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"Levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction ..." (Mt 14, 13-21)
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"Levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction ..." (Mt 14, 13-21)

Un article rédigé par Bernard Devert (50596) - RCF, le 7 août 2023  -  Modifié le 7 août 2023
Prière du matin "Levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction ..." (Mt 14, 13-21)

"Levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction ; il rompit les pains, il les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent à la foule"

 

Méditation de l'évangile (Mt 14, 13-21) par le père Bernard Devert

 

Chant final: "Voici Dieu qui vient à mon secours" par la communauté de Taizé

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Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    quand Jésus apprit la mort de Jean le Baptiste,
il se retira et partit en barque
pour un endroit désert, à l’écart.
Les foules l’apprirent
et, quittant leurs villes, elles suivirent à pied.
    En débarquant, il vit une grande foule de gens ;
il fut saisi de compassion envers eux et guérit leurs malades.

    Le soir venu,
les disciples s’approchèrent et lui dirent :
« L’endroit est désert et l’heure est déjà avancée.
Renvoie donc la foule :
qu’ils aillent dans les villages s’acheter de la nourriture ! »
    Mais Jésus leur dit :
« Ils n’ont pas besoin de s’en aller.
Donnez-leur vous-mêmes à manger. »
    Alors ils lui disent :
« Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons. »
    Jésus dit :
« Apportez-les moi. »
    Puis, ordonnant à la foule de s’asseoir sur l’herbe,
il prit les cinq pains et les deux poissons,
et, levant les yeux au ciel,
il prononça la bénédiction ;
il rompit les pains,
il les donna aux disciples,
et les disciples les donnèrent à la foule.
    Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés.
On ramassa les morceaux qui restaient :
cela faisait douze paniers pleins.
    Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille,
sans compter les femmes et les enfants.

Source : AELF

Méditation Père Bernard Devert

N’entendez-vous pas, dit Jésus aux disciples, la question s’adresse bien sûr à nous.

Jésus demande de faire attention au levain des pharisiens et à celui d’Hérode qui stigmatise les mauvaises inclinaisons de l’homme. Mais les disciples comprennent le levain du pain, pour être préoccupés par ce pain qui leur manque ; ils ont peur de manquer.

Quelle distance entre Jésus et ses auditeurs ! Rejoignant les disciples sur leur terrain, Jésus oriente la Parole vers un bouleversement inattendu avec deux chiffres : 7 et 12.

Que reste-t-il, leur demande-t-il, après la multiplication des pains ? Sept corbeilles et douze poissons ; mais « ce petit reste », que signifie-t-il ? Que le pain de vie ne manquera jamais, mais alors pourquoi tout garder quand d’autres crient leur attente pour ne rien avoir.

Sept corbeilles, douze poissons : permettez-moi de faire un lien avec ces logements que recherchent tant de frères en difficulté qui, à la croisée des chemins, s’interrogent : une espérance est-elle encore possible ; ils osent croire en nous, allons-nous les décevoir ?

Des logements, certes, manquent ; il nous faut observer que plus de 400 000  sont vacants dans les 8 premières agglomérations de notre Pays. Ce qui manque ne serait-ce pas cette confiance à partir de laquelle, acceptant de ne pas rester crispés sur des avoir, ou encore de ne pas enfermer l’avenir, nous acceptions de faire place à ceux qui n’en ont pas.

La foi est toujours une dé-possession, un dé-placement.

Dieu est un passionné de l’échange.

Nos jours sont dans la main de Dieu, dit le psalmiste, mais ceux de Dieu ne sont-ils pas dans la nôtre. Si Dieu a mal de voir que certains de ses enfants n’ont aucun abri : « J’ai vu la misère de mon peuple », nous, voyons-nous celle de nos frères ?

Nous voici appelés à devenir plus humains, c’est-à-dire plus tendres, mais aussi plus libres et responsables pour faire émerger « un autrement », dans le présent de notre histoire.

Que reste-t-il après la multiplication des pains ? Que reste-t-il après l’expérience d’un tel partage si ce n’est une espérance qui pour reprendre les mots de Péguy « toujours commence ».

Rappelons-nous Etty Hillesum : j’ai compris, dit-elle à Dieu, nous allons t’aider. Quel magnifique échange pour être celui de la confiance.

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