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Saint Dominique
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Saint Dominique

Un article rédigé par Jean-Luc Moens - 1RCF Belgique, le 22 septembre 2022  -  Modifié le 8 août 2023

C'est en suivant son évêque que Dominique est devenu un missionnaire infatigable.

(c) Wikipedia (c) Wikipedia

Saint Dominique Guzman est né à Caleruega vers 1170 en Castille. Voici le seul épisode que nous connaissons de sa jeunesse. Alors que Dominique est étudiant à Palencia, il vend tous ses biens, y compris ses livres, pour nourrir les pauvres pendant une grande famine.


Cet acte héroïque attire l’attention de Diego d’Acevedo, prieur du chapitre cathédral de la ville d’Osma. Il appelle Dominique à entrer chez les chanoines. Dominique s’adapte immédiatement. Il apprécie la vie de prière qui l’aide à entrer dans une vie de vraie contemplation : l’office chanté quotidien, la prière commune des heures, la méditation et la lecture spirituelle en cellule. On pense qu’il a environ 23 ans quand il reçoit l’habit des chanoines réguliers de Saint-Augustin : la robe blanche et le manteau noir qui inspireront plus tard le choix de l’habit des Dominicains.


Vers l’âge de 28 ans, Dominique est nommé sous-prieur, puis Diego est nommé évêque d’Osma. Lorsque Diego part en voyage, il emmène Dominique. Tous deux sont confrontés dans le sud de la France aux hérésies cathare et vaudoise.


En juin 1206, Diego et Dominique rencontrent les légats du pape entourés de quelques cisterciens qui réfléchissent aux moyens de réévangéliser la région. Là, Diego fait une déclaration fondamentale :

 

Il me semble impossible de ramener à la foi par des paroles seules des hommes qui s’appuient avant tout sur des exemples.

 

En d’autres termes, la prédication de la vraie foi ne sera efficace que si les prédicateurs vivent ce qu’ils proclament. Ce qui rend les parfaits cathares et les prédicateurs vaudois crédibles auprès de la population, c’est que leur façon de vivre inspire confiance. Et joignant le geste à la parole, Mgr Diego renvoie à Osma tout son équipage, tous les objets d’apparat. Il garde quelques clercs avec lui et se déplace à pied. Tout le monde suit son exemple, y compris les légats. On ne sait pas grand-chose de cette mission extraordinaire. Il n’y a pas eu beaucoup de conversions. Dans certains cas, la situation était tendue. On connaît un épisode de cette mission passé à la postérité sous le nom de « miracle de Fanjeaux ». Qu’en est-il ? Dans la ville de Fanjeaux, les cathares et les missionnaires catholiques s’affrontent. Pour gérer leur affrontement, il est demandé à chaque camp de rédiger un mémoire présentant sa position. Du côté catholique, c’est le mémoire de Dominique qui est jugé le meilleur. Comme les arbitres n’arrivent pas à départager le mémoire cathare du mémoire catholique, on décide de procéder à l’épreuve du feu. On va jeter chacun des mémoires dans les flammes. Celui des deux qui ne brûlera pas sera déclaré vainqueur. Le mémoire des hérétiques brûle immédiatement. Par contre, le mémoire de Dominique « non seulement demeure intact, mais saute au-dessus des flammes, en présence de tous. »


À la fin de cette mission, tout le monde rentre chez lui, mais Dominique reste.

Malheureusement, à la suite de l’assassinat en 1208 d’un légat du pape, Pierre de Castelnau, par un proche du comte Raimond de Toulouse, la guerre est déclarée. C’est la fameuse « croisade des Albigeois », conduite par le roi de France et les grands seigneurs, non sans arrière-pensées politiques. Notez que jamais Dominique n’a participé à une quelconque guerre ou violence contre les albigeois. Il continue sa prédication itinérante de Toulouse à Carcassonne. Il vit de mendicité. Évidemment, la guerre ne facilite pas son travail ni les conversions. Ce qui a été difficile auparavant l’est encore plus avec les combats.
Frère Dominique est ardent dans la prière, et souvent il passe des nuits entières à veiller et à prier spécialement pour les pécheurs. La nuit, il prie pour leur conversion ; le jour, il prêche pour les y amener. Mais, pour Dominique, il n’y a pas que la prière et la prédication qui participe à la conversion des personnes. Un jour, Dominique et ses frères doivent se rendre à une controverse dans un village avec des albigeois. Il demande son chemin à un homme qui accepte de les conduire. Mais cet homme est un albigeois et il fait prendre aux frères un chemin plein de ronces et d’épines. Pieds nus dans leurs sandales, le bas des jambes découvert, Dominique et ses frères sont rapidement ensanglantés. Alors Dominique se met à louer Dieu : « Merci, Seigneur, de nous donner de pouvoir verser notre sang pour toi… » Le guide est très ému par cette réaction et il se convertit. Cette attitude de Dominique est une constante de sa vie. Comme l’affirme un témoin de son procès de canonisation, Dominique est « toujours joyeux dans les tribulations, loue et bénit le Seigneur en chantant à haute voix l’Ave maris stella ».

 


En 1216, Dominique commence officiellement à Toulouse, avec le petit groupe de frères qui l’entoure, une petite communauté de frères mendiants qu’il appelle Frères prêcheurs puisque leur objectif est d’évangéliser par la parole. Ils prennent la règle de saint Augustin que Dominique suit déjà. Foulques, l’évêque de Toulouse, soutient la jeune communauté mais Dominique désire obtenir la reconnaissance du pape. Il l’obtient du pape Honorius III en décembre 1216.

 


À la Pentecôte 1217, Dominique a une inspiration qu’on peut appeler charismatique : il prend une décision audacieuse qui, à vues humaines, peut paraître complètement irrationnelle. Il disperse ses seize premiers frères : deux groupes distincts à Paris, un groupe en Espagne et un à Toulouse. C’est une décision qui n’est pas facile à accepter pour les frères mais elle va être déterminante pour l’histoire de l’Ordre.

 


À partir de ce moment, Dominique mène une vie de prédicateur itinérant pour visiter ses différentes fondations. Il va visiter l’Espagne. À Madrid, il fonde le premier monastère de moniales dominicaines. Il passe par Ségovie où il fonde un couvent. Il retourne à Toulouse, puis se rend à Paris. Toujours à pied et en mendiant. Un jour, il marche avec un groupe de pèlerins allemands qui prennent soin de lui, lui donnent à manger, etc. À la fin de la journée, Dominique demande au Seigneur de pouvoir les remercier, mais il ne parle pas l’allemand. Pourtant, il leur fait un petit discours de remerciement et d’encouragement que tous comprennent. C’est le miracle des langues, comme à la Pentecôte.


Quand Dominique arrive dans un couvent de ses frères, il ne dort jamais dans une cellule. Il se contente d’un matelas dans un corridor. À Paris, la jeune communauté attire beaucoup d’étudiants et même des professeurs. Ils sont attirés par la radicalité de vie et le fait que Dominique, en se basant sur sa propre expérience, accorde une grande importance à la formation intellectuelle et théologique de ses frères.

 


Finalement, Dominique s’installe à Bologne pour habiter avec les jeunes frères en formation dans cette ville universitaire. Sa santé commence à s’altérer.


Dominique se retrouve à Rome en 1220. La communauté des frères s’installe sur l’Aventin, une des 7 collines de Rome, dans un petit couvent qui jouxte la basilique sainte Sabine. Là se situe un épisode qui m’est très cher et que je veux vous raconter.
Je vous ai dit que Dominique allait souvent prier la nuit. Il descendait de sa cellule pour aller dans la basilique par escalier qui existe encore aujourd’hui. Un jour, un autre frère a voulu espionner Dominique pour savoir comment il priait. Il a découvert Dominique qui disait à haute voix, au centre de l’église :

 

Mon Dieu, ma miséricorde, que deviendront les pécheurs ?

 

Cette prière manifeste le cœur de la vie de Dominique, brûlé du désir que tous les hommes soient sauvés. J’ai eu la grâce d’aller prier à ce même endroit, c’est un de mes beaux souvenirs de mon passage à Rome. Le fondateur de l’Emmanuel, Pierre Goursat, répétait souvent cette phrase de Dominique pour exhorter les frères au zèle pour le salut de tous les hommes.


C’est à Rome aussi que Dominique a ressuscité un jeune homme, Napoleone Orsini, décédé à la suite d’une chute de cheval.


En mai 1221, Dominique préside le deuxième chapitre général de son ordre où il organise l’exercice de l’autorité dans l’ordre, avec la création de provinces et de prieurs à leur tête.
Après le chapitre, Dominique repart en mission, mais il n’en peut plus. Fin juillet, il revient à Bologne, et vaincu par la maladie, il s’éteint le 6 août 1221 en disant à ses frères :

 

Ne pleurez pas ! Je vous serai plus utile et porterai pour vous plus de fruit après ma mort que je ne le fis dans ma vie.


Dominique a été canonisé 13 ans après sa mort, en 1234 par le pape Grégoire IX.
 

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