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« Ils disent et ne font pas » (Mt 23, 1-12)
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« Ils disent et ne font pas » (Mt 23, 1-12)

Un article rédigé par Gobilliard Emmanuel (Monseigneur) (57834) - RCF, le 27 février 2024  -  Modifié le 27 février 2024
Prière du matin « Ils disent et ne font pas » (Mt 23, 1-12)

« Ils disent et ne font pas »

Méditation de l'évangile (Mt 23, 1-12) par Mgr Emmanuel Gobillard

Chant final "Le chant du Père" par Glorious

David-Zawila-UNSPLASH David-Zawila-UNSPLASH

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus s’adressa aux foules et à ses disciples,
et il déclara :
« Les scribes et les pharisiens
enseignent dans la chaire de Moïse.
Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire,
faites-le et observez-le.
Mais n’agissez pas d’après leurs actes,
car ils disent et ne font pas.
Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter,
et ils en chargent les épaules des gens ;
mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt.
Toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués des gens :
ils élargissent leurs phylactères
et rallongent leurs franges ;
ils aiment les places d’honneur dans les dîners,
les sièges d’honneur dans les synagogues
et les salutations sur les places publiques ;
ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi.
Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi,
car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner,
et vous êtes tous frères.
Ne donnez à personne sur terre le nom de père,
car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux.
Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres,
car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ.
Le plus grand parmi vous sera votre serviteur.
Qui s’élèvera sera abaissé,
qui s’abaissera sera élevé. »

Source : AELF
 

Méditation par Mgr Emmanuel Gobillard

Comment pouvons-nous vivre cet évangile, particulièrement nous, les prêtres, les évêques, qu’on appelle père, qu’on regarde souvent comme des enseignants, des maîtres ? La réponse est toujours la même. En essayant de ressembler à Jésus. Il allait à la rencontre des gens, tout simplement, sans les juger, sans jamais les rabaisser, mais en leur signifiant que Dieu les aime d’un amour infini et les accueille toujours. Et il reproche justement aux pharisiens de faire l’inverse, de se prendre pour Dieu, de juger à la place de Dieu alors que souvent ils portent un péché plus lourd, plus grave et aux conséquences beaucoup plus dramatiques, que ceux qu’ils croient condamner. Parce qu’ils empêchent les gens d’avoir accès à Dieu. La pastorale, le sens de la vocation de tout ministre consacré, comme de tout acteur pastoral, c’est de faire le lien entre les gens et Dieu, leur permettre de rencontrer celui qui est doux et humble de cœur, celui qui réconforte, qui pardonne, qui encourage et qui fait confiance comme il a fait confiance à Pierre, le premier pape. Heureusement que Jésus ne l’a pas jugé, comme les pharisiens juge les grands pécheurs qu’il était que nous sommes tous. Comment pourrions-nous refuser la miséricorde de Dieu à ceux qui en ont tant besoin, nous qui l’avons tant reçu, qui avons tellement bénéficier de cette miséricorde. La stupéfiante miséricorde de Dieu, c’est qu’il nous fait confiance, qu’il compte sur nous, malgré notre indignité, nos faiblesses et notre péché.

Notre mission est donc, comme Jésus de rejoindre les gens tels qu’ils sont, sans vouloir qu’ils soient autrement, qu’ils vivent autre chose, les rejoindre où ils sont, sans les juger, sinon nous risquerions de commettre ce qui, pour un pasteur constitue un grave péché : les priver de Dieu, leur donner une fausse image de Dieu, les empêcher de se laisser aimer par celui qui a donné sa vie pour eux. La pastorale c’est de faire le lien ! De les rejoindre, sans aucun a priori, même s’ils sont loin, dans les trous des pauvres comme aimait à le dire mère Térésa, dans les combats et les contradictions. N’ayons pas peur de nous salir les mains, les pieds, de risquer notre vie peut être, notre dignité souvent, enfin, ce que nous croyons être notre dignité. Éloignons-nous des postures trop faciles, trop manichéennes. Mais n’oublions pas aussi, lorsque nous les avons rejoints, de les conduire à Jésus. Lorsque nous les avons rejoints nous n’avons fait qu’une petite partie du travail. Allons jusqu’au bout, parce que ce n’est pas nous qui les sauvons, qui les guidons, c’est Jésus, leur unique sauveur, leur unique maitre qui saura surement les conduire vers leur unique Père

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©RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
Prière du matin

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