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Vincent de Paul
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Vincent de Paul

Un article rédigé par Jean-Luc Moens - 1RCF Belgique, le 2 novembre 2022  -  Modifié le 2 novembre 2022

Géant de la charité, Mr Vincent a consacré sa vie à l'évangélisation et au service des pauvres.

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Histoire

 

Mr Vincent – c’est ainsi que tout le monde l’appelait – est né le 24 avril 1581 à Pouy dans les Landes. Il est le troisième enfant d’une famille qui en compte 6 : 4 garçons et 2 filles. Son père Jean de Paul est propriétaire d’une petite exploitation agricole. Vincent travaille à la ferme. Très tôt, il garde les moutons, les cochons et les vaches. Il sera fier plus tard de dire aux pauvres qu’il servira qu’il n’est qu’un « misérable porcher », fils d'un « pauvre laboureur ».

À l’adolescence, Jean de Paul envoie son fils à Dax au collège des Cordeliers. Vincent y étudie 3 ans. C’est un excellent élève. Il reçoit les ordres mineurs et la tonsure à 15 ans. Son père espère qu’il deviendra prêtre et qu’il aura de bons bénéfices dont il pourra faire profiter sa famille.
 

En 1597, Mr Vincent est à Toulouse pour étudier la théologie. Il est ordonné prêtre le 23 septembre 1600, mais il continue à étudier la théologie et obtient le grade de bachelier en 1604.
 

En 1605, alors qu’il se rend en bateau à Marseille, Mr Vincent est capturé par les pirates barbaresques et emmené comme esclave à Tunis. C’est une expérience terrible qui le marque et le rapproche des prisonniers et des pauvres. Au bout de deux ans, il parvient à s’échapper et à rentrer en France.

En 1609, Mr Vincent rencontre le cardinal de Bérulle, père de l’école française de spiritualité et fondateur de l’Oratoire, qui devient son directeur spirituel. C’est le cardinal qui ouvre les yeux de Mr Vincent sur ce qu’est profondément le sacerdoce. Rappelez-vous qu’il l’avait déjà fait pour saint Jean Eudes. C’est une illumination. Mr Vincent l’appelle « sa conversion ». Il change de vie. Il renonce à ses bénéfices, il se met à vivre pauvrement, dormant sur la paille, et il se tourne radicalement vers Dieu.

En 1610, Mr Vincent devient l’aumônier de Marguerite de France, l’ancienne reine, une femme très généreuse qui consacre une bonne partie de sa fortune à aider les pauvres.
En 1612, Mr Vincent est nommé curé de Clichy, un petit village près de Paris. C’est la première fois qu’il exerce vraiment une charge paroissiale. Il transforme la paroisse, reconstruit l’église, se donne aussi pour les pauvres.
En 1613, sur recommandation du cardinal de Bérulle, il est nommé précepteur de la famille du prince Philippe-Emmanuel de Gondi, général des galères du Royaume de France. Il doit résider dans leur palais, mais cela ne l’empêche pas de continuer sa charge de curé à Clichy où se rend régulièrement, surtout au cours des réguliers séjours des Gondi dans leur hôtel particulier à Paris.
Il devient rapidement le confesseur de Mme de Gondi. C’est ainsi qu’il va vivre une nouvelle expérience spirituelle marquante. Mme de Gondi l’emmène en Picardie où elle exerce des œuvres de charité. Mr Vincent découvre la grande misère des paysans. Son cœur est bouleversé.

À la demande de Mme de Gondi, il invite au cours d’un sermon mémorable les paroissiens de Folleville à la confession. Ceux-ci répondent massivement. Mr Vincent prend conscience des besoins spirituels des campagnes et de l’abandon dans lequel les paysans sont laissés. Il a alors l’intuition de créer un groupe de prêtres missionnaires pour répondre à ce besoin. Cela va l’amener à la fondation de la Congrégation de la mission qui considère la date de ce fameux sermon, le 25 janvier 1617, comme la date de sa fondation.

En décembre de la même année, Mr Vincent est curé de la paroisse de Chatillon-sur-Chalaronne dans les Dombes, au nord de Lyon. Là aussi, il rencontre une grande misère. Il s’entoure alors de dames aisées et charitables qui l’aident à subvenir aux besoins de tous ces miséreux. C’est le début des Dames de la Charité. Cette confrérie va inspirer plus tard la naissance des Filles de la charité qu’il fondera avec sainte Louise de Marillac.
 

En 1619, toujours infatigable, il est nommé par le roi aumônier général des galères dont Mr de Gondi est le général. Mr Vincent est très préoccupé par le sort de ces pauvres galériens qui subissent des sévices terribles dans les cales des galères qu’ils doivent faire avancer à la force de leurs bras. Un jour, ulcéré par la manière dont un des gardes maltraite un galérien, Mr Vincent se met à sa place.

En 1625, Mr Vincent fonde officiellement les Lazaristes pour l’évangélisation des campagnes. Il crée aussi un séminaire. Il forme beaucoup de jeunes futurs prêtres. Vite, les Lazaristes sont appelés en mission hors de France.


En 1633, il fonde avec Louise de Marillac la compagnie des Filles de la Charité. Il consacre beaucoup de temps à la formation des premières filles de la Charité. 
Je pourrais continuer à énumérer les fondations diverses et variées de saint Vincent de Paul. Ce serait très long car ce saint a eu une fécondité extraordinaire. Je veux en tout cas parler de l’œuvre des enfants trouvés. C’est une véritable plaie de l’époque : beaucoup de femmes, poussées par la misère, abandonnent leur nouveau-né sur les marches des églises ou dans des tours qui garantissent l’anonymat. Mr Vincent fonde alors l’œuvre des enfants trouvés en 1638. Dix ans plus tard, il affirme qu’au moins 600 enfants ont été sauvés grâce à cette œuvre.


Avec son activité incessante, Mr Vincent est de plus en plus connu et considéré comme un saint.

 

Le roi Louis XIII veut que ce soit lui qui l’assiste et le confesse à l’heure de la mort. Il meurt dans ses bras le 14 mai 1663.
Mr Vincent est ensuite nommé membre du Conseil de Conscience du Royaume où il lutte contre le jansénisme qui prend de plus en plus d’influence dans l’Église de France.
Sa dernière fondation est un hôpital pour personnes âgées en 1657. Cet hôpital s’appelle aujourd’hui l’hôpital de la Salpêtrière.
Il meurt le 27 septembre 1660 à l’âge de 79 ans. Peu avant de mourir, cet homme infatigable qui a fait tant et tant de choses pour le Bon Dieu et ses pauvres a regretté de n’avoir pas assez fait !


Saint Vincent de Paul a été un géant de la charité, un des grands saints fondateurs de l’Église catholique. Et pourtant, sa vocation n’avait pas commencé sous les meilleurs auspices. Il a dit lui-même qu’il désirait être prêtre pour profiter de l’ascension sociale que donnait le sacerdoce à son époque. Qu’est-ce qui a changé sa vie ? La rencontre avec le cardinal de Bérulle que Mr Vincent a appelé sa conversion. À partir de cette rencontre, le feu de l’Esprit Saint a brûlé dans son cœur.

 

Que pouvons-nous en conclure pour nous ?

  1. Comme le disait le curé d’Ars, on peut mal commencer et bien finir. C’est la fin qui est importante. Il est toujours temps de nous convertir – tant que nous sommes en vie. Nous pouvons décider aujourd’hui de devenir un saint et d’en prendre les moyens. Il n’est jamais trop tard.
  2. L’importance de se faire aider dans le chemin de sainteté : c’est grâce au cardinal de Bérulle que Mr Vincent a changé de vie. Le cardinal n’est pas canonisé, mais il a aidé beaucoup de saints canonisés : souvenez-vous de saint Jean Eudes, saint Louis-Marie Grignion de Montfort et d’autres. On ne devient pas saint tout seul. On a besoin de l’aide des autres. En conséquence :
  3. Ne laissons pas nos prêtres seuls : soutenons nos prêtres. Prions pour eux, d’abord. Mais soyons aussi présents auprès d’eux. Ne les laissons pas seuls. J’ai entendu plusieurs évêques affirmer qu’un chrétien seul est un chrétien en danger de mort. C’est vrai. Cela est vrai pour nous, les simples baptisés. Mais cela est aussi vrai pour nos prêtres. Un prêtre seul est un prêtre en danger de mort. Entourons nos prêtres, aimons-les, protégeons-les !
     
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