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Yann Porte vous invite

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Emission présentée par Yann Porte

Le regard d'un citoyen concerné sur son territoire, pour une transition intelligente de la société. 

Une invitation à l'engagement, en partenariat avec Motris.

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Episodes

  • Jean-Marc Bechler

    Jean-Marc Bechler, la passion du théâtre au service de la vie

    21 janvier 2023

    Jean-Marc Bechler est originaire de Metz. Il a joué de la musique pendant plus de 25 ans dans diverses formations (souvent rock) en tant que
    bassiste. Concernant le théâtre, il fait ses premières expériences sur les planches dans diverses troupes amateures (et notamment le Théâtre d'Y Voir entre 1999 et 2003). Après quelques années de café-théâtre, il décide de suivre une formation à Paris. Il s’inscrit en 2010 à l’école de théâtre & cinéma «l’Entrée Des Artistes», parrainée par Jean-Paul Belmondo. Les
    cours sont dirigés par Olivier Belmondo.

    S’intéressant parallèlement à la Commedia Dell Arte, il participe à plusieurs stages organisés par Patrick Forian, un spécialiste en la matière. C'est à partir de 2011 que Jean-Marc décide d'écrire sa première pièce. Il réintègre ensuite le Théâtre d'Y Voir en tant que comédien, auteur et metteur en scène.

    Durant l'été 2015, il prend part à un stage de réalisation à Phalsbourg avec les "Tréteaux de France", compagnie théâtrale parisienne dirigée par Robin RENUCCI. Depuis, divers projets se sont enchaînés dont le festival Mécleuves en Scène.

  • Yann Porte et Camille de Toledo

    Dibbouk et Marrane ou l'écriture d'un vertige transgénérationnel (2/2)

    22 juin 2024
    Camille de Toledo est écrivain, docteur en littérature comparée, et enseigne la création littéraire à l'Ecole nationale supérieure des arts visuels de La Cambre à Bruxelles) et à l'université d'Aix-Marseille. Il est lauréat de la Villa Medicis (2004) et de la Fondation Jan Michalski pour l'écriture et la littérature (2019). En 2008, il fonde la Société européenne des auteurs pour promouvoir " la traduction comme langue ". Il écrit également pour l'opéra, La Chute de Fukuyama (2013) et pour le théâtre, Sur une île sur la tragédie d'Utøya. En 2020, son livre Thésée, sa vie nouvelle est dans la dernière sélection du Prix Goncourt. Ses derniers ouvrages sont à ce jour: Le Fleuve qui voulait écrire (Les Liens qui Libèrent/Manuella éditions, 2021) et Histoire du vertige.

    Ecrire les mystères de son inquiétude d'être au monde dans sa propre langue comme dans une langue étrangère est l'effet que l'on ressent à la lecture d'Histoire du vertige. Le temps de ses livres que ce soit Thésée, sa vie nouvelle ou même d'Histoire du vertige est traversé par l'errance transgénérationnelle car Camille écrit une littérature de Dibbouk, ces revenants qui demandent réparation aux vivants au point de les posséder et dont est hantée toute la culture juive pour des raisons évidentes: l'errance, le déracinement, les persécutions, l'étrangeté d'être au monde, l'inquiétude qui rend subtile, la diaspora, l'extermination.

    Mais si Camille écrit le mal des fantômes, il est aussi un marrane, un juif qui s'est oublié puis s'est ressouvenu de son attachement à cette identité ensevelie, niée et déniée par les affres de la généalogie et de l'Histoire avec sa grande hache. D'où suis-je? Et qui suis-je? entend-on sourdement murmurer à chacune des pages de ses livres. Y aura-t-il un juste pour sauver ce monde? Et mériterons-nous alors que ce juste se penche sur notre destin pour en retisser la trame déchirée et faire des cicatrices qui ourlent nos corps des portes qui nous obligeront à rouvrir les failles du temps pour réparer les crimes et les douleurs insus qui font de nous des morts-vivants? C'est bien ce qui nous manque qui nous hante et fait de nous des robots, des automates, des marionnettes, des golems sans causes ni peuple à défendre.

    Il faut quatre générations pour sortir d'un secret de famille: la première le commet, le noue et l'enterre, la deuxième le protège, la troisième l'oublie et la quatrième l'exhume" car il n'a plus d'autres choix, pour ne pas en mourir dans sa vie même car le temps est alors scellé.
    La violence de l'Histoire fonde nos identités malheureuses: comment nous pacifier alors et nous réunifier au vivant? Par la lutte écologique et sociale? Mais pour que la Nature soit vivante en nous, ne faut-il pas que notre âme soit pacifiée et que même les fleuves veuillent écrire à moins que ce soit nous qui devenions la nature qui se défend.
  • Pascal Blanchard

    Pascal Blanchard: "Français, encore un effort pour décoloniser vos consciences"

    15 juin 2024
    Pascal Blanchard a réalisé plusieurs expositions sur le thème de la colonisation et de l'immigration, dont Images d'empire (1996), L'appel à l'empire (1997) et Images et Colonies (1993). Ainsi que l'exposition Zoos humains à l'AfricaMuseum (Bruxelles, Belgique). En 2012, il a été le co-commissaire d'exposition avec Nanette Snoep et Lilian Thuram de Exhibitions. L'invention du sauvagen au Musée du quai Branly, prix de la meilleure exposition 2012 aux Globes de cristal Art et Culture.

    En 2014-2015, il a réalisé trois expositions itinérantes en lien avec les commémorations du Centenaire de la Grande Guerre (1914-1918) et du 70e anniversaire de la Libération de la France (1943-1945), sous le titre Ensemble. Présences maghrébines et orientales dans l'armée française et Présences des Afriques, des Caraïbes et de l'océan Indien dans l'armée française et Ensemble. Près de trois siècles de présences asiatiques et du Pacifique dans l'armée française.

    En 2016, il a réalisé l'exposition Champions de France suivie, en 2017, de l'exposition Artistes & Diversités en France. En 2021, il conçoit et anime l'exposition Histoire, Sport et Citoyenneté sur le thème des Jeux olympiques « Des Jeux olympiques d'Athènes 1896 aux Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 » pour la CASDEN Banque populaire.

    Il a été aussi en 2021 co-commissaire de l'exposition au musée de l'Homme Portraits de France.
  • Valérie Zenatti

    Valérie Zenatti, La traduction de la Lumière d'Aharon Appelfeld comme expérience initiatique

    8 juin 2024

    Merci à Pascal Didier et à son association Des mots et débats pour avoir organisé cette rencontre. Merci à eux de faire rayonner la Culture à Thionville et dans la vallée de la Fensch! Pour Valérie Zenatti qui est à la fois une autrice de roman et de nouvelles majeures et une traductrice très subtile de l'oeuvre d'Aharon Appelfeld de l'hébreu vers le français, traduire c'est se mettre au service d'une expérience qui vous élève et vous transforme dans les profondeurs de votre être. C'est l'expérience qu'a faite Valérie Zenatti en traduisant quatorze livres d'Aharon Appelfeld, depuis 2004, avec qui elle était liée d'une amitié profonde.

    De ma rencontre avec elle, je retiens son amour pour les chansons de Leonard Cohen et pour l'homme si touchant et si spirituel qu'il était. Traduire c'est donc traverser l'incommunicable, c'est faire l'expérience de l'altérité, du Tout Autre et se rendre compte que lorsque l'Amour circule nous pouvons accomplir la traversée vers l'Autre sans qu'il n'y ait dans nos différences rien d'irréversible et d'inconsolable. Et écrire c'est en core traduire car le style, c'est notre part d'intraduisible qui va à la rencontre du monde. Kafka disait qu'il écrivait dans une langue étrangère dans sa propre langue. C'est cet effet d'étrangeté qui nous permet d'affirmer que notre nécessaire singularité peut dialoguer avec le reste du monde et à jamais rester dans le faisceau des vivants.

    De retour dʹIsraël après lʹenterrement de lʹécrivain, en janvier 2018, Valérie Zenatti se plonge dans ses notes, dans les interviews de lʹauteur et les messages reçus de lui pour continuer à entendre sa voix. Elle se rend à Czernowitz où est né Appelfeld - aujourdʹhui en Ukraine, alors en Roumanie - pour ancrer dans un lieu réel cette "géographie si intime et précieuse" quʹil lui a transmise. Cʹest ainsi quʹelle peut "tisser son âme dans le faisceau des vivants". Trois figures et non deux sont au centre de son livre Dans le faisceau des vivants : Aharon Appelfeld, Valérie Zenatti et leur amitié, elle aussi personnage d’un roman sous le signe de la rencontre qui n’est pas seulement celle d’un immense écrivain et de sa traductrice, c’est celle d’un homme et d’une femme qui vont partager récits, langues et silences, c’est une évidence, une amitié unique, de celles, rares, qui dépassent les catégories et que seule l'écriture comme exercice spirituel vivant est à même de saisir.

    Aharon Appelfeld l’écrivait dans Adam et Thomas, et la citation est en exergue du livre : « Quand on rencontre quelqu’un, c’est signe que l’on devait croiser son chemin, c’est signe que l’on va recevoir de lui quelque chose qui nous manquait. Il ne faut pas ignorer ces rencontres. Dans chacune d’elles est contenu la promesse d’une découverte ». Cette présence est le cœur battant du livre. Son titre, rappel d’une prière juive, "Et que son âme soit tissée dans le faisceau des vivants", est son art poétique : tisser ses propres mots à ceux d’Appelfeld, le célébrer, non sous la forme d’un hommage compassé mais dans la vibration, « le faisceau » de souvenirs à jamais présents, de phrases qui demeureront des phares. Jamais Aharon l’homme et ami, jamais Appelfeld, l’écrivain, ne disparaîtront, ils sont dans le présent absolu des livres et des vivants. "Ce qui m'unit à Aharon Appelfeld, c'est ce que j'entends quand je le traduis.

    La force de l’œuvre d’Aharon Appelfeld est d’être à la fois, dans une réalité accessible à tous, parce qu’il n’a pas besoin de dire pour qu’on comprenne, mais aussi de résonner dans une dimension historique et intemporelle. Pour Aharon Appelfeld, après la seconde guerre mondiale et le régime nazi, il n’y a pas eu l’examen de conscience nécessaire, à savoir la réflexion de chaque être humain sur la façon de vivre après de telles ténèbres. Valérie Zenatti a traduit de nombreux livres dʹAharon Appelfeld, elle est aussi scénariste et écrivain. "Jacob, Jacob", son roman paru en 2014 a reçu le Prix du Livre Inter.

  • Jacek Zapasnik et Raymond Schuppert

    L’Ecole Gnostique de la Rose Croix d’or de la rue Woirhaye à Metz

    1 juin 2024
    Avec Jacek Zapasnik et Raymond Schuppert

    La Rose-Croix d’Or est un mouvement spirituel dont la source est le christianisme gnostique des origines. Elle se rattache à cette tradition pour laquelle chaque être humain peut accéder à une connaissance universelle présente au plus profond de lui-même dont il est habituellement coupé par la marche du monde ordinaire.

    Le chemin qu’elle propose s’adresse à celles et ceux qui aspirent intérieurement à donner une orientation spirituelle à leur vie. Ses valeurs fondamentales sont la liberté et l’autonomie de la conscience. Les membres sont des femmes et des hommes de tout âge, de toute catégorie sociale et de toute origine culturelle. La Rose-Croix d’Or aspire à incarner et à déployer une voie de Connaissance, de sagesse et de transformation, au service de tous les êtres et de l’ensemble du vivant. Cette aspiration élevée invite à découvrir la dimension spirituelle de l’homme, à s’y relier et à réaliser le processus de transfiguration.

    Fondée en 1924, aux Pays-Bas, par les ésotéristes Jan van Rijckenborgh et Catharose de Petri, sous le nom de Lectorium Rosicrucianum, elle s'inscrit dans la lignée spirituelle des Ecoles des Mystères. Active dans le monde entier, elle est présente en France depuis 1957. Sa vocation est de transmettre à l'humanité le riche patrimoine gnostique du passé, et d'enseigner le chemin actuel de la transfiguration, la philosophie gnostique de la transformation de l'âme.
  • Irène Pereira

    Irène Pereira, L’héritage de Paulo Freire ou la pédagogie des opprimés

    25 mai 2024

    Merci à Loic Millot, le programmateur de l'IRTS Lorraine d'avoir organisé cette rencontre. Certifiée en philosophie et habilitée à diriger des recherches (HDR) en sociologie, Irène Pereira est Professeure des Universités à l'Université de Rouen Normandie, chercheuse au laboratoire CIRNEF. Elle est co-fondatrice de l'IRESMO et auteure de plusieurs ouvrages sur le militantisme, la sociologie du travail, la philosophie de l'éducation ou encore l'éthique professionnelle. Irène Pereira est spécialiste des pédagogies critiques dans la lignée de Paulo Freire. Elle a ainsi écrit et coordonné plusieurs ouvrages sur : Paulo Freire pédagogues des opprimés (2017), Philosophie critique en éducation (2018), L'anthologie internationale de pédagogie critique (2019)... Elle est co-fondatrice de l'Institut bell hooks/Paulo Freire. Elle est co-fondatrice des Cahiers de pédagogies radicales et initiatrice du réseau Les pédagogies radicales. Elle est représentante pour la France au Conseil mondial des instituts Paulo Freire. Elle a conçu et réalisé plusieurs formations sur les pédagogies critiques, entre autres sur support numérique, dont le site internet Pédagogie anti-discrimination. « Il est à la mode actuellement en France de parler des pédagogies alternatives dans la continuité de l’éducation nouvelle qui, au début du XXe siècle, entendait remettre les besoins de l’enfant au cœur du système, et favoriser une posture plus active des élèves. Les auteurs historiques souvent cités sont Steiner, Freinet, Montessori…

     

    Dans un récent article, Sylvain Wagnon a essayé de clarifier cette galaxie, en distinguant notamment deux pôles d’attraction : « Les idéaux de mixité sociale et de transformation de l’éducation restent des points d’ancrage forts dans la mouvance Freinet et Decroly alors que les courants Steiner et Montessori mobilisent avant tout le développement de la personnalité. » Aujourd’hui en France, le pôle « mixité sociale et transformation » est incarné par les pédagogies Freinet. C’est à cette mouvance que l’on rattache aussi en général le pédagogue brésilien Paulo Freire. Or, s’il existe « des liens pédagogiques, notamment sur les valeurs » entre les deux penseurs, aucun lien n’existe entre les deux penseurs sur les plans historique et géographique, comme l’explique Sylvain Connac dans un entretien au Café pédagogique. Le travail de Paulo Freire a inspiré un ensemble de pédagogies à travers le monde, que l’on appelle généralement les « pédagogies critiques ». Parmi celles-ci on peut citer : la pédagogie critique féministe, la pédagogie anti-raciste et décoloniale, la pédagogie critique de la norme, la pédagogie queer, la pédagogie anti-oppressive, la pédagogie intersectionnelle, l’écopédagogie…

     

    S’il est peu connu en France, Paulo Freire est pourtant l’un des auteurs les plus cités au monde dans le domaine des sciences humaines et sociales, et son œuvre est étudiée dans les plus prestigieuses universités de la planète, en particulier anglo-saxonnes. Une enjeu de transformation sociale Paulo Freire (1921-1997) a été parfois en Europe associé à l’éducation nouvelle. Pourtant, il s’en est clairement distancié. Ainsi écrivait-il par exemple dans un ouvrage d’entretien, en 1987 : « Il n’y a pas de doute que le mouvement de l’éducation nouvelle, et le mouvement progressiste, ou celui de l’école moderne, ont donné de bonnes contributions pour ce processus d’éducation, mais la critique de l’éducation nouvelle en est restée, en général, au niveau de l’école et ne s’est pas étendue à l’ensemble de la société. La marque d’un engagement sérieux, dans l’éducation libératrice, est pour moi, une critique qui dépasse les murs de l’école. Il ne suffit pas en dernière analyse de critiquer les écoles traditionnelles, ce que nous devons critiquer, c’est le système capitaliste qui a produit ces écoles. » Cette phrase permet de comprendre ce qui différencie très nettement la visée de Paulo Freire de celle des pédagogies alternatives.

     

    Ce dernier ne vise pas avant tout à transformer les méthodes pédagogiques, mais à transformer la société à travers la pédagogie. En particulier, il s’est illustré dans les dernières années de sa vie par une critique d’un enseignement techniciste au service des impératifs du marché économique néolibéral. Par conséquent, ce que les continuatrices et les continuateurs de Paulo Freire ont retenu, c’est en premier lieu la finalité qu’il assigne à l’éducation et à la pédagogie. L’éducation vise à développer la conscience sociale des inégalités sociales, des discriminations ou encore des dangers écologiques. Ce processus est appelé « conscientisation ». Passé dans la langue française, ce terme provient à l’origine de l’œuvre de Freire. Mais cette notion a chez lui à l’origine un sens très précis : celui d’un processus par lequel les opprimés prennent conscience de leur situation sociale d’oppression pour la transformer. C’est la signification du titre de son ouvrage le plus célèbre : Pédagogie des opprimés, rédigé en 1968. Traduit dans plus d’une vingtaine de langues, il n’est plus à l’heure actuelle disponible en français. L’éthique avant la technique Mais la pédagogie de Paulo Freire ne se caractérise pas uniquement par sa finalité, même si celle-ci est un point remarquable de sa pédagogie et qui suffirait à pouvoir déjà l’identifier, tant la notion de « conscientisation » est emblématique de cet auteur. Elle met en avant l’agir éthique avant l’agir technique. C’est le sens de son dernier ouvrage publié de son vivant : Pédagogie de l’autonomie (Ères, 2013). Il doit en partie sa célébrité à une méthode d’alphabétisation des adultes qu’il a élaborée dans les années 1950 et expérimentée par la suite dans plusieurs pays du monde. Néanmoins, au-delà de ce domaine précis, son œuvre a trouvé un écho dans tous les champs de l’éducation, de la maternelle à l’université, en passant par l’éducation populaire. Ce ne sont pas une méthode et ses techniques qui la caractérisent, mais un certain nombre de principes qui caractérisent « l’agir éthique » pédagogique et norment « l’agir technique » didactique.

    • Le premier consiste dans le fait de considérer que nul n’est totalement savant, ni totalement ignorant. Cela conduit en particulier les enseignantes et les enseignants s’inspirant de l’approche freirienne à prendre en compte les savoirs sociaux que possèdent les apprenantes et apprenantes sur leur propre oppression.

     

    • Le deuxième principe consiste à considérer que le processus d’émancipation éducatif fait dialoguer différents types de savoirs. Il s’agit d’un côté des savoirs tirés de l’expérience des apprenants – savoirs sociaux et culturels – et, de l’autre, des savoirs scientifiques théoriques des enseignants.

    • Le troisième principe consiste à refuser tout processus éducatif qui conduise à réifier l’être humain. L’éducation ne consiste ni à dresser un animal, ni à programmer une machine. L’éducation est un processus qui consiste à favoriser l’émergence du sujet comme personne morale.

    • Enfin, l’éducation est un processus qui vise l’augmentation de la conscience sociale critique afin de développer la capacité des sujets – qu’ils soient socialement opprimés ou socialement privilégiés – à s’engager pour transformer la société vers plus de justice sociale et environnementale. Les pédagogies critiques ont commencé à se développer dans les aires linguistiques anglaise, espagnole et portugaise à partir des années 1980. Elles ont trouvé en particulier un champ spécifique d’expansion dans les « éducations à » : éducation à la citoyenneté, à l’égalité, à l’écologie, aux médias, à la sexualité… Mais elles trouvent des applications également dans les disciplines scolaires plus traditionnelles en s’intéressant aux usages sociaux des mathématiques et des sciences ou encore au développement de la littératie critique. Il apparaît ainsi très étonnant que l’aire francophone soit restée en dehors de ce mouvement pédagogique international. » Connaissez-vous les pédagogies critiques ? (theconversation.com)

  • Georges Jérôme

    Georges Jérôme, Metz sous Hitler

    18 mai 2024
    Georges Jérôme est un guide et un conférencier spécialisé sur les pratiques de la police allemande en Moselle pendant l’Annexion nazie (1940-1944). Depuis 2013, il anime des conférences où il aborde ce qu’il nomme « l’ordre imposé par une machine infernale, fanatique ».

    Georges Jérôme n’était pas prédestiné à devenir guide-conférencier, écrivain et spécialiste du décryptage de la police allemande SS. Ancien cadre de banque, il a parfois donné des cours à l’Université de Lorraine pour développer des systèmes de ventes. Rien à voir avec son ancienneté au sein de l’association Ascomémo (Association de conservation de la mémoire de la Moselle durant les deux Annexions), le musée de la guerre à Hagondange, dont il est membre depuis plus de 25 ans et guide-conférencier depuis 2013. http://ascomemo.chez.com/

    Enfant, il se passionnait les grandes batailles de l'Histoire. Puis, il s'est intéressé aux milices et aux bataillons de la police allemande nazie en Moselle. Du fait de sa familiarité avec l'abondant fond d'archives du musée ASCOMEMO de la guerre 39-45 de Hagondange, il lui était facile de s’imprégner de l’organisation dont faisait preuve les sevices SS. Autour de lui, des membres de sa famille, des amis et des témoins oculaires des actions de ces forces de police l’ont conforté dans ses recherches.

    « Outre ses conférences données sur les organes de répression allemande en Moselle annexée, et plus particulièrement sur la police allemande dans la vallée de la Fensch, il a aussi parlé du rôle de la police allemande dans les expulsions de 1940, de Metz dans les années noires de 1940 à 1944, et il a terminé un ouvrage en 2018 sur les maires de Metz pendant l’annexion. Par ailleurs, il a contribué à la parution d’articles dans des revues de guerres et magazines sur la période de 1939-1940 comme 39-45 magazine.

    https://www.facebook.com/georges.jerome
  • Renaud Evrard

    Renaud Evrard : "On m'a parfois comparé à un arbre", une éco-biographie de Jean-Marie Pelt

    11 mai 2024

    Renaud Evrard est psychologue clinicien, maître de conférences habilité à diriger des recherches en psychologie à l’Université de Lorraine (Nancy). Il est membre du laboratoire Interpsy. Il dirige le Master Psychologie clinique, psychopathologie et psychologie de la santé de l’Université de Lorraine, ainsi que le parcours-type Modèles psychodynamiques, démarches diagnostiques et thérapeutiques. Il a co-fondé en 2009 le Centre d’information, de recherche et de consultation sur les expériences exceptionnelles (CIRCEE). Ses recherches portent principalement sur la clinique différentielle des expériences exceptionnelles et l’anthropologie clinique des dispositifs non-conventionnels en santé mentale. Il s’intéresse également à l’histoire de la psychologie hétérodoxe.

    Il intervient avec une rigueur scientifique et rationnelle pour expliquer les phénomènes paranormaux. Ces conférences abordent ainsi les thèmes d’expérience de mort imminente, de hantise et de la folie à l’aune des dernières découvertes en psychologie et psychopathologie. Le conférencier Renaud Evrard a suivi une formation en psychopathologie et psychologie clinique au sein des universités de Strasbourg, de Montréal et de Rouen. Après avoir obtenu un Master Professionnel en 2007, il obtient un second Master en Recherche en 2008. A la suite de ces deux Masters, il débuta une thèse en psychologie clinique sous la direction du Pr. Pascal Le Maléfan (Université de Rouen). Dès sa deuxième année de thèse, il travaille à temps plein en tant que psychologue clinicien dans un service psychiatrique pour adultes, en intra et en extra-hospitalier à Thionville. Il s’intéresse tout particulièrement aux personnes qui disent vivre des expériences exceptionnelles ou paranormales.

    Dans le cadre de sa thèse, Renaud Evrard a co-fondé un service de consultation spécialisé et gratuit en s’inspirant du dispositif dans lequel il a travaillé au sein de l’Institut pour les zones frontières de la psychologie et l’hygiène mentale (IGPP) en Allemagne. Ce service est devenu en 2009 le Centre d’information, de recherche et de consultation sur les expériences exceptionnelles (CIRCEE). En 2015, le psychologue conférencier Renaud Evrard a été recruté par l’Université de Lorraine en tant que maître de conférences. Il est d’ailleurs qualifié comme Professeur depuis 2018 et encadre des recherches sur la psychologie clinique, la psychopathologie et les expériences exceptionnelles. Par ailleurs, il a aussi pris la direction de l’axe « Psychopathologie clinique et projective » du laboratoire InterPsy en 2017.

    Les projets de recherches du psychologue Renaud Evrard portent sur les dispositifs alternatifs en santé mentale, le diagnostic et l’accompagnement clinique des expériences réputées psychotiques dans la population générale, et l’arrière-plan historique des champs d’intérêt. Il a notamment publié de nombreux articles à ce sujet dont sa thèse sous le titre Folie et paranormal (PUR, 2014). Les conférences de Renaud Evrard s’adressent à tous celles et ceux qui s’intéressent de près ou de loin aux phénomènes paranormaux. Abordant ces thématiques avec rigueur, elles ont pour but de questionner et d’ouvrir des pistes de réflexion sur des aspects encore méconnus et parfois injustement dénigrés. Enfin, Renaud Evrard est l’auteur de trois ouvrages: “La légende de l’esprit. Enquête sur 150 ans de parapsychologie” aux éditions Trajectoire (2016), “Folie et Paranormal. Vers une clinique des expériences exceptionnelles” (Presses universitaires de Rennes, 2014) et “Pierre Curie et les sciences psychiques” (Blurb, 2014). Renaud Evrard est aussi investi bénévolement dans différentes sociétés scientifiques en lien avec la psychologie et la parapsychologie, les Expériences de mort imminente et la clinique du paranormal. Ce qu'en dit la Science. Il nous fait ainsi passer du sens de la mort au sens de la vie...

  • Benoît Hartenstein

    Benoît Hartenstein, La voix de l’arbre ou l’enracinement spirituel du vivant (2/2)

    4 mai 2024

    Benoît Hartenstein est un fervent défenseur de l’arbre, de son écosystème, au sein de l’association dont il est président, « La Voix de l’arbre », créée en 2017. Pour lui, les arbres et leurs écosystèmes dont nous ne sommes pas séparés, constituent un bien commun d’intérêt général, nécessaire et indispensable, à l’Humanité. Notaire à Metzervisse, en Moselle, il fait partie d’un groupe de juristes français qui veut faire évoluer le statut juridique de ce végétal si important, emblématique des dangers qui pèsent sur notre avenir. L’association la voie de l’arbre est née d’une prise de conscience : les arbres n’ont pas du tout la place qu’ils méritent dans notre droit. Benoit Hartenstein, en tant que notaire a d’abord réagi en juriste au visionnage du film “L’intelligence des arbres ” dont il a rencontré les auteurs et protagonistes : Ernst Zürcher et Peter Wohlleben, ingénieur forestier et écrivain allemand, auteur du livre“. La vie secrète des arbres” (2015). Il y a un tel décalage entre la réalité scientifique, nos représentations ordinaires et notre droit tel qu’il s’applique ! Les arbres sont vivants, cela est communément admis. Mais ils sont bien plus encore : ils communiquent, ils font société, ils sont source de tant de bienfaits… Alors que juridiquement, nous ne faisons aucune différence entre eux et un poteau de parc. Avec quelques amis, nous avons donc décidé en 2016 de nous mobiliser en créant cette association ».

    Comme le dit Benoit Hartenstein dans son entretien avec Dominique Perrone : « Cette idée que l’arbre en tant qu’être et partie du vivant doit avoir des droits doit « progresser dans nos consciences et finalement faire consensus. Jusqu’à se traduire dans notre droit. Tel est le but poursuivi par son association. Il explique aussi les raisons de cet attachement profond aux arbres : « Mon père était menuisier, mon grand-père menuisier, mon arrière-grand-père bûcheron, mon arrière-arrière-grand-père fabricant de tonneaux. Tous savaient ce que signifiait respecter le bois, un arbre, une forêt. Ils savaient prélever ce qui était juste, sans excès, pour la pérennité de leur activité et du milieu naturel qui les entourait. Je pense qu’ils seraient tous abasourdis par ce que nous infligeons à notre planète, par le réchauffement climatique. Surtout par le comportement de prédateur de certaines entreprises forestières, pour parler du sujet qui me préoccupe. Les coupes à blanc que pratiquent certains en sont un bien triste exemple. C’est pour mes aïeux, mais aussi pour mes enfants, les générations futures que je suis devenu un militant de la cause de l’arbre. Nous pouvons continuer à prélever ces végétaux, mais de façon judicieuse et raisonnée. C’est tout l’enjeu des années, des décennies futures. »

    Dans le sang de Benoît Hartenstein coule la sève du passionné, engagé dans le combat écologique depuis plusieurs années. Un engagement qu’il déploie à deux niveaux. Son militantisme se traduit aussi par son adhésion à un groupe de juristes à l’échelon national dont l’objectif est de faire évoluer le statut juridique de l’arbre, afin que les propriétaires n’en soient pas uniquement propriétaires justement, mais aussi responsables. « Il y a beaucoup de flou autour du statut de l’arbre. Les lois se sont empilées depuis le code Napoléon, et il est compliqué de s’y retrouver. Il faut savoir qu’à cette époque, dans les campagnes, l’arbre était considéré comme un ennemi, vu comme un apporteur de maladies par ses racines, faisant de l’ombre aux cultures, occupant trop d’espace. C’est depuis un bien immeuble, pas mieux considéré qu’un simple poteau électrique ! Hors code forestier, qui est très spécifique, avec ce groupe de juristes, nous avons réexaminé les codes civils, de l’urbanisme, du patrimoine, de l’environnement, pour retrouver tous les textes concernés. Avec pour objectif de faire des propositions de loi concrètes.

    L’an prochain, le sujet sera d’ailleurs au centre des débats lors du congrès des notaires. » En tant que notaire, Benoît Hartenstein voit d’ailleurs passer beaucoup de dossiers de donations, de transmissions et il regrette que l’arbre et surtout ses bienfaits ne soient pas mieux pris en compte. Même si les choses avancent. Depuis 2019, « La Déclaration des Droits de l’Arbre » a été adoptées symboliquement par plusieurs communes, grâce à l’association A.R.B.R.E.S., dont Benoît Hartenstein est le correspondant en Moselle. Autre avancée, il est désormais possible d’établir des actes concrets de protection des arbres en limite de propriété ou encore à l’occasion de transferts de propriétés de biens immobiliers. Benoît Hartenstein, on l’aura compris, milite pour le temps long. Pas le temps court du profit que recherche malheureusement l’homme dans beaucoup de ses activités. Ou le politique dans l’exercice de son mandat. Le président d’association défend aussi un engagement concret, des actions de terrain, peut être à la portée limitée, mais efficaces. « Je me méfie des discours, des verbiages, précise-t-il. Il faut juger par les actes. Même si je ne verrai sans doute pas la portée de mon engagement, rien ne remplace le labour patient, même à l’échelle d’un modeste champ. »

    Benoît Hartenstein intervient ainsi dans les lycées de la région en compagnie de scientifiques, pour montrer le film « L’intelligence des arbres ». Avec pour objectif de susciter le débat avec les jeunes et leur faire prendre conscience des dangers qui nous menacent. Autre engagement, il donne un cours depuis la rentrée de septembre 2022 auprès des étudiants de la Faculté de Droit, auprès de ceux qui sont dans le cursus « Diplôme Supérieur du Notariat ». « Un cours novateur, portant sur la protection juridique des arbres, en terrain privé, explique-t-il. Les futurs diplômés notaires y sont sensibilisés sur le rôle fondamental des arbres dans l’équilibre écologique de notre planète. Notamment pour souligner le décalage actuel entre la réalité biologique et notre Droit commun ». « Le cartésianisme a fait beaucoup de mal, insiste-t-il, car il oppose la nature et l’être humain, avec l’idée qu’il fallait s’en protéger. Or nous sommes la nature, nous sommes fondus dedans. C’est pourquoi, nos pratiques, nos comportements, surtout depuis l’industrialisation, la révolution énergétique, nous menacent en même temps que notre environnement. Mais hélas c’est un message encore difficile à faire passer. Certains pays l’ont déjà bien compris. En Inde, par exemple, tout est déjà fait pour favoriser l’intégration des arbres dans les projets de construction publics ou privés. Les routes sont déviées pour ne pas avoir à les abattre, les murs des maisons sont construits autour d’eux, pour les inclure et les conserver. Pour les Hindous en particulier, les arbres sont sacrés. Au-delà d’organismes vivants, les arbres sont considérés comme des êtres sensibles ayant même une conscience... En France, si nous sommes encore très loin de cette dévotion envers les arbres. Mais cessons enfin, de toute urgence, au XXIème siècle, d’être le meilleur ennemi de notre meilleur ami. » Peter Wohlleben, a observé que les arbres communiquent les uns avec les autres et prennent soin de leur entourage.

    Le film inspiré de ces observations, « L’intelligence des arbres », montre le travail minutieux et passionnant des scientifiques. Un travail nécessaire à la compréhension des interactions entre les arbres ainsi que les conséquences de cette découverte. En introduction, « Les trésors cachés des plantes » emmène à la découverte des facultés de certaines espèces végétales. Elles perçoivent et réagissent au son, à la lumière, à leur environnement. Entre science et spiritualité, les chercheurs dévoilent les secrets d’un monde plus riche et plus varié que ce que l’être humain peut généralement en percevoir. AFDAL - BENOÎT HARTENSTEIN, PRÉSIDENT DE LA VOIX DE L’ARBRE. Un engagement «enraciné» (affiches-moniteur.com)

  • Benoît Hartenstein

    Benoît Hartenstein, La voix de l’arbre ou l’enracinement spirituel du vivant (1/2)

    27 avril 2024

    Benoît Hartenstein est un fervent défenseur de l’arbre, de son écosystème, au sein de l’association dont il est président, « La Voix de l’arbre », créée en 2017. Pour lui, les arbres et leurs écosystèmes dont nous ne sommes pas séparés, constituent un bien commun d’intérêt général, nécessaire et indispensable, à l’Humanité. Notaire à Metzervisse, en Moselle, il fait partie d’un groupe de juristes français qui veut faire évoluer le statut juridique de ce végétal si important, emblématique des dangers qui pèsent sur notre avenir. L’association la voie de l’arbre est née d’une prise de conscience : les arbres n’ont pas du tout la place qu’ils méritent dans notre droit. Benoit Hartenstein, en tant que notaire a d’abord réagi en juriste au visionnage du film “L’intelligence des arbres ” dont il a rencontré les auteurs et protagonistes : Ernst Zürcher et Peter Wohlleben, ingénieur forestier et écrivain allemand, auteur du livre“. La vie secrète des arbres” (2015). Il y a un tel décalage entre la réalité scientifique, nos représentations ordinaires et notre droit tel qu’il s’applique ! Les arbres sont vivants, cela est communément admis. Mais ils sont bien plus encore : ils communiquent, ils font société, ils sont source de tant de bienfaits… Alors que juridiquement, nous ne faisons aucune différence entre eux et un poteau de parc. Avec quelques amis, nous avons donc décidé en 2016 de nous mobiliser en créant cette association ».

    Comme le dit Benoit Hartenstein dans son entretien avec Dominique Perrone : « Cette idée que l’arbre en tant qu’être et partie du vivant doit avoir des droits doit « progresser dans nos consciences et finalement faire consensus. Jusqu’à se traduire dans notre droit. Tel est le but poursuivi par son association. Il explique aussi les raisons de cet attachement profond aux arbres : « Mon père était menuisier, mon grand-père menuisier, mon arrière-grand-père bûcheron, mon arrière-arrière-grand-père fabricant de tonneaux. Tous savaient ce que signifiait respecter le bois, un arbre, une forêt. Ils savaient prélever ce qui était juste, sans excès, pour la pérennité de leur activité et du milieu naturel qui les entourait. Je pense qu’ils seraient tous abasourdis par ce que nous infligeons à notre planète, par le réchauffement climatique. Surtout par le comportement de prédateur de certaines entreprises forestières, pour parler du sujet qui me préoccupe. Les coupes à blanc que pratiquent certains en sont un bien triste exemple. C’est pour mes aïeux, mais aussi pour mes enfants, les générations futures que je suis devenu un militant de la cause de l’arbre. Nous pouvons continuer à prélever ces végétaux, mais de façon judicieuse et raisonnée. C’est tout l’enjeu des années, des décennies futures. »

    Dans le sang de Benoît Hartenstein coule la sève du passionné, engagé dans le combat écologique depuis plusieurs années. Un engagement qu’il déploie à deux niveaux. Son militantisme se traduit aussi par son adhésion à un groupe de juristes à l’échelon national dont l’objectif est de faire évoluer le statut juridique de l’arbre, afin que les propriétaires n’en soient pas uniquement propriétaires justement, mais aussi responsables. « Il y a beaucoup de flou autour du statut de l’arbre. Les lois se sont empilées depuis le code Napoléon, et il est compliqué de s’y retrouver. Il faut savoir qu’à cette époque, dans les campagnes, l’arbre était considéré comme un ennemi, vu comme un apporteur de maladies par ses racines, faisant de l’ombre aux cultures, occupant trop d’espace. C’est depuis un bien immeuble, pas mieux considéré qu’un simple poteau électrique ! Hors code forestier, qui est très spécifique, avec ce groupe de juristes, nous avons réexaminé les codes civils, de l’urbanisme, du patrimoine, de l’environnement, pour retrouver tous les textes concernés. Avec pour objectif de faire des propositions de loi concrètes.

    L’an prochain, le sujet sera d’ailleurs au centre des débats lors du congrès des notaires. » En tant que notaire, Benoît Hartenstein voit d’ailleurs passer beaucoup de dossiers de donations, de transmissions et il regrette que l’arbre et surtout ses bienfaits ne soient pas mieux pris en compte. Même si les choses avancent. Depuis 2019, « La Déclaration des Droits de l’Arbre » a été adoptées symboliquement par plusieurs communes, grâce à l’association A.R.B.R.E.S., dont Benoît Hartenstein est le correspondant en Moselle. Autre avancée, il est désormais possible d’établir des actes concrets de protection des arbres en limite de propriété ou encore à l’occasion de transferts de propriétés de biens immobiliers. Benoît Hartenstein, on l’aura compris, milite pour le temps long. Pas le temps court du profit que recherche malheureusement l’homme dans beaucoup de ses activités. Ou le politique dans l’exercice de son mandat. Le président d’association défend aussi un engagement concret, des actions de terrain, peut être à la portée limitée, mais efficaces. « Je me méfie des discours, des verbiages, précise-t-il. Il faut juger par les actes. Même si je ne verrai sans doute pas la portée de mon engagement, rien ne remplace le labour patient, même à l’échelle d’un modeste champ. »

    Benoît Hartenstein intervient ainsi dans les lycées de la région en compagnie de scientifiques, pour montrer le film « L’intelligence des arbres ». Avec pour objectif de susciter le débat avec les jeunes et leur faire prendre conscience des dangers qui nous menacent. Autre engagement, il donne un cours depuis la rentrée de septembre 2022 auprès des étudiants de la Faculté de Droit, auprès de ceux qui sont dans le cursus « Diplôme Supérieur du Notariat ». « Un cours novateur, portant sur la protection juridique des arbres, en terrain privé, explique-t-il. Les futurs diplômés notaires y sont sensibilisés sur le rôle fondamental des arbres dans l’équilibre écologique de notre planète. Notamment pour souligner le décalage actuel entre la réalité biologique et notre Droit commun ». « Le cartésianisme a fait beaucoup de mal, insiste-t-il, car il oppose la nature et l’être humain, avec l’idée qu’il fallait s’en protéger. Or nous sommes la nature, nous sommes fondus dedans. C’est pourquoi, nos pratiques, nos comportements, surtout depuis l’industrialisation, la révolution énergétique, nous menacent en même temps que notre environnement. Mais hélas c’est un message encore difficile à faire passer. Certains pays l’ont déjà bien compris. En Inde, par exemple, tout est déjà fait pour favoriser l’intégration des arbres dans les projets de construction publics ou privés. Les routes sont déviées pour ne pas avoir à les abattre, les murs des maisons sont construits autour d’eux, pour les inclure et les conserver. Pour les Hindous en particulier, les arbres sont sacrés. Au-delà d’organismes vivants, les arbres sont considérés comme des êtres sensibles ayant même une conscience... En France, si nous sommes encore très loin de cette dévotion envers les arbres. Mais cessons enfin, de toute urgence, au XXIème siècle, d’être le meilleur ennemi de notre meilleur ami. » Peter Wohlleben, a observé que les arbres communiquent les uns avec les autres et prennent soin de leur entourage.

    Le film inspiré de ces observations, « L’intelligence des arbres », montre le travail minutieux et passionnant des scientifiques. Un travail nécessaire à la compréhension des interactions entre les arbres ainsi que les conséquences de cette découverte. En introduction, « Les trésors cachés des plantes » emmène à la découverte des facultés de certaines espèces végétales. Elles perçoivent et réagissent au son, à la lumière, à leur environnement. Entre science et spiritualité, les chercheurs dévoilent les secrets d’un monde plus riche et plus varié que ce que l’être humain peut généralement en percevoir. AFDAL - BENOÎT HARTENSTEIN, PRÉSIDENT DE LA VOIX DE L’ARBRE. Un engagement «enraciné» (affiches-moniteur.com)

  • Rob Hopkins

    Rob Hopkins, le ridicule, source de créativité pour créer l’avenir

    20 avril 2024

    Rob Hopkins est l’initiateur en 2005 du mouvement international des villes en transition. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur ce sujet : The Transition Handbook (2008), The Transition Companion (2011), The Power of Just Doing Stuff (2013) et 21 Stories of Transition (2015). Il vit à Totnes en Angleterre. Né à Chiswick le 24 juin 1968, il grandit à Londres jusqu'à l'âge de 12 ans, avant de déménager dans le Wiltshire, fréquentant l'école de St John. Il poursuit ses études à l'école Waldorf de Bristol et au Bower Ashton Art College de Bristol. Il obtient un master en sciences humaines et sociales et un doctorat de l'université de Plymouth. À partir de 1988, il passe deux ans et demi à l'Istituto Lama Tsong Khapa, un monastère bouddhiste tibétain en Toscane, en Italie, en tant qu’intendant. Selon lui, ce serait cet épisode de vie simple et proche de la nature où il aidait un paysan local, qui l'aurait inspiré à faire des choix de vie plus sobres et plus écologiques.

    Il passe ensuite une année en Inde, au Pakistan, en Chine, au Tibet et à Hong Kong. En 1996, avec sa famille il s'installe dans le Sud-Ouest de l'Irlande, à West Cork. Il crée ensuite Baile Dulra Teoranta, un organisme de bienfaisance, dans le but de créer un projet d'écovillage. En 1999, avec une autre famille, il achète The Hollies, une ferme près de Castletown, Enniskeane. En 2001, il commence à enseigner la permaculture au Kinsale Further Education College en Irlande, initialement sur un cycle d'un an, et plus tard, à travers le monde, sur un cycle de 2 ans. Entre 2003 et 2005, ses étudiants construisent le Wooden O Theatre, un amphithéâtre fabriqués à partir de matériaux locaux. En 2004, il prend conscience du concept de pic du pétrole et confie à ses élèves la tâche d'appliquer les principes de la permaculture en vue de relever ce défi. Le résultat de ce projet étudiant est le « Plan d'action pour la descente d'énergie de Kinsale » (Kinsale Energy Descent Action Plan), qui est téléchargé sur le site web du collège. En juillet 2005, Kinsale FEC accueille Fueling the Future, une conférence sur le pic pétrolier et ses solutions. En 2005, il s'installe avec sa famille à Totnes, en Angleterre, où il cofonde, avec Naresh Giangrande, Transition Town Totnes, la première ville en transition officielle. De nombreux projets commencent alors : Keeping Totnes Warm, Open Eco Homes, Eco Homes Fair, Transition Homes, Transition Streets (qui remporte le prix Ashden 2011 pour le changement de comportement), Totnes and District Energy Descent Plan, le Centre économique de Totnes, le Forum des entrepreneurs locaux, la Totnes Pound, le Festival du film de transition de Totnes, le TTT Film Club, Dr Bike, Caring Town Totnes et Transition Tours.

    En 2007, avec Peter Lipman et Ben Brangwyn, il cofonde le Transition Network, un organisme de bienfaisance basé à Totnes, afin de soutenir les nombreuses initiatives de transition émergeant dans le monde, inspirées par les processus commencés à Kinsale et Totnes. Dix ans après le lancement du mouvement, il existait des initiatives de transition dans plus de 50 pays autour du monde, au sein d'environ 1 400 communautés. Par ailleurs, Rob Hopkins tient un blog sur les initiatives de transition, et plus particulièrement celles de la ville de Totnes. En avril 2019, il est en tournée française pour stimuler les imaginations afin d'inventer les villes en transition de demain. Il est sans doute l'un des activistes écologiques anglo-saxons qui a eu le plus d'influence ces dernières années. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages importants sur le sujet, notamment Le Pouvoir d'agir ensemble, ici et maintenant, avec Lionel Astruc en 2005 et Et si… on libérait notre imagination pour créer le futur que nous voulons ? en 2020. Il y suggère que le pouvoir de changer le cours des choses en profondeur est entre nos mains et nous invite à rêver. Mais à rêver en grand, en remettant l'imagination au cœur de notre vie quotidienne, professionnelle, sociale et familiale. Cet ouvrage est un appel à l'action pour libérer notre imagination collective sans crainte du ridicule qui est fécond parce qu’il nous décentre de l’ordinaire et réenchante l’existence, la régénère en revivifiant notre capacité à l’enthousiasme et à la créativité. Cet état d’esprit prend racine dans l'histoire d'individus et de communautés venant du monde entier qui ont d'ores et déjà emprunté le chemin de l'imagination et initient des changements rapides et profonds pour un meilleur futur. En cela, il a été l’une des sources d’inspiration de la création de Motris à Metz, des Incroyables comestibles et d’autres mouvements enthousiasmants fondés sur l’aspect réalisable de certaines utopies citoyennes qui parfois ne demandent qu’à s’incarner si les ressources et les volontés sont présentes. Merci à la traductrice Rachel Breviere, à Metz en transition, à Stéphane du magazine Sans transition, à la ville de Metz et à l’Eurométropole, à tous les organisateurs et à toutes les associations citoyennes partenaires.

  • Palîna

    Palîna, chanteuse spirituelle de la guérison entre Russie et Ukraine

    6 avril 2024
    Palîna est une artiste biélorusso-ukrainienne originaire de Krasnoiarsk en Sibérie sur le térritoire russe.

    Lors de ses concerts, il lui tient à coeur de réunir des personnes d'horizons variés dans une ambiance chaleureuse et joyeuse. Elle est notamment l'interprète du Chant de l'éternité écrit par Selim Aissel. Par sa voix, elle transmet le message de la sagesse des chants et des mantras d'Orient et la beauté des chansons d'Occident.

    Les chants spirituels qu'elle interprète sont aussi des chants de guérison. Cette fonction thérapeutique est liée à l'élévation du niveau de conscience. À ce titre, elle relève quelques effets psycho-physiologiques du chant comme la stimulation des systèmes nerveux et hormonaux, l'activation des systèmes respiratoires et musculaires, la stimulation du moral, de la joie et la transformation des peurs. Le chant favorise également une réflexion plus claire et permet de se retrouver en soi et avec les autres, de partager des liens plus forts et plus justes avec d'autres humains à un meilleur niveau que celui de la conversation et des échanges ordinaires.

    Elle suit donc ce chemin intérieur où elle aspire à être un agent de paix et de guérison dans le monde. Cette aspiration entre fortement en résonance avec le conflit russo-ukrainien qui déchire ses deux pays d'origine depuis 2022.
  • Gilles Farcet

    Gilles Farcet, Qu'est-ce que la transmission spirituelle? (Suite et fin)

    3 avril 2024
    Gilles Farcet est un écrivain français et enseignant spirituel promoteur d'une spiritualité à la fois inspirée de l'enseignement d'Arnaud Desjardins et de l'énergie de la contre-culture américaine, du Rock et de la Beat Generation. Il a soutenu sa thèse de doctorat sur la Littérature américaine et Thoreau en 1984. De 1984 à 1986, il vit à Montréal où il travaille pour une organisation universitaire internationale et écrit régulièrement des articles de critique littéraire pour la revue Spirale.

    De retour en France, il enseigne brièvement à l'université catholique de l'Ouest avant de s’installer à Paris. Producteur à France Culture, il y réalise des émissions sur des thèmes littéraires ou spirituels, notamment dans le cadre des «Chemins de la Connaissance » sous l’égide de Claude Mettra, ou « Une Vie, une Œuvre » sous la direction de Michel Cazenave. Journaliste, il collabore à diverses revues.

    Avec Marc de Smedt, il dirige les dossiers Question de littérature, chez Albin Michel, pour lesquels il interviewe longuement des écrivains tels que Lawrence Durrell, Jacques Lacarrière, Allen Ginsberg, Philippe Sollers ou Kenneth White. Il participe à la fondation du magazine Nouvelles Clés auquel il collaborera régulièrement pendant des années.

    Il tient aujourd'hui la chronique Ecologie intérieure pour le magazine Kaizen, dans la mouvance de Cyril Dion et Pierre Rabbhi. Éditeur, il fonde à La Table Ronde la collection « Les Chemins de la Sagesse » où il publie notamment Christian Charrière, Eric Edelmann et les premiers livres de Daniel Roumanoff sur Swami Prajnanpad. Il est également pour une période de transition directeur littéraire des Éditions Dervy où il publie notamment Bernard Montaud (La vie et la mort de Gitta Mallasz), Jodorowsky, Denise Desjardins…

    Son premier livre, une biographie de l’écrivain et philosophe américain Thoreau paraît en 1986, avec une préface d’Arnaud Desjardins et une postface de Kenneth White. Ce livre sera suivi d’une quinzaine d’ouvrages, publiés chez Albin Michel, Dervy Livres, la Table Ronde, L’originel, le Relié. Il a cosigné deux ouvrages avec Arnaud Desjardins et deux avec Alexandro Jodorowsky. L’homme se lève à l’Ouest, paru en 1992 chez Albin Michel, fera notamment découvrir au public français l’existence de Lee Lozowick dont il traduira par ailleurs plusieurs ouvrages. L’Irrévérence de l’Éveil, publié la même année, révélera Stephen Jourdain.

    Au début des années 1990, parallèlement à ses activités d'écrivain, journaliste et traducteur, il commence à s’investir dans l’animation de stages (notamment dans le cadre de Terre du Ciel, ainsi qu’en coanimation avec Marie de Hennezel) et fonde des groupes parisiens inspirés de l’enseignement d’Arnaud Desjardins, groupes qui fonctionnent encore aujourd’hui. En 1996, Arnaud Desjardins lui propose de rejoindre l’équipe de Hauteville, le lieu qu’il a fondé en Ardèche où séjournent chaque semaine pour une retraite une cinquantaine de personnes. Il y consacre l’essentiel de son temps pendant près de onze ans, tout en poursuivant l’animation de groupes parisiens, ainsi que son travail d’écrivain et de traducteur. En 2002 parait Le Manuel de l’Anti-Sagesse, puis en 2004, Allen Ginsberg, poète et Bodhisattva Beat, où l'auteur relate ses rencontres et entretiens avec le grand écrivain américain puis La joie qui avance chancelante le long de la rue en 2017, récit d'entretiens avec un Diogène sauvage passé de l'autre côté du désespoir, Hank alias Henry Warshowsky.

    Ces deux livres serviront de base au superbe roman graphique spirituel d'Etienne Appert, Au crépuscule de la Beat Generation, paru en 2023. Deux En septembre 2007, il s'installe à nouveau à Paris où il donne un enseignement sous une forme originale dans la lignée d’Arnaud Desjardins et Swami Prajanpad tout en continuant à écrire.
  • Gilles Farcet

    Gilles Farcet, Qu'est-ce que la transmission spirituelle? (1)

    30 mars 2024

    Gilles Farcet est un écrivain français et enseignant spirituel promoteur d'une spiritualité à la fois inspirée de l'enseignement d'Arnaud Desjardins et de l'énergie de la contre-culture américaine, du Rock et de la Beat Generation. Il a soutenu sa thèse de doctorat sur la Littérature américaine et Thoreau en 1984. De 1984 à 1986, il vit à Montréal où il travaille pour une organisation universitaire internationale et écrit régulièrement des articles de critique littéraire pour la revue Spirale.

    De retour en France, il enseigne brièvement à l'université catholique de l'Ouest avant de s’installer à Paris. Producteur à France Culture, il y réalise des émissions sur des thèmes littéraires ou spirituels, notamment dans le cadre des «Chemins de la Connaissance » sous l’égide de Claude Mettra, ou « Une Vie, une Œuvre » sous la direction de Michel Cazenave. Journaliste, il collabore à diverses revues.

    Avec Marc de Smedt, il dirige les dossiers Question de littérature, chez Albin Michel, pour lesquels il interviewe longuement des écrivains tels que Lawrence Durrell, Jacques Lacarrière, Allen Ginsberg, Philippe Sollers ou Kenneth White. Il participe à la fondation du magazine Nouvelles Clés auquel il collaborera régulièrement pendant des années.

    Il tient aujourd'hui la chronique Ecologie intérieure pour le magazine Kaizen, dans la mouvance de Cyril Dion et Pierre Rabbhi. Éditeur, il fonde à La Table Ronde la collection « Les Chemins de la Sagesse » où il publie notamment Christian Charrière, Eric Edelmann et les premiers livres de Daniel Roumanoff sur Swami Prajnanpad. Il est également pour une période de transition directeur littéraire des Éditions Dervy où il publie notamment Bernard Montaud (La vie et la mort de Gitta Mallasz), Jodorowsky, Denise Desjardins…

    Son premier livre, une biographie de l’écrivain et philosophe américain Thoreau paraît en 1986, avec une préface d’Arnaud Desjardins et une postface de Kenneth White. Ce livre sera suivi d’une quinzaine d’ouvrages, publiés chez Albin Michel, Dervy Livres, la Table Ronde, L’originel, le Relié. Il a cosigné deux ouvrages avec Arnaud Desjardins et deux avec Alexandro Jodorowsky. L’homme se lève à l’Ouest, paru en 1992 chez Albin Michel, fera notamment découvrir au public français l’existence de Lee Lozowick dont il traduira par ailleurs plusieurs ouvrages. L’Irrévérence de l’Éveil, publié la même année, révélera Stephen Jourdain.

    Au début des années 1990, parallèlement à ses activités d'écrivain, journaliste et traducteur, il commence à s’investir dans l’animation de stages (notamment dans le cadre de Terre du Ciel, ainsi qu’en coanimation avec Marie de Hennezel) et fonde des groupes parisiens inspirés de l’enseignement d’Arnaud Desjardins, groupes qui fonctionnent encore aujourd’hui. En 1996, Arnaud Desjardins lui propose de rejoindre l’équipe de Hauteville, le lieu qu’il a fondé en Ardèche où séjournent chaque semaine pour une retraite une cinquantaine de personnes. Il y consacre l’essentiel de son temps pendant près de onze ans, tout en poursuivant l’animation de groupes parisiens, ainsi que son travail d’écrivain et de traducteur. En 2002 parait Le Manuel de l’Anti-Sagesse, puis en 2004, Allen Ginsberg, poète et Bodhisattva Beat, où l'auteur relate ses rencontres et entretiens avec le grand écrivain américain puis La joie qui avance chancelante le long de la rue en 2017, récit d'entretiens avec un Diogène sauvage passé de l'autre côté du désespoir, Hank alias Henry Warshowsky.

    Ces deux livres serviront de base au superbe roman graphique spirituel d'Etienne Appert, Au crépuscule de la Beat Generation, paru en 2023. Deux En septembre 2007, il s'installe à nouveau à Paris où il donne un enseignement sous une forme originale dans la lignée d’Arnaud Desjardins et Swami Prajanpad tout en continuant à écrire. Il continue à intervenir à Hauteville. En 2011, parallèlement aux activités régulières organisées à Paris et à la suite d'une impulsion donnée par Arnaud Desjardins, il anime régulièrement avec son épouse Valérie des séminaires dans le beau village d'Angles sur l'Anglin dans la Vienne, où sa famille possède une maison depuis cinq générations. En 2015, il cesse de résider principalement à Paris pour s'établir en Poitou et y développer son école de transmission spirituelle tout en composant du Rock à vocation spirituelle dans des groupes comme Gestion des restes ou Survie, groupe qui interprète des chansons de Lee Lozowick, enseignant spirituel transgressif et subversif qui a marqué son parcours.

  • Etienne Appert et Gilles Farcet

    Farcet, Appert, Ginsberg et Jodorowsky ou Le karma de la rencontre (3)

    23 mars 2024
    Il y a des rencontres qui nous transforment si profondément qu'elles réorientent toute la suite de notre vie et en fait un destin inattendu.
    Gilles Farcet ne dira pas le contraire. Sa rencontre en septembre 1987 à Québec avec Allen Ginsberg et dont il tira deux ouvrages très marquants, le premier un récit biographique intitulé judicieusement "Allen Ginsberg, Poète et Bodhisattva Beat"(Ed. Le Relié, 2004), et un roman initiatique en miroir car une rencontre essentielle en entraîne une autre "La joie qui avance chancelante le long de la rue"(Ed. Maelström).

    Le destin de ces deux ouvrages de rencontres fondamentales étaient d'en engendrer une troisième sous la forme d'un roman graphique habité où l'auteur Etienne Appert entre en résonance avec l'histoire de Gilles Farcet rencontrant Ginsberg et les derniers représntants de la Beat Generation, par la qualité de ses dessins qui ne sont rien d'autres que les supports d'une quête spirituelle, les écrins d'une nécessité intérieure qui ont guidét cette époside d'une vie riche en rencontres primordiales. Appert s'est approprié à un haut degré l'expérience de Farcet, plus qu'une appropriation, c'est une transfiguration graphique au coeur de l'essentiel d'une expérience si singulière. Rencontrer quelqu'un, faire une vraie rencontre humaine d'âme à âme n'est pas déjà quelque chose de courant en soi, mais engendrer cette compréhension seconde, cette compréhension augmentée qu'est inspirer un livre d'une telle qualité est une chose encore plus rare et précieuse. Un théâtre de la cruauté pour faire face à la vie en apprenant à se connaître vraiment, c'est-à-dire par ses ombres et par ses gouffres au miroir de la confrontation à l'autre, qui est un révélateur. Ce qu'est un maître de vie.

    Au crépuscule de la Beat Generation le montre sans cesse affairé, entouré de sa cohorte d’artistes, de secrétaires et d’amis, capable de porter un regard vif et vierge sur toutes choses et en toutes circonstances.

    Étienne Appert ne tait rien des aspects plus erratiques et tumultueux des figures emblématiques du mouvement Beat. Hank occupe une place prépondérante. Ses propos, rapportés à différents moments du récit, fascinent Gilles Farcet et tendent à pénétrer au tréfonds de son psychisme. Le journaliste se questionne sur l’identité de cet homme, sur ce qu’il a produit et sur les raisons pour lesquelles il exerce une telle emprise sur lui.

    Le « clochard céleste » incarne en quelque sorte l’essence même de la Beat Generation, avec sa verve poétique, ses fulgurances et son acuité pour percer la réalité d’un monde qui cherche à se dérober.
    Au crépuscule de la Beat Generation est une œuvre immersive, un véritable pèlerinage au sein d’un mouvement littéraire et artistique qui a marqué l’histoire et dont l’héritage est encore palpable aujourd’hui. Étienne Appert, bien documenté par Gilles Farcet, dépeint avec justesse les liens entre les auteurs Beat, le mouvement hippie et des penseurs qui les précèdent tels que Henry David Thoreau ou Ralph Waldo Emerson, dressant ainsi un panorama de la contre-culture américaine. Il évoque les drogues, les combats sociaux, le non-conformisme, la quête de liberté, y compris sexuelle, puissamment liés au mouvement Beat. Et finalement, le voyage initiatique auquel entendait se livrer Gilles Farcet donne lieu à une relecture, subjective, passionnée et passionnante, d’un contre-courant culturel dont la vigueur n’a eu d’égale que la richesse.
  • Etienne Appert et Gilles Farcet

    Gilles Farcet, Le karma de la rencontre au crépuscule de la Beat generation (2)

    16 mars 2024
    Il y a des rencontres qui nous transforment si profondément qu'elles réorientent toute la suite de notre vie et en fait un destin inattendu.
    Gilles Farcet ne dira pas le contraire. Sa rencontre en septembre 1987 à Québec avec Allen Ginsberg et dont il tira deux ouvrages très marquants, le premier un récit biographique intitulé judicieusement "Allen Ginsberg, Poète et Bodhisattva Beat"(Ed. Le Relié, 2004), et un roman initiatique en miroir car une rencontre essentielle en entraîne une autre "La joie qui avance chancelante le long de la rue"(Ed. Maelström).

    Le destin de ces deux ouvrages de rencontres fondamentales étaient d'en engendrer une troisième sous la forme d'un roman graphique habité où l'auteur Etienne Appert entre en résonance avec l'histoire de Gilles Farcet rencontrant Ginsberg et les derniers représntants de la Beat Generation, par la qualité de ses dessins qui ne sont rien d'autres que les supports d'une quête spirituelle, les écrins d'une nécessité intérieure qui ont guidét cette époside d'une vie riche en rencontres primordiales. Appert s'est approprié à un haut degré l'expérience de Farcet, plus qu'une appropriation, c'est une transfiguration graphique au coeur de l'essentiel d'une expérience si singulière. Rencontrer quelqu'un, faire une vraie rencontre humaine d'âme à âme n'est pas déjà quelque chose de courant en soi, mais engendrer cette compréhension seconde, cette compréhension augmentée qu'est inspirer un livre d'une telle qualité est une chose encore plus rare et précieuse. Un théâtre de la cruauté pour faire face à la vie en apprenant à se connaître vraiment, c'est-à-dire par ses ombres et par ses gouffres au miroir de la confrontation à l'autre, qui est un révélateur. Ce qu'est un maître de vie.

    Au crépuscule de la Beat Generation le montre sans cesse affairé, entouré de sa cohorte d’artistes, de secrétaires et d’amis, capable de porter un regard vif et vierge sur toutes choses et en toutes circonstances.

    Étienne Appert ne tait rien des aspects plus erratiques et tumultueux des figures emblématiques du mouvement Beat. Hank occupe une place prépondérante. Ses propos, rapportés à différents moments du récit, fascinent Gilles Farcet et tendent à pénétrer au tréfonds de son psychisme. Le journaliste se questionne sur l’identité de cet homme, sur ce qu’il a produit et sur les raisons pour lesquelles il exerce une telle emprise sur lui.

    Le « clochard céleste » incarne en quelque sorte l’essence même de la Beat Generation, avec sa verve poétique, ses fulgurances et son acuité pour percer la réalité d’un monde qui cherche à se dérober.
    Au crépuscule de la Beat Generation est une œuvre immersive, un véritable pèlerinage au sein d’un mouvement littéraire et artistique qui a marqué l’histoire et dont l’héritage est encore palpable aujourd’hui. Étienne Appert, bien documenté par Gilles Farcet, dépeint avec justesse les liens entre les auteurs Beat, le mouvement hippie et des penseurs qui les précèdent tels que Henry David Thoreau ou Ralph Waldo Emerson, dressant ainsi un panorama de la contre-culture américaine. Il évoque les drogues, les combats sociaux, le non-conformisme, la quête de liberté, y compris sexuelle, puissamment liés au mouvement Beat. Et finalement, le voyage initiatique auquel entendait se livrer Gilles Farcet donne lieu à une relecture, subjective, passionnée et passionnante, d’un contre-courant culturel dont la vigueur n’a eu d’égale que la richesse.
  • Luc Delmas

    Luc Delmas, l'âme des mutations de la ruralité

    24 février 2024
    Luc Delmas, agrégé d’histoire, coordonne dans un petit village de Lorraine, Ville-sur-Yron, Caméras des champs, un festival international de documentaires sur les mutations de la ruralité qui lui permet de transmettre sa foi dans les actions collectives.

    Plus de 2 000 films reçus en vingt-quatre ans, des mois, de septembre à février, passés à enchaîner les visionnages avec le comité de sélection. Et jamais le sentiment de déjà-vu. Fondateur et directeur du festival Caméras des champs, à Ville-sur-Yron en Meurthe-et-Moselle qui se déroule au mois de mai, Luc Delmas, 74 ans, habitant du village, est sans doute l’un des meilleurs connaisseurs de ce genre à la fois précis et extrêmement varié : le film documentaire sur la ruralité. "Pas le monde agricole seulement mais la ruralité dans sa diversité", insiste-t-il. La programmation de l’édition 2023, l'a montré : parmi les films en compétition, l’un explore l’arrivée de familles néorurales en Haute-Loire, l’autre, la financiarisation de la terre, un autre encore, la désertification vétérinaire.
  • Judith Perrignon

    Judith Perrignon, Louise Michel, Notre guerre civile

    17 février 2024
    Judith Perrignon, née en 1967, est une journaliste, écrivaine et essayiste française.

    Entrée en 1991 au journal Libération comme journaliste politique, Judith Perrignon fera un détour par la page « portrait » du journal, avant de le quitter en avril 2007.

    Aujourd’hui journaliste indépendante, elle a notamment écrit pour Marianne, M le magazine du Monde, ou encore France Culture. Elle est l’auteure de plusieurs textes inclassables, entre la biographie, l’essai et le roman, tels que C’était mon frère : Théo et Vincent van Gogh (L’Iconoclaste, 2006), Les Faibles et les Forts (Stock 2013), Victor Hugo vient de mourir, (L’Iconoclaste, 2015), ou L’Insoumis (sur Mohamed Ali, Grasset, 2019).

    En 2021, la romancière nous plonge dans Detroit dans Là où nous dansions, un roman choral qui traverse 80 ans d’histoire de cette ville déclarée « banqueroute » en 2013 et conte les espoirs et désillusions de ses habitants ; une ville de paradoxes, dont l’auteure fait ici un personnage à part entière, sujet de fascinations. « Dix ans que je suis liée à Detroit, que j’interroge son paysage de vieil eldorado industriel en ruines, mais surtout les gens qui ne l’ont pas quitté. Ils racontent une toute autre histoire que les dogmes économiques qui nous gouvernent. » Plusieurs de ses ouvrages sont issus de reportages qu'elle a réalisé pour France Culture. C'est le cas pour Le jour où le monde a tourné , qui parle des années Thatcher et pour Notre guerre civile, sur le personnage de Louise Michel.
  • Miguel Benassayag

    Résister aux aliénations c'est s'émanciper du désir de dominer

    10 février 2024
    Miguel Benassayag est passé par l'expérience de la torture durant son incarcération sous la dictature militaire argentine à la fin des années 1970. Franco-argentin, il a été extradé vers la France suite à un accord économique conclue entre Maurice Papon, alors ministre et la junte militaire. Cette expérience l'a poussé à expérimenter que créer c'est résister au capitalisme qui est souvent l'autre visage du fascisme. Il nous dit que créer c'est être happé par la vie et cherche à régénérer nos raisons de nous engager et de nous émanciper au sein d'un monde aliéné à la consommation de manière mortifère.
  • Alain Porte

    Alain Porte, Fragments transgénérationnels à Rombas du 6 au 22 février 2024

    3 février 2024
    Alain Porte est un sculpteur originaire de Marange-Silvange en Moselle. Son travail est en prise avec le tragique de la condition humaine depuis ses premières oeuvres en taille directe des années 1980 où il utilisait la pierre de Soleil, la pierre de Jaumont pour tenter de sublimer sa négativité et celle de son monde intérieur.

    Son exposition intitulée Fragments a pour thème le conflit ukrainien, suite à l'invasion russe de février 2022. Son travail présente des sculptures en acier et des peintures sur inox à travers la technique spécifique de l'irisation. Après les attentats du 11 septembre 2001, il consacre une série de sculptures dans une exposition intitulée la Millième fenêtre.

    Il exposa également à Carrefour des arts à Metz comme au musée de l'Oeuvre de Jaumont à Malancourt-la-Montagne dans la Carrière d'où est extraite cette pierre locale qui a également servi à édifier la cathédrale de Metz et les plus grands bâtiments de la ville comme la gare ou la Porte des Allemands. En tant que tailleur de pierre, il a restauré les pinacles de cette même lanterne du Bon Dieu qu'est la cathédrale Saint-Etienne. Pour son exposition sur la guerre en Ukraine, il mêle traumatisme transgénérationnel - la disparition de son oncle Malgré-nous près de Kiev le 30 janvier 1944 et sa réactivation du fait de l'actualité. Cette inspiration surgie de la collision entre deux guerres génère des effets fantômatiques à propos de la répétition traumatique d'un passé qui ne passe pas et est voué à s'empirer sans prise en compte et sans travail thérapeutique de résolution. L'une de ses sources d'inspiration est le Retable d'Issenheim du peintre Grunewald exposé au musée Unterlinden de Colmar qui présente un Christ pourrissant lors de son calvaire puis rayonnant et cosmique dans le halo de sa résurrection. Le murmure des ombres errantes cherche à nous créer un destin plus lumineux si nous l'affrontons avec créativité et dans une intelligence réelle des lois de la vie qui cherche à s'élever.

    Son exposition "Fragments transgénérationnels" est à retrouver à l'Espace Culturel de Rombas du 6 au 22 février 2024.
  • Olivier Mannoni

    Olivier Mannoni, pourquoi traduire encore Hitler ?

    27 janvier 2024
    Olivier Mannoni, l'homme qui traduisait Hitler se pose la question suivante dans son livre Traduire Hitler:

    " Pourquoi un homme politique extrémiste consacre-t-il sept cents pages à développer des théories perverses et fumeuses dans une langue à peu près inaccessible au commun des mortels ? Pourquoi ce style confus, cette accumulation d'adverbes, de conjonctions douteuses, ces glissements sémantiques, ces syllogismes, ces dérapages du cheminement déductif ? Est-ce de l'incapacité ? Ou bien une méthode ? "

    Si certains se demandent à quoi bon sortir de l'oubli ce brûlot de haine, Olivier Mannoni, qui a consacré dix ans à la retraduction de Mein Kampf, leur répond. Outre les tempêtes suscitées par la parution d'Historiciser le mal, il raconte ici la lutte au corps à corps avec une prose lourde et pernicieuse et les incidences plus personnelles de ce compagnonnage forcé. Face à une actualité où les démons semblent renaître, Olivier Mannoni nous alerte sur le pouvoir du discours tronqué, trompeur et d'autant plus efficace qu'il est simpliste.

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