Saint Pierre, le pêcheur de Galilée devenu chef de l'Église
Il est le premier pape de l'Église. Saint Pierre est un personnage incontournable de la tradition chrétienne. Dans les Évangiles, il est appelé par Jésus, qui le choisit pour mener son Église. Mais Pierre a-t-il vraiment existé ? Que retenir de l'histoire de ce modeste pêcheur de Galilée mort en martyr à Rome ?
Statue de saint Pierre en chaire, dans la position du pontife, église Saint-Germain-des-Prés, Paris ©Stéphane Ouzounoff / Hans LucasDire que les papes sont les successeurs de Pierre n'est pas qu'une formule allégorique. La succession apostolique forme avec le canon des Écritures et le Credo la base de toute l'institution ecclésiale. La fête de saint Pierre - associée à celle de Paul, le 29 juin - est l'occasion d'évoquer le premier pape de l'Église. Dans le livre qu'il lui a consacré, "Saint Pierre - Le mystère et l’évidence" (éd. Perrin, 2021), l'historien Christophe Dickès en livre un portrait très humain. Et nous explique quel est le "mystère de saint Pierre".
Pierre, un pêcheur de la classe moyenne
D'où vient Pierre ? Quel est son milieu ? À quoi ressemble la vie d'un pêcheur du Ier siècle en Galilée ? Même si les Évangiles nous donnent des informations sur son métier, elles en donnent moins sur sa situation financière et sociale. Était-il un pauvre pêcheur ?
Pour Christophe Dickès, Pierre faisait partie de la classe moyenne. "C'est un pêcheur qui a un bateau suffisamment grand qui peut accueillir jusqu'à une quinzaine de personnes... Ce qui m'amène à penser que Pierre est un pêcheur qui gagnait correctement sa vie."
À cela s'ajoute une maison à Capharnaüm, suffisamment grande pour accueillir tous les apôtres et où il peut vivre avec sa femme et sa belle-mère. Pierre faisait partie "du bas" de la classe moyenne, selon Christophe Dickès. "On a donné l'image d'un saint Pierre pauvre mais je pense qu'il n'était pas pauvre."
Un caractère de leader
Les traits de caractère de Pierre vont de pair avec son métier. "C'est un personnage qui sait regarder les éléments et on le voit à travers sa relation avec Jésus, il observe, il pose des questions. Il est le porte-parole des disciples et c'est un trait essentiel de l'ensemble des Évangiles où l'on voit saint Pierre mis à la première place", constate l'historien.
Saint Pierre n'a pas sa langue dans sa poche et ne se laisse pas faire ! On le voit lorsqu'il dégaine son épée au jardin des oliviers. "C'est un homme de tempérament mais parallèlement il peut avoir peur, il peut avoir des doutes et très souvent dans l'Évangile, on le voit un peu en dessous de l'événement qu'il peut vivre." Christophe Dickès a souhaité dans son ouvrage faire découvrir au lecteur que le princes des apôtres, le premier évêque de Rome, n'est pas un super héros mais un disciple du Christ profondément humain.
Le "mystère de saint Pierre"
"Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église", dit Jésus dans l'Évangile de Matthieu (Mt 16, 8). Pourquoi a-t-il choisi cet homme peu fiable au tempérament emporté ? Pour Christophe Dickès, le "mystère de saint Pierre" a quelque chose qui doit nous interpeller.
Loin de la perfection, le premier disciple du Christ incarne la fragilité de l'humanité. "Le Christ choisit un homme avec des défauts et, en quelque sorte, le Christ prend date avec toute la succession apostolique, toute la succession pétrinienne, en montrant qu'au fond il y aura des bons papes et des mauvais papes, il y aura des grands chefs et il y aura des petits chefs."


Dans le souci de s’adresser au plus grand nombre et avec curiosité, Pauline de Torsiac sollicite théologiens et biblistes pour un échange enthousiaste sur les fondamentaux de la foi chrétienne.




