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Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 27, 11-54)
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Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 27, 11-54)

Un article rédigé par Père Arnaud Alibert (50463) - RCF, le 2 avril 2023  -  Modifié le 2 avril 2023
Prière du matin Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 27, 11-54)

Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Matthieu

Méditation de l'évangile (Mt 27, 11-54) par le père Arnaud Alibert

Chant final: "Hosanna" par le groupe EXO

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La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Matthieu

Les sigles désignant les divers interlocuteurs son les suivants :
X. = Jésus ; L = Lecteur ; D = Disciples et amis ; F = Foule ; A = Autres personnages.


    L. On fit comparaître Jésus devant Pilate, le gouverneur,
qui l’interrogea :
A. « Es-tu le roi des Juifs ? »
L. Jésus déclara :
X.  « C’est toi-même qui le dis. »
    L. Mais, tandis que les grands prêtres et les anciens l’accusaient,
il ne répondit rien.
    Alors Pilate lui dit :
A. « Tu n’entends pas tous les témoignages portés contre toi ? »
    L. Mais Jésus ne lui répondit plus un mot,
si bien que le gouverneur fut très étonné.
    Or, à chaque fête, celui-ci avait coutume de relâcher un prisonnier,
celui que la foule demandait.
    Il y avait alors un prisonnier bien connu, nommé Barabbas.
    Les foules s’étant donc rassemblées,
Pilate leur dit :
A. « Qui voulez-vous que je vous relâche :
Barabbas ? ou Jésus, appelé le Christ ? »
    L. Il savait en effet que c’était par jalousie qu’on avait livré Jésus.
    Tandis qu’il siégeait au tribunal,
sa femme lui fit dire :
A. « Ne te mêle pas de l’affaire de ce juste,
car aujourd’hui j’ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. »
    L. Les grands prêtres et les anciens poussèrent les foules
à réclamer Barabbas
et à faire périr Jésus.
    Le gouverneur reprit :
A. « Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? »
L. Ils répondirent :
F. « Barabbas ! »
    L. Pilate leur dit :
A. « Que ferai-je donc de Jésus
appelé le Christ ? »
L. Ils répondirent tous :
F. « Qu’il soit crucifié ! »
    L. Pilate demanda :
A. « Quel mal a-t-il donc fait ? »
L. Ils criaient encore plus fort :
F. « Qu’il soit crucifié ! »
    L. Pilate, voyant que ses efforts ne servaient à rien,
sinon à augmenter le tumulte,
prit de l’eau et se lava les mains devant la foule,
en disant :
A. « Je suis innocent du sang de cet homme :
cela vous regarde ! »
    L. Tout le peuple répondit :
F. « Son sang, qu’il soit sur nous et sur nos enfants ! »
    L. Alors, il leur relâcha Barabbas ;
quant à Jésus, il le fit flageller,
et il le livra pour qu’il soit crucifié.

    Alors les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus dans la salle du Prétoire
et rassemblèrent autour de lui toute la garde.
    Ils lui enlevèrent ses vêtements
et le couvrirent d’un manteau rouge.
    Puis, avec des épines, ils tressèrent une couronne,
et la posèrent sur sa tête ;
ils lui mirent un roseau dans la main droite
et, pour se moquer de lui, ils s’agenouillaient devant lui en disant :
F. « Salut, roi des Juifs ! »
    L. Et, après avoir craché sur lui, ils prirent le roseau,
et ils le frappaient à la tête.
    Quand ils se furent bien moqués de lui,
ils lui enlevèrent le manteau,
lui remirent ses vêtements,
et l’emmenèrent pour le crucifier.

    En sortant, ils trouvèrent un nommé Simon, originaire de Cyrène,
et ils le réquisitionnèrent pour porter la croix de Jésus.
    Arrivés en un lieu dit Golgotha,
c’est-à-dire : Lieu-du-Crâne (ou Calvaire),
    ils donnèrent à boire à Jésus du vin mêlé de fiel ;
il en goûta, mais ne voulut pas boire.
    Après l’avoir crucifié,
ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort ;
    et ils restaient là, assis, à le garder.
    Au-dessus de sa tête
ils placèrent une inscription indiquant le motif de sa condamnation :
« Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs. »
    Alors on crucifia avec lui deux bandits,
l’un à droite et l’autre à gauche.
    Les passants l’injuriaient en hochant la tête ;
    ils disaient :
F. « Toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours,
sauve-toi toi-même, si tu es Fils de Dieu,
et descends de la croix ! »
    L. De même, les grands prêtres se moquaient de lui
avec les scribes et les anciens, en disant :
    A. « Il en a sauvé d’autres,
et il ne peut pas se sauver lui-même !
Il est roi d’Israël :
qu’il descende maintenant de la croix,
et nous croirons en lui !
    Il a mis sa confiance en Dieu.
Que Dieu le délivre maintenant,
s’il l’aime !
Car il a dit :
‘Je suis Fils de Dieu.’ »
    L. Les bandits crucifiés avec lui l’insultaient de la même manière.

    À partir de la sixième heure (c’est-à-dire : midi),
l’obscurité se fit sur toute la terre
jusqu’à la neuvième heure.
    Vers la neuvième heure,
Jésus cria d’une voix forte :
X.  « Éli, Éli, lema sabactani ? »,
L. ce qui veut dire :
X.  « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
    L. L’ayant entendu,
quelques-uns de ceux qui étaient là disaient :
F. « Le voilà qui appelle le prophète Élie ! »
    L. Aussitôt l’un d’eux courut prendre une éponge
qu’il trempa dans une boisson vinaigrée ;
il la mit au bout d’un roseau,
et il lui donnait à boire.
    Les autres disaient :
F. « Attends !
Nous verrons bien si Élie vient le sauver. »
    L. Mais Jésus, poussant de nouveau un grand cri,
rendit l’esprit.

(Ici on fléchit le genou et on s’arrête un instant)

    Et voici que le rideau du Sanctuaire se déchira en deux,
depuis le haut jusqu’en bas ;
la terre trembla et les rochers se fendirent.
    Les tombeaux s’ouvrirent ;
les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent,
    et, sortant des tombeaux après la résurrection de Jésus,
ils entrèrent dans la Ville sainte,
et se montrèrent à un grand nombre de gens.
    À la vue du tremblement de terre et de ces événements,
le centurion et ceux qui, avec lui, gardaient Jésus,
furent saisis d’une grande crainte et dirent :
A. « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu ! »

Source : AELF

Méditation Père Arnaud Alibert

Nous entrons dans la semaine sainte par la lecture de la passion chez Matthieu.

Récit éprouvant qui raconte les dernières heures de Jésus et sa mort. Cette mort à laquelle l’Evangile tout entier nous prépare, page après page, mais sans y parvenir vraiment car elle reste toujours une énigme.

Ce matin, c’est la foule qui crie sa haine qui arrête mon attention.. Encore un peu, elle chanterait la mort de Jésus : “Crucifie-le. Cloue-le sur le bois d’une croix. Allez vas-y Pilate, cloue-le! “

Cette scène est proprement lamentable. Comment la comprendre?

Que vient faire cette foule haineuse dans la vie d’un homme qui a traversé le pays en faisant le bien. Qu’il y ait çà et là un incrédule, un grincheux, un désaxé qui déteste Jésus, à la limite, on s'y attend ! On est même étonné que pareille hostilité ne lui soit pas manifestée au long de l’évangile.

Mais une foule haineuse! d’où sort-elle?

A vrai dire, nos sociétés ne manquent pas de foules qui font du bruit. 

Quelles sont belles et rassurantes quand elles crient en faveur d'un idéal et non contre un clan. Oui, quelles sont touchantes quand elles sont un signe de liberté, de dignité, de générosité.

Mais bien trop souvent, les cris sont à la haine, la domination, l'égoïsme.

Dans le brouhaha de notre société, qui pourra entendre la voix du Christ qui nous dit: 

Je donne ma vie pour toi. Je n’ai pas pris le temps de chercher une raison, non, j’ai tout simplement voulu mourir par amour pour toi.

J’ai pris le mal du monde en pleine face puis sur mon épaule, enfin au creux de mes mains et en plein cœur. Tout ce mal du monde je l’ai pris avec moi pour qu’il ne règne plus chez toi.

Si nous n’envisageons pas cette semaine sainte, comme la manifestation de l’amour de Dieu, alors l’attitude des hommes autour de Jésus nous sera vite insupportable. Or, Jésus nous demande encore et toujours, des actes d’amour, envers notre prochain, notre voisin, malgré nos différences, malgré nos désaccords 

Car il nous faut la paix pour entendre les paroles d’amour murmurés à Pâques. Entrons en confiance dans la semaine sainte et laissons-nous gagner par la paix qui vient de Dieu.

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