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Résurrection du Seigneur - Année B - Messe de Pâques
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Résurrection du Seigneur - Année B - Messe de Pâques

Un article rédigé par Marie-Paule Menten - 1RCF Belgique, le 29 mars 2024  -  Modifié le 29 mars 2024

Voici le jour que fit le Seigneur,
qu’il soit pour nous jour de fête et de joie !

 

Lectures et commentaires de la messe du dimanche de Pâques, résurrection du Seigneur.

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MESSE DU JOUR DE PÂQUES


PREMIÈRE LECTURE

Nous avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts (Ac 10, 34a.37-43)

 

Lecture du livre des Actes des Apôtres

En ces jours-là,
quand Pierre arriva à Césarée
chez un centurion de l’armée romaine,
il prit la parole et dit :
« Vous savez ce qui s’est passé à travers tout le pays des Juifs,
depuis les commencements en Galilée,
après le baptême proclamé par Jean :
Jésus de Nazareth,
Dieu lui a donné l’onction d’Esprit Saint et de puissance.
Là où il passait, il faisait le bien
et guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable,
car Dieu était avec lui.
Et nous, nous sommes témoins
de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem.
Celui qu’ils ont supprimé en le suspendant au bois du supplice,
Dieu l’a ressuscité le troisième jour.
Il lui a donné de se manifester,
non pas à tout le peuple,
mais à des témoins que Dieu avait choisis d’avance,
à nous qui avons mangé et bu avec lui
après sa résurrection d’entre les morts.
Dieu nous a chargés d’annoncer au peuple et de témoigner
que lui-même l’a établi Juge des vivants et des morts.
C’est à Jésus que tous les prophètes rendent ce témoignage :
Quiconque croit en lui
reçoit par son nom le pardon de ses péchés. »

– Parole du Seigneur.

 

PSAUME

(117 (118), 1.2, 16-17, 22-23)

R/ Voici le jour que fit le Seigneur,
qu’il soit pour nous jour de fête et de joie ! (117, 24)

 

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !
Oui, que le dise Israël :
Éternel est son amour !

Le bras du Seigneur se lève,
le bras du Seigneur est fort !
Non, je ne mourrai pas, je vivrai
pour annoncer les actions du Seigneur.

La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.

 

 

DEUXIÈME LECTURE
« Recherchez les réalités d’en haut, là où est le Christ » (Col 3, 1-4)
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Colossiens

Frères,
si vous êtes ressuscités avec le Christ,
recherchez les réalités d’en haut :
c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu.
Pensez aux réalités d’en haut,
non à celles de la terre.

En effet, vous êtes passés par la mort,
et votre vie reste cachée avec le Christ en Dieu.
Quand paraîtra le Christ, votre vie,
alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui dans la gloire.

– Parole du Seigneur.

 

SÉQUENCE
 

À la Victime pascale,
chrétiens, offrez le sacrifice de louange.

L'Agneau a racheté les brebis ;
le Christ innocent a réconcilié
l'homme pécheur avec le Père.

La mort et la vie s'affrontèrent
en un duel prodigieux.
Le Maître de la vie mourut ; vivant, il règne.

« Dis-nous, Marie Madeleine,
qu'as-tu vu en chemin ? »

« J'ai vu le sépulcre du Christ vivant,
j'ai vu la gloire du Ressuscité.

J'ai vu les anges ses témoins,
le suaire et les vêtements.

Le Christ, mon espérance, est ressuscité !
Il vous précédera en Galilée. »

Nous le savons : le Christ
est vraiment ressuscité des morts.

Roi victorieux,
prends-nous tous en pitié !
Amen.

 

 

ÉVANGILE

 

Il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts (Jn 20, 1-9)

 

Alléluia. Alléluia.
Notre Pâque immolée, c’est le Christ !
Célébrons la Fête dans le Seigneur !
Alléluia. (cf. 1 Co 5, 7b-8a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Le premier jour de la semaine,
Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ;
c’était encore les ténèbres.
Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau.
Elle court donc trouver Simon-Pierre
et l’autre disciple,
celui que Jésus aimait,
et elle leur dit :
« On a enlevé le Seigneur de son tombeau,
et nous ne savons pas où on l’a déposé. »
Pierre partit donc avec l’autre disciple
pour se rendre au tombeau.
Ils couraient tous les deux ensemble,
mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre
et arriva le premier au tombeau.
En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ;
cependant il n’entre pas.
Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour.
Il entre dans le tombeau ;
il aperçoit les linges, posés à plat,
ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus,
non pas posé avec les linges,
mais roulé à part à sa place.
C’est alors qu’entra l’autre disciple,
lui qui était arrivé le premier au tombeau.
Il vit, et il crut.
Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris
que, selon l’Écriture,
il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.

– Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaires


Ac 10


Cette catéchèse de l’apôtre Pierre se situe dans le cadre de sa rencontre avec le centurion
Corneille. Celui-ci est un romain sympathisant du Judaïsme, qui demande à voir Pierre suite à une révélation qu’il a reçue de Dieu. A travers lui, Pierre comprend que les païens peuvent entrer, eux aussi, dans la communauté de ceux qui croient au Christ, sans se plier aux lois et aux coutumes du Judaïsme. C’est un moment tout à fait central dans le livre des Actes des Apôtres. Le salut devient universel, ouvert à tous. Cela avait déjà été prophétisé dans le Premier Testament, mais la réalisation de cette prophétie se heurtait à de fortes résistances.


Si cette catéchèse nous est proposée par la liturgie en ce jour de Pâques, c’est parce qu’elle résume l’essentiel de la foi. C’est une sorte d’ébauche de Credo qui dit la vie terrestre de l’homme Jésus, sa consécration par l’Esprit Saint, sa victoire sur le mal et la présence de Dieu en lui, sa passion et sa mort et, surtout, sa Résurrection. Les apôtres sont les témoins de ces évènements, eux qui ont mangé et bu avec lui après sa Résurrection. Ils sont chargés de proclamer cette bonne nouvelle.

Jésus est aussi déclaré juge des vivants et des morts et auteur du pardon, ce qui complète ce credo primitif...

Suite à cette catéchèse, L’Esprit Saint tombera sur tous ceux qui écoutaient et Pierre
comprendra que le baptême est possible pour tous ceux qui croient, qu’ils soient d’origine juive ou païenne. Il ordonnera de les baptiser sur le champ.

Nous avons donc ici une catéchèse baptismale qui exprime l’essentiel de la foi. C’est par la foi, en effet, qu’on est sauvé, et non par l’appartenance à tel ou tel peuple. C’est de cette conviction que le christianisme s’est répandu dans le monde entier jusqu’à aujourd’hui. Nous sommes les bénéficiaires de cette rencontre entre Pierre et le centurion Corneille qui a suscité une prise de conscience de l’universalité du salut.

Un salut qui prend corps à travers les événements, les lieux, les rencontres. Ici, c’est à Césarée avec le centurion Corneille. Le livre des Actes des Apôtres regorge de ces événements-avènements par lesquels la grâce se fraie un chemin. Soyons-y attentifs aussi dans nos vies.

Dieu nous fait signe !

 

Col 3

 


Dans la première lecture, nous avons eu une catéchèse baptismale de Pierre, nous en avons maintenant une de Paul, l’autre pilier de l’Église.


Dans le chapitre précédant ce passage, Paul parle du baptême. Et c’est bien une instruction sur le baptême et ses conséquences qu’il prolonge ici.
« Vous êtes ressuscités avec le Christ ». Le baptême nous unit au Christ, nous configure à lui et nous fait partager sa vie.

Recherchez les réalités d’en-haut, c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu


Puisque le Christ a quitté ce monde, nous aussi, nous l’avons en quelque sorte quitté avec lui.


Jean écrira d’ailleurs que nous sommes dans le monde sans être du monde. Par la vie
baptismale, nous partageons la gloire du Christ. Nous sommes morts et ressuscités avec lui et notre vie appartient à un monde qui n’est plus tout à fait celui où nous vivons.

La lettre à Diognète, un magnifique texte anonyme du 2ème siècle dit ceci des chrétiens :

Ils passent leur vie sur la terre, mais ils sont citoyens du ciel... Ce que l’âme est dans le corps, les chrétiens le sont dans le monde.

L’épître aux hébreux dit aussi que nous sommes étrangers et voyageurs sur la terre.
Ainsi, la vie avec le Christ Ressuscité fait de nous des citoyens d’une patrie céleste. Nous
vivons encore ici-bas mais quelque chose de nous appartient déjà à l’au-delà.

A nous d’en tirer les conséquences pour nos choix de vie, nos actes, notre manière d’être et de témoigner. « Vous êtes passés de la mort à la vie » nous écrit Paul. C’est un donné qui est déjà là, et qui, en même temps, est encore en germe, en croissance, en déploiement progressif.

Cela ne nous dispense pas des épreuves ni même de la mort. Mais elles contiennent déjà, en elles-mêmes, un levain de résurrection.

 

Jn 20

 


« Le premier jour de la semaine »... C’est le jour d’une création nouvelle. Ce qui est en jeu est de l’ordre de l’inédit, de ce qui n’a jamais encore eu lieu jusqu’alors...


« Marie-Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu’il fait encore sombre »

Dans son coeur aussi, il fait encore sombre. Elle est encore dans les ténèbres de la mort de son Seigneur. Il lui faudra encore du temps pour que la lumière advienne en elle... Plus de temps, sans doute, que pour que l’aube se lève sur Jérusalem ce matin-là...
Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau, mais elle ne comprend pas . Elle part dire à Pierre et Jean : « On a enlevé le Seigneur et nous ne savons pas où on l’a mis »
Ce qui est beau, c’est que son premier réflexe est d’avertir la communauté. Au coeur du doute et des ténèbres, au coeur des questionnements, la communauté est une aide précieuse.

 

C’est ensemble, en Eglise, que la foi va se frayer un chemin dans le coeur des disciples. La
communauté qui avait semblé être totalement dispersée à la mort de Jésus a gardé une
consistance plus forte qu’on aurait pu le croire. Pierre a renié et Jean est resté au pied de la croix. Mais ce matin là, ils sont réunis...
Pierre et Jean partent au tombeau. Ils courent ensemble. Mais Jean, plus jeune sans doute, court plus vite. Vous connaissez peut-être la célèbre peinture d’Eugène Burnand intitulée :

Pierre et Jean courant au sépulcre le matin de la résurrection

 

Jean est devant, vêtu de blanc, déjà illuminé par une foi aux aguets. Pierre est juste derrière, vêtu de couleurs foncée, sans doute encore dans l’opacité de ses reniements... On perçoit une immense tensions dans leurs regards. L’aurore se dessine sur l’horizon. Jean a les mains jointes, Pierre a une main sur le coeur et l’autre semble indiquer le chemin qui reste à parcourir. Jean court plus vite. Sa foi aussi semble se frayer un chemin plus rapidement dans les ténèbres qui se dissipent peu à peu... Pierre a encore du chemin à faire... intérieurement autant qu’extérieurement...


Jean arrive donc le premier au tombeau. En se penchant, il voit que le linceul est resté là, mais il n’entre pas. Il semble qu’il laisse l’initiative à Pierre. Cela peut évoquer la primauté de Pierre, son autorité, sa responsabilité. Ses reniements n’ont pas supprimé l’appel qui lui a été fait, et qui sera réitéré un peu plus tard par le Christ ressuscité. Nos manquements n’enlèvent rien à l’appel de Dieu...
Pierre arrive et entre dans le tombeau. Il regarde le linceul resté là. D’après certains exégètes, il faudrait plutôt traduire le linceul « affaissé », comme s’il avait gardé sa forme et pas son volume.


Quant au linge qui avait recouvert la tête et roulé à part à sa place, il faudrait plutôt y voir le linge qui maintenait la tête et qui aurait gardé sa forme arrondie. Ces versets ont suscité de nombreuses nuances de traduction. Quoi qu’il en soit, le texte nous dit de Jean que quand il entra, il vit et il crut. Qu’a-t-il vu, exactement ? Il semble qu’il ait vu les linges funéraires dans une position propice à susciter sa foi. Les tissus s’étaient-ils tassés en restant en place, comme si le corps s’en était échappé sans les manipuler... C’est ce que semble suggérer le texte. C’est ce que semblent suggérer les recherches les plus récentes sur le linceul de Turin qui est loin d’avoir livré tous ses secrets... Le tissu ne comporte aucune trace d’arrachement, même microscopique. On dirait que le corps est passé à travers...

Jusque là, en effet, les disciples n’avaient pas vu que, d’après les Ecritures, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts


Jean reçoit un choc de sens. Alors que le jour se lève sur Jérusalem, la lumière jaillit dans son coeur. Jean est un contemplatif. Il lit dans ces tissus mortuaires dorénavant inoccupés ce que sa proximité avec Jésus lui a fait pressentir depuis longtemps sans arriver à son intellect. Jésus est celui qui EST, de toute éternité. La mort ne pouvait le retenir dans ses griffes. Les disciples reliront peu à peu les Ecritures à la lumière inédite de la Résurrection. Ils comprendront que tout avait été annoncé...
Ce dimanche matin, dans la lumière du printemps, regardons ces linges mortuaires désormais inutiles. Contemplons l’espace laissé vide dans le tombeau... Notre foi repose sur un vide, un creux, un espace... Elle n’est pas d’abord un contenu, mais un non-contenu. Elle n’est pas d’abord un dogme, mais une respiration, un souffle, un silence...
Prenons le temps de respirer cette brise légère et ténue...savourons la fraîcheur de ce nouveau matin...

 

Conclusion


Nous vous souhaitons une sainte et joyeuse fête de Pâques. « La pierre qu’ont rejetée les
bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’oeuvre du Seigneur, une merveille à nos
yeux », nous chante le psaume. Le Christ est ressuscité, il nous ouvre les portes de l’Eternité, dès maintenant et à jamais...

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