoncé « la fin de l’abondance ». A moyen terme, le président a raison, l’Europe importe 75 % de son énergie et beaucoup de produits. Avec la baisse du pétrole disponible sur les marchés mondiaux, la richesse produite baissera, car la richesse produite dépend de l’énergie disponible. Un rapport de RTE, du Réseau de Transport d’Électricité, va dans le même sens : nous devrions apprendre à vivre avec moins. Cette baisse des moyens affectera tout le monde, y compris notre système de santé. Dans tous les domaines, nous devrions apprendre ce que Pierre Rabbi appelait « la sobriété heureuse ». Heureusement pour notre système de santé, il existe des pistes prometteuses pour mieux vivre dans une société plus sobre.
    La dernière fois, j’ai parlé des études du Dr. Robert Lustig qui démontrent qu’une très forte baisse de consommation de sucre et de fructose réduirait considérablement toutes les maladies du métabolisme comme le diabète de type 2, les maladies cardio-vasculaires, le foie gras, l’obésité et certains types de démences. Ces maladies incurables ont un coût considérable pour notre sécurité sociale et pourraient être évitées. La prévention de ces maladies sera indispensable pour bien vivre dans une société plus sobre.
    J’ai récemment découvert une autre étude concernant l’alimentation qui permettrait de faire d’importantes économies à la sécurité sociale. De nombreux aliments transformés et repas industriels contiennent des émulsifiants. Les émulsifiants doivent empêcher les graisses et l’eau de se séparer dans les sauces, glaces, gâteaux, entre autres. Les émulsifiants sont donc des molécules qui accrochent d’un côté une molécule de graisse et de l’autre côté de l’eau, ce qui les empêche de se séparer. Si on regarde les molécules d’émulsifiants dans le détail, surtout du côté où elles accrochent la graisse, on voit une ressemblance marquante avec les détergents. Émulsifiants et détergents accrochent les molécules de graisse de la même manière et ont donc aussi des effets semblables dans nos intestins. Avec la plupart des repas industriels, nous mangeons un peu de détergents.
    Cela explique pourquoi tant de personnes sont obligées de prendre continuellement des probiotiques pour entretenir leur flore intestinale. Si on est obligé de prendre des probiotiques régulièrement, c’est qu’on mange des choses qui tuent des bactéries régulièrement, car dans des intestins en bonne santé, les bactéries s’entretiennent toutes seules.
    Nous savons aussi qu’un microbiote intestinal déséquilibré peut être une cause de maladies inflammatoires, la maladie de Crohn, mais probablement aussi des maladies neuropsychiatriques comme la schizophrénie, les troubles bipolaires et la dépression chronique. Ces maladies aussi ont un coût considérable pour la sécurité sociale.
    Pour les chrétiens, la prévention de maladies avec un mode de vie plus naturel est encouragée par les écritures saintes. L’apôtre Paul dit à Timothée : Dieu nous donne tout avec abondance, pour que nous en jouissions.1 Plus nous nous approchons dans notre alimentation de ce que Dieu nous donne dans la nature, mieux c’est pour notre santé.
    Ensuite, Paul écrit à l’église de Corinthe : Ne savez-vous pas ceci: votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu?2 Être un enfant adoptif de Dieu est un privilège qui engage à bien prendre soin de son corps. Nous pourrions ainsi vivre une sobriété heureuse et faire baisser le coût de la sécurité sociale.
    Sur ces sujets et d’autres, vous trouverez davantage d’informations sur le site internet qui s’appelle « pratiquement-durable.com ».
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  • Dans un regard chrétien sur le monde, les bénévoles donnent leur point de vue sur une actualité.
    10 septembre 2026

    l’Europe qui change... mais comment ?

    4 min
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    Une chronique de François Longeron, pasteur itinérant de l'Église évangélique.
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    9 septembre 2026

    Discours de la servitude

    5 min
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    Ceux qui votent contre moi en subiront les conséquences, y compris au niveau des primaires. C'est la menace proférée par Donald Trump contre les rares élus républicains qui ont osé se joindre à l'opposition démocrate, notamment lors du vote sur les droits de douane. La très grande majorité s'est inclinée y compris des parlementaires qui reconnaissent en offre le caractère désastreux de la politique menée par trump et redoutent une défaite sévère lors des prochaines élections de mi-mandat Soumission volontaire donc dans une démocratie où s'opposer à Trump ne coûte que le risque pour ceux qui le prennent de ne pas être réélu, alors qu'une opposition collective des élus républicains pourrait neutraliser au moins en grande partie son pouvoir de nuisance.

    Il y a là un exemple caricatural de ce qu'Étienne de la Boétie, jeune écrivain humaniste, ami de Montaigne, avait décrit dans le discours de la servitude volontaire, rédigé en 1576 alors qu'il était âgé de 18 ans. Consentement volontaire, soumission à un tyran. Trump est un tyran, même si les États-Unis sont encore une démocratie avec des contre-pouvoirs, justice, presse, élus démocrates qui tentent de lui résister. Pour la Boétie, les peuples eux-mêmes, en l'occurrence les élus républicains au Congrès des États-Unis, sont responsables de leur servitude, car ils la favorisent par leur passivité, leur complicité. Ils estiment que les tyrans sont généralement en réalité faibles et qu'il suffit, je cite, « que le pays ne consente à sa servitude ». Les recommandations qu'il fait pour cela peuvent aujourd'hui se traduire par « exercer une résistance passive ». La Boétie a pourtant écrit à une époque où il était dangereux de s'opposer au monarque et où les protestations fréquentes, notamment des paysans, dégénéraient en révolte, faute d'obtenir satisfaction et étaient réprimées dans le sang. On peut faire le même constat aujourd'hui. Qui imagine les peuples chinois ou nord-coréens s'opposer ainsi à des régimes impitoyables ? Les Russes qui ont protesté contre l'invasion de l'Ukraine sont emprisonnés, en exil ou ont été assassinés. Les citoyens ordinaires préfèrent faire semblant de croire les mensonges de Poutine. Combien d'autres exemples ! Ce refus de la servitude volontaire est en revanche possible dans nos démocraties. C'est leur faiblesse, mais aussi leur force. Des tyrans modernes, nous en observons dans le monde politique. Dans le monde du travail, dans le monde associatif, y compris chrétien, dans nos églises. C'est plus difficile à admettre pour nous précisément les chrétiens. La cupidité, le goût du pouvoir aussi, ou peut-être davantage encore, conduisent à des abus contre lesquels il est souvent difficile de lutter. Je cite encore la Boétie, « La faiblesse d'entre nous est telle qu'il faut souvent que nous obéissions à la force. » Des discours pervers entretiennent cette soumission, utilisent pour cela un procédé très efficace, la culpabilisation. On peut être accusé de ne pas être un bon patriote, de discréditer son administration, de fragiliser son entreprise, son association, son église, etc. Qui n'a pas vécu ou été témoin de ces procédés. Patrick Goujon, prêtre meusien, victime d'abus sexuels dans son enfance, a eu le courage de témoigner. Dans un remarquable interview Valacroix, il cite son éditrice « Prendre la parole, c'est briser un ordre ». Nous pouvons toutes et tous dans notre vie être confrontés à la nécessité de choisir, accepter de nous taire, de nous soumettre à une forme ou une autre de servitude, et donc cautionner les abus de pouvoir, les discours mensongers qui cherchent à les justifier, ou prendre le risque de parler, nous voir reprocher de briser un ordre et parfois en payer le prix. Lisons le discours de la servitude d'Étienne de la Boétie, lecture un peu ardue, certes, mais quelle lucidité, quelle modernité !
  • Dans un regard chrétien sur le monde, les bénévoles donnent leur point de vue sur une actualité.
    8 septembre 2026

    Redonner place à l'hospitalité

    5 min
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    Culturellement l’été a été marqué par l’adaptation à l’écran de L’Odysée d’Homère par Christopher Nolan.
    Le cinéaste a fait de l’hospitalité et de l’accueil de l’étranger - la loi de Zeus - le fondement d’une civilisation en bonne santé. C’est en rompant avec ces principes que les Grecs partis à Troie ont fragilisé la leur, et qu’en les détournant, les prétendants d’Ithaque mettent en danger leur propre patrie. Mais notre civilisation n’est pas seulement grecque, elle est gréco-abrahamique. Dans la Genèse -chapitre 18 - au chêne de Mambré, Abraham accueille spontanément trois inconnus de passage sous sa tente, leur lave les pieds - geste que Jésus refera avec les apôtres - et leur sert un repas.
    L’ancien ambassadeur de la Palestine à l'Unesco Elias Sanbar et l’historien israélien Elie Barnavi, qui furent tous deux négociateurs des accords de paix d’Oslo, et qui coprésident le week-end prochain la 48ème édition du Livre sur la Place, s’exprime à ce sujet dans les termes suivants : « La Bible, l’Évangile et le Coran sont des textes littéraires. Le nom hébraïque de la Bible et le Coran ont la même racine, qui veut dire « lire ». Enlevez cette racine-là, et plus rien n’y existe, plus rien n’y a de sens. On se bat ailleurs pour du territoire, des ressources ou des mythes ; il n’y a que là-bas, en Terre sainte, qu’on se batte pour la signification et la véracité de textes littéraires. Mais la guerre des livres n’est pas une fatalité. Ces mêmes textes enseignent aussi la tolérance, l’humanité partagée, la vertu suprême de la paix. Il faut apprendre à les lire. L’Écriture, a proclamé un pamphlet du temps des guerres de religion françaises, est couteau de fripière, qui tranche des deux côtés. À nous d’apprendre à lui faire trancher du bon côté. »
    Vous pourrez aussi rencontrer Yara El-Ghadban et Rodney Saint-Éloi qui, forts de leurs vécus et expériences, se remémorent les temps d'avant, qui d'une Palestine génocidée à une Haïti faillie, se racontent la tyrannie des puissants, le racisme, la prédation, l'ère de la techno-finance et des milliardaires, la crise climatique, la cartographie des guerres et des catastrophes.
    Mais dans Les fascistes n'ont jamais compté les étoiles, ils invitent aussi à revenir aux mythes qui ont façonné le monde, afin de réimaginer ensemble l'amitié, la solidarité, la créativité, et redonner place à l'hospitalité.  Une lecture nécessaire à quelques mois d’une élection présidentielle probablement confisquée par les extrêmes fascisants.
    Figure incontournable de la scène musicale internationale, l’artiste israélienne Yael Naim est l’invité idéal pour clore cette 48ème édition du Livre sur la Place, qui s’annonce d'ores et déjà exceptionnelle. Dans ses mémoires, qu’elle vient d’écrire, elle relate avant tout le parcours d’une femme libre et engagée, notamment auprès des Guerrières de la paix. Depuis 2022, sous l’impulsion d’Hanna Assouline, les Guerrières de la Paix luttent contre toutes les formes de haine qui traversent la société française, et notamment le racisme, l'antisémitisme, l'islamophobie, la haine anti-LGBT et tous les ostracismes.
    Au-delà de nos frontières, elles sont mobilisées partout où les droits des femmes sont menacés et les droits humains bafoués. Ukrainiennes, Ouighours, Iraniennes, Palestiniennes, Israéliennes, Russes, Rwandaises
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    7 septembre 2026

    À propos de la rentrée

    5 min
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    Vive la rentrée ? Pas certain.
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    7 septembre 2026

    À propos de la rentrée

    5 min
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    Vive la rentrée ? Pas certain.
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    4 septembre 2026

    Mettre à distance les médias (rediffusion)

    5 min
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    Une chronique de Monique d'Houtaud.
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    3 septembre 2026

    Quand nos toits partent en fumée

    3 min
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    "Devant la violence du feu, nous mesurons la fragilité de notre condition humaine".
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    2 septembre 2026

    Plan d'évacuation en cas d'incendie

    5 min
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    Les propositions que je fais dans mes émissions radio, dans mon livre et lors de mes conférences, ressemblent un peu à un "plan d'évacuation en cas d’incendie". Pour beaucoup de personnes, ces propositions semblent trop radicales pour être applicables immédiatement en temps de paix. Par contre, pendant certains types de crises, ce qui paraissait radical peut devenir évident et nous motiver à changer nos activités et priorités.
    Dans ce podcast, j’explique les 4 leviers d’action.
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    2 septembre 2026

    Plan d'évacuation en cas d'incendie

    5 min
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    Les propositions que je fais dans mes émissions radio, dans mon livre et lors de mes conférences, ressemblent un peu à un "plan d'évacuation en cas d’incendie". Pour beaucoup de personnes, ces propositions semblent trop radicales pour être applicables immédiatement en temps de paix. Par contre, pendant certains types de crises, ce qui paraissait radical peut devenir évident et nous motiver à changer nos activités et priorités.
    Dans ce podcast, j’explique les 4 leviers d’action.
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    1 septembre 2026

    L'enseignement de l'histoire

    4 min
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    Faire de l'histoire ou raconter des histoires ?
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    31 août 2026

    Quand la lecture est un remède contre la solitude

    4 min
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    C'est la rentrée de septembre. Si pour beaucoup elle rime avec reprise d'une vie sociale active, elle s'accompagne aussi, pour d'autres, d'une solitude subie ou choisie. Dans un quotidien où garder le lien devient difficile, comment rompre l'isolement ?
    C'est la question que pose Alain Colotte dans sa dernière chronique. Et sa réponse tient en deux mots : la lecture.
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    31 août 2026

    Quand la lecture est un remède contre la solitude

    4 min
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    C'est la rentrée de septembre. Si pour beaucoup elle rime avec reprise d'une vie sociale active, elle s'accompagne aussi, pour d'autres, d'une solitude subie ou choisie. Dans un quotidien où garder le lien devient difficile, comment rompre l'isolement ?
    C'est la question que pose Alain Colotte dans sa dernière chronique. Et sa réponse tient en deux mots : la lecture.
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    1 juillet 2026

    Pour la Lune ou pour la prison

    4 min
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    Une chronique signée Didier Guise.
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    26 juin 2026

    Fin de vie avec ou sans soins paliatifs

    5 min
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    Une chronique signée Monique d'Houtaud.
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    25 juin 2026

    Soeur Bernadette - 70iè miraculée de Lourdes

    5 min
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    Une chronique signée Claude Pantaleoni.
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    23 juin 2026

    "Sentir intensément notre relation au cosmos, fraterniser entre humains"

    5 min
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    Généralement, ma dernière chronique de la saison est une invitation à une sortie estivale. Ainsi l’année dernière, je vous avais proposé de vous rendre au musée Tomi Ungerer à Strasbourg. Cette année rien de tel.
    Dans ma précédente chronique, consacré à la disparition d’Edgar Morin, j’avais entre autres cité les lignes suivante de ce dernier : « Si nous ignorons le sens de la vie, au moins pouvons-nous donner un sens à la nôtre : connaître, aimer, sentir intensément notre relation au cosmos, à la Terre, à la Nature vivante, à la vie végétale des arbres et des fleurs, à la vie animale, notamment de nos cousins mammifères, fraterniser entre humains. »
    Le compositeur Rone sent intensément sa relation aux cétacés, après avoir découvert que sa musique semble mystérieusement attirer ces mammifères marins. Il embarque pour une expérience singulière : tenter d’établir un dialogue musical en pleine mer avec une baleine a? bosse. Elle peut émettre pendant des heures, parfois des jours, des motifs de notes graves qui varient d’amplitude et de fréquence, en répétant des séquences cohérentes et emboîtées. Son chant personnel évolue lentement au cours des années et ne revient jamais à la même séquence de notes même après des décennies. Mais répondra-t- elle au compositeur ?
    Valentin Paoli suit Rone dans sa tentative fragile et fascinante de dialogue et donne ainsi naissance à un documentaire poétique et sensoriel sur la rencontre entre la musique,
    l’océan et le monde animal. Entre aventure scientifique, rêverie sonore et contemplation marine, La baleine et le musicien qui invite a? écouter autrement le vivant et a? croire encore a? la possibilité d’un lien entre les espèces est sur les écrans du Caméo, depuis le 17 juin.
    Après cette expérience rare, immersive et délicate, ou? chaque son semble ouvrir un passage vers l’invisible, je vous propose de revenir aux liens humains. Dans Seuls les rebelles, qui sort le 24 juin., les liens entre Suzanne, veuve libanaise d’origine palestinienne, et Osmane, jeune migrant soudanais sans papiers, font surgir à Beyrouth une passion que tout semble rendre impossible. Cette romance fiévreuse et politique de Danielle Arbid, ou? l’amour devient un geste de liberté, n’est pas sans m’évoquer Tous les autres s'appellent Ali que le réalisateur allemand Rainer Werner Fassbinder a tourné en 1974.
    À partir de ce même 24 juin, vous pourrez aussi aller à la rencontre de L’étrangère, Selma qui a fui la Syrie en laissant derrière elle Rami, son fils de 6 ans et un mari disparu dans les geôles du régime sanglant de Bachir el Assad.
    Un drame sensible et profondément humain sur l’exil, la maternité et la reconstruction. Porte? par une belle intensité émotionnelle, il mêle l’intime et le politique pour raconter le combat d’une femme qui tente de refaire sa vie sans jamais couper les liens ce qu’elle a perdu, ceux qu’elle a laissé derrière elle.
    À partir du 1er juillet, vous pourrez voir le film Notre histoire, chroniques du Caire, une fresque romanesque qui traverse l’Égypte de la fin des années 1960 aux années 1980. A? travers le parcours d’Ahmed, jeune homme rêvant de devenir pianiste, et son lien épistolaire avec Liz, une Autrichienne, le film mêle avec élgance destin personnel, histoire familiale et bouleversements politiques. Il raconte la force des rêves, de la musique et des liens qui se tissent malgré la distance, les frontières et les secousses de l’Histoire. Une œuvre généreuse et émouvante, portée par le désir de croire encore aux possibles, même lorsque l’Histoire semble les contrarier.
    Mine de rien, ma chronique et le Caméo vous feront tout de même voyager, tout en ne laissant pas une empreinte carbone trop grande…
    Je vous souhaite un bon été, et je vous retrouve en septembre à l’occasion du Livre sur la Place.



    Michel May.
  • Dans un regard chrétien sur le monde, les bénévoles donnent leur point de vue sur une actualité.
    19 juin 2026

    L'immigration est une question de survie économique

    5 min
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    La politique migratoire de la France est une politique à contretemps, à contresens même pourrait-on dire.
    Les projections démographiques sont connues : Du fait de la baisse de la natalité, la population active française va se contracter de façon dramatique, en même temps que le nombre de retraités explosera. Ce n’est pas là affaire d’intuition. Ce sont des tendances parfaitement documentées par les économistes.
    Du fait du chômage, nous avions crû que l’économie n’aurait pas besoin d’un apport de main d’œuvre étrangère. Mais la réalité est toute autre. Les étrangers occupent déjà -et par centaines de milliers- des postes que les français ne veulent plus ou pour lesquels nous n’avons pas les ressources humaines nécessaires.
    Pour l’avenir, même le patronat alerte : Sans apport migratoire, ce seront au moins 150.000 postes qui, chaque année, ne pourront être pourvus. Les secteurs les plus touchés seront ceux où les recrutements sont déjà difficiles : les services à la personne, le soin aux personnes âgées, le BTP, l’hôtellerie/restauration. S’y ajouteront dans les années à venir les médecins, les infirmières, les métiers techniques et même la recherche ou l’informatique.
    Certains veulent nous faire croire que l’immigration n’est qu’une question de frontières et de contrôles. En réalité, mais personne n’ose le dire haut et fort, l’immigration est d’abord une question de survie économique. Tous les pays ayant voulu mettre en œuvre des politiques populistes ou xénophobes se sont heurtés à cette réalité. En témoigne, par exemple, l’Italie de Giorgia Meloni, laquelle, à rebours de toutes ses promesses électorales, a décidé d’autoriser l’entrée sur son territoire de 500.000 travailleurs étrangers d’ici 2028.
    Mais en France, nous mettons en œuvre des politiques ayant pour effet de raréfier encore une main d’œuvre déjà sous tension. Sous l’impulsion de Bruno Retailleau pour qui « l’immigration n’est pas une chance », les régularisations de travailleurs sans papiers ont, en 2025, chuté de 42%. Les admissions au séjour pour motifs économiques de 54%. L’Etat est devenu une fabrique de sans-papiers, puisque même les étrangers titulaires d’un emploi sont loin d’être assurés du renouvellement de leurs titres de séjour. Des vies alors basculent et des étrangers se retrouvent plongés dans une précarité, dont ils pensaient être sortis. Une telle politique n’a aucun sens ! Elle ne fait que broyer des hommes, désespérer les entreprises en peine de recrutements et priver nos systèmes de protection sociale de cotisations pourtant bien nécessaires.
    De plus, en instillant l’idée que tous les étrangers en situation irrégulière sont des délinquants en puissance ou des extrémistes musulmans, nos politiques s’avèrent inefficaces et terriblement coûteuses. Le nombre de mesures d’éloignement prises par les préfectures sous pressions politiques grimpe d’année en année : 81.000 OQTF ont été notifiées en 2016, 123.000 en 2019, plus de 150.000 en 2025, alors qu’en Allemagne, par exemple, elles sont restées inférieures à 45.000. Il n’y a alors rien d’étonnant à ce que nous ne parvenions à éloigner que 10% des étrangers sous OQTF. Le résultat est connu : des préfectures au bord de l’implosion, des juridictions débordées, des procédures numériques de plus en plus complexes, qu’il est impossible à tout étranger de comprendre.
    Les politiques d’exclusion et de haine ne produisent pourtant que des catastrophes. Il est donc temps d’ouvrir les yeux et de nous convaincre que, sans apport migratoire, c’est toute l’économie qui souffrira. Pour nos enfants et petits-enfants qui auront à en subir les conséquences, l’avenir alors sera pour le moins incertain.
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    19 juin 2026

    L'immigration est une question de survie économique

    5 min
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    La politique migratoire de la France est une politique à contretemps, à contresens même pourrait-on dire.
    Les projections démographiques sont connues : Du fait de la baisse de la natalité, la population active française va se contracter de façon dramatique, en même temps que le nombre de retraités explosera. Ce n’est pas là affaire d’intuition. Ce sont des tendances parfaitement documentées par les économistes.
    Du fait du chômage, nous avions crû que l’économie n’aurait pas besoin d’un apport de main d’œuvre étrangère. Mais la réalité est toute autre. Les étrangers occupent déjà -et par centaines de milliers- des postes que les français ne veulent plus ou pour lesquels nous n’avons pas les ressources humaines nécessaires.
    Pour l’avenir, même le patronat alerte : Sans apport migratoire, ce seront au moins 150.000 postes qui, chaque année, ne pourront être pourvus. Les secteurs les plus touchés seront ceux où les recrutements sont déjà difficiles : les services à la personne, le soin aux personnes âgées, le BTP, l’hôtellerie/restauration. S’y ajouteront dans les années à venir les médecins, les infirmières, les métiers techniques et même la recherche ou l’informatique.
    Certains veulent nous faire croire que l’immigration n’est qu’une question de frontières et de contrôles. En réalité, mais personne n’ose le dire haut et fort, l’immigration est d’abord une question de survie économique. Tous les pays ayant voulu mettre en œuvre des politiques populistes ou xénophobes se sont heurtés à cette réalité. En témoigne, par exemple, l’Italie de Giorgia Meloni, laquelle, à rebours de toutes ses promesses électorales, a décidé d’autoriser l’entrée sur son territoire de 500.000 travailleurs étrangers d’ici 2028.
    Mais en France, nous mettons en œuvre des politiques ayant pour effet de raréfier encore une main d’œuvre déjà sous tension. Sous l’impulsion de Bruno Retailleau pour qui « l’immigration n’est pas une chance », les régularisations de travailleurs sans papiers ont, en 2025, chuté de 42%. Les admissions au séjour pour motifs économiques de 54%. L’Etat est devenu une fabrique de sans-papiers, puisque même les étrangers titulaires d’un emploi sont loin d’être assurés du renouvellement de leurs titres de séjour. Des vies alors basculent et des étrangers se retrouvent plongés dans une précarité, dont ils pensaient être sortis. Une telle politique n’a aucun sens ! Elle ne fait que broyer des hommes, désespérer les entreprises en peine de recrutements et priver nos systèmes de protection sociale de cotisations pourtant bien nécessaires.
    De plus, en instillant l’idée que tous les étrangers en situation irrégulière sont des délinquants en puissance ou des extrémistes musulmans, nos politiques s’avèrent inefficaces et terriblement coûteuses. Le nombre de mesures d’éloignement prises par les préfectures sous pressions politiques grimpe d’année en année : 81.000 OQTF ont été notifiées en 2016, 123.000 en 2019, plus de 150.000 en 2025, alors qu’en Allemagne, par exemple, elles sont restées inférieures à 45.000. Il n’y a alors rien d’étonnant à ce que nous ne parvenions à éloigner que 10% des étrangers sous OQTF. Le résultat est connu : des préfectures au bord de l’implosion, des juridictions débordées, des procédures numériques de plus en plus complexes, qu’il est impossible à tout étranger de comprendre.
    Les politiques d’exclusion et de haine ne produisent pourtant que des catastrophes. Il est donc temps d’ouvrir les yeux et de nous convaincre que, sans apport migratoire, c’est toute l’économie qui souffrira. Pour nos enfants et petits-enfants qui auront à en subir les conséquences, l’avenir alors sera pour le moins incertain.
  • Dans un regard chrétien sur le monde, les bénévoles donnent leur point de vue sur une actualité.
    17 juin 2026

    Une théologie plus que jamais d'actualité

    4 min
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  • Dans un regard chrétien sur le monde, les bénévoles donnent leur point de vue sur une actualité.
    16 juin 2026

    "Vivre d'amour et aimer pour vivre."

    5 min
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    Le 29 mai, Edgar Morin, un des penseurs majeurs de notre époque nous a quitté, à quelques semaines de son 105ème anniversaire.
    La sociologue franco-marocaine Sabah Abouessalam Morin, son épouse a fait savoir que « Jusqu'à ses derniers jours, Edgar Morin est demeuré attentif au monde, aux autres, et aux grands enjeux humains qui ont nourri sa pensée. ». Elle lui a rendu un hommage vibrant dans les termes suivants : « Son humanisme, sa sagesse et son amour des hommes traversaient les frontières et les cœurs. Mais pour moi, il restera avant tout l’homme avec qui j’ai partagé dix-sept années de vie, de travail, de voyages, de projets et d’espérance. L’homme joyeux, tendre et profondément aimant, incapable de dureté envers quiconque »
    En 2024, alors âgé de 103 ans, il avait assuré la présidence de la 46ème édition du Livre sur la place.
    Fidèle au concept de « pensée complexe » qu’il a fondé, il disait de lui-même : « Je suis à la fois mystique et rationnel », « La conscience d'un destin commun de l'humanité, destin fragile et menacé, a retenu toute votre attention, promouvant la nécessité d'une politique de civilisation visant à remettre l'homme au centre et non le pouvoir de l'argent. » C'est ainsi que le pape François avait salué, dans un message, le 2 juillet 2021, Edgar Morin, lors d'une cérémonie organisée à l'Unesco pour honorer le centenaire du sociologue et philosophe. Les deux hommes s'étaient rencontrés au Vatican deux ans auparavant. À cette occasion, François avait souligné « une convergence » avec l'œuvre du penseur, qui se définit comme « un incroyant radical », mais confesse : « J'ai une foi, la foi fraternitaire – à savoir dans la fraternité, donc – et le sentiment d'être inséré comme un atome dans le destin de l'humanité. Ce que j'ai acquis de plus en plus en avançant dans les connaissances, est le sens du Mystère de l'univers, de la vie, autour de nous et en nous. (…) Mais je ne nomme pas Dieu le Mystère et la Créativité. »
    Dans les dernières lignes de Cheminer vers l’essentiel, paru en 2024 chez Albin-Michel, Edgar Morin donnait quelques précisions supplémentaires à Marc de Smedt : « Pour moi le mystère est omniprésent ; non seulement il nous enveloppe, mais il est en nous. Pourquoi l’univers ? Où va-t-il ? Pourquoi la vie ? pourquoi suis-je issu d’un seul spermatozoïde sur des centaines de milliers qui se sont rués vers l’utérus de ma mère ? Toute connaissance débouche sur un mystère, ou le Mystère. Et ce mystère est empreint de poésie. Si nous ignorons le sens de la vie, au moins pouvons-nous donner un sens à la nôtre : connaître, aimer, sentir intensément notre relation au cosmos, à la Terre, à la Nature vivante, à la vie végétale des arbres et des fleurs, à la vie animale, notamment de nos cousins mammifères, fraterniser entre humains. Vivre d’amour et aimer pour vivre. »
    Lors de l’inauguration du livre sur la Place Edgar Morin avait dit que « le roman continue à me donner ce lien vital avec le monde, avec l’univers. Non seulement, je lis mais je relis et la volupté de relire, c’est-à-dire de redécouvrir sous d’autres aspects un livre est quelque chose d’extraordinaire, j’ai relu 93 de Victor Hugo, une œuvre magistrale. (…) j’ai relu un roman de Roger Martin du Gard, Jean Barois, qui m’a tellement influencé dans mon adolescence, et que j’ai relu sur le problème de la foi, de la religion, du sentiment religieux et de l’incroyance ».


    Michel May.

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