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"Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ..." (Jn 21, 1-14)
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"Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ..." (Jn 21, 1-14)

Un article rédigé par Mgr Emmanuel Gobilliard (50843) - RCF, le 1 mai 2022  -  Modifié le 1 mai 2022
Prière du matin "Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ..." (Jn 21, 1-14)

"Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson"

Méditation de l'évangile (Jn 21, 1-14) par Mgr Emmanuel Gobilliard

Chant final: "Seigneur Jésus tu sais tout" par la communauté du Chemin Neuf

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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
    Jésus se manifesta encore aux disciples
sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment.
    Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre,
avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau),
Nathanaël, de Cana de Galilée,
les fils de Zébédée,
et deux autres de ses disciples.
    Simon-Pierre leur dit :
« Je m’en vais à la pêche. »
Ils lui répondent :
« Nous aussi, nous allons avec toi. »
Ils partirent et montèrent dans la barque ;
or, cette nuit-là, ils ne prirent rien.

    Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage,
mais les disciples ne savaient pas que c’était lui.
    Jésus leur dit :
« Les enfants,
auriez-vous quelque chose à manger ? »
Ils lui répondirent :
« Non. »
    Il leur dit :
« Jetez le filet à droite de la barque,
et vous trouverez. »
Ils jetèrent donc le filet,
et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer,
tellement il y avait de poissons.
    Alors, le disciple que Jésus aimait
dit à Pierre :
« C’est le Seigneur ! »
Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur,
il passa un vêtement,
car il n’avait rien sur lui,
et il se jeta à l’eau.
    Les autres disciples arrivèrent en barque,
traînant le filet plein de poissons ;
la terre n’était qu’à une centaine de mètres.

    Une fois descendus à terre,
ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise
avec du poisson posé dessus,
et du pain.
    Jésus leur dit :
« Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. »
    Simon-Pierre remonta
et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons :
il y en avait cent cinquante-trois.
Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré.
    Jésus leur dit alors :
« Venez manger. »
Aucun des disciples n’osait lui demander :
« Qui es-tu ? »
Ils savaient que c’était le Seigneur.
    Jésus s’approche ;
il prend le pain
et le leur donne ;
et de même pour le poisson.
    C’était la troisième fois
que Jésus ressuscité d’entre les morts
se manifestait à ses disciples.

Source : AELF

Méditation Mgr Emmanuel Gobilliard

Jésus s’adresse aux disciples, c’est-à-dire à chacun d’entre nous. Avez-vous compté combien ils sont ? Les trois premiers sont cités. Pierre, celui qui a trahi, le pêcheur du lac et en même temps le chef des apôtres. Il représente déjà un peu l’institution. Thomas, celui qui a douté. Il représente tous ceux dont la foi semble mal assurée, qui ont du mal à faire confiance, ceux qui veulent des preuves et finalement chacun d’entre nous qui hésitons et essayons de nous dépêtrer tant bien que mal avec un credo dont nous ne comprenons pas tout. Et puis il y a Nathanaël. L’homme franc et droit, qui inspire confiance et ne sait pas mentir. Il y a un peu de chacun de nous dans ces trois apôtres, si bien choisis par Jésus pour nous représenter. Et puis il y aussi les fils de Zébédée et deux autres disciples. Le nombre total est de 7, comme les 7 Églises de l’Apocalypse, comme l’Église dans sa totalité. Nous sommes tous là, appelés par Jésus. Appelé par lui et pourtant nous ne le reconnaissons pas. Peut-être prend-il la voix et l’apparence de quelqu’un d’autre, de mon voisin, de ma sœur, de ma grand-mère, de mon collègue de travail, de mon ennemi. Ils savent que c’est lui, mais ils ne le reconnaissent pas. Oui nous le savons, Jésus est présent en chacun de nous mais nous avons tellement de mal à le reconnaitre. Donc pour résumer mon premier point, les disciples, c’est chacun d’entre nous et Jésus, c’est chacun de ceux que nous rencontrons.

Le deuxième point que je voudrais souligner, c’est combien Jésus nous précède, nous devance, avec une infinie délicatesse. Il y a déjà du poisson, qui en plus est en train de cuire, et Jésus demande aux apôtres de lui en apporter encore. Jésus n’a pas besoin de nous et pourtant il nous demande de l’aider. Il peut tout faire, mais il nous demande de participer ; il réclame notre participation. Il ne peut pas nous sauver sans nous.

Le troisième point que je voudrais souligner, pour que nous comprenions mieux le texte, concerne les verbes employés par Jésus, et que notre pauvre langue française rend si mal. Cette réflexion va nous faire entrer au cœur de ce que Jésus veut nous dire dans cet Evangile. Par trois Jésus demande à Pierre, « m’aimes-tu ? » mais les deux premières, c’est en employant le verbe agapao : m’aimes-tu d’un amour total, inconditionnel au point de donner ta vie pour moi ? et la troisième fois, Jésus emploie le mot phileo : qui signifie un amour moins fort. Le Pape Benoît XVI commentait : « Simon comprend alors que son pauvre amour suffit à Jésus, l'unique dont il est capable... On pourrait dire que Jésus s'est adapté à Pierre, plutôt que Pierre à Jésus ! C'est précisément cette adaptation divine qui donne de l'espérance au disciple, qui a connu la souffrance de l'infidélité. C'est de là que naît la confiance qui le rendra capable de suivre le Christ jusqu'à la fin. »

A Gethsémani, trois fois les apôtres se sont endormis, trois fois Pierre a trahi, trois fois Jésus est tombé pour offrir ces trois faiblesses, ces trois trahisons, pour les rejoindre, pour les porter. Acceptons que Jésus tombe pour nous, laissons-nous toucher par ces trois chutes. Laissons Jésus rejoindre notre pauvre amour, alors nous pourrons nous laisser ressusciter par lui, nous pourrons lui dire « Seigneur Je t’aime...comme je peux, mais je t’aime quand même ! »

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