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"Il parlait du sanctuaire de son corps" (Jn 2, 13-22)
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"Il parlait du sanctuaire de son corps" (Jn 2, 13-22)

Un article rédigé par Antoni Sébastien (Père) (57489) - RCF, le 9 novembre 2022  -  Modifié le 9 novembre 2022
Prière du matin "Il parlait du sanctuaire de son corps" (Jn 2, 13-22)

"Il parlait du sanctuaire de son corps"

Méditation de l'évangile (Jn 2, 13-22) par le père Sébastien Antoni

Chant final: "Mon âme a soif du Dieu vivant" par la communauté de l'Emmanuel

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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Comme la Pâque juive était proche,
Jésus monta à Jérusalem.
    Dans le Temple, il trouva installés
les marchands de bœufs, de brebis et de colombes,
et les changeurs.
    Il fit un fouet avec des cordes,
et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs ;
il jeta par terre la monnaie des changeurs,
renversa leurs comptoirs,
    et dit aux marchands de colombes :
« Enlevez cela d’ici.
Cessez de faire de la maison de mon Père
une maison de commerce. »
    Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit :
L’amour de ta maison fera mon tourment.
    Des Juifs l’interpellèrent :
« Quel signe peux-tu nous donner
pour agir ainsi ? »
    Jésus leur répondit :
« Détruisez ce sanctuaire,
et en trois jours je le relèverai. »
    Les Juifs lui répliquèrent :
« Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire,
et toi, en trois jours tu le relèverais ! »
    Mais lui parlait du sanctuaire de son corps.

    Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts,
ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ;
ils crurent à l’Écriture
et à la parole que Jésus avait dite.

Source : AELF

Méditation Père Sébastien Antoni

 Que vendent-ils, les marchands du Temple ? De ce passage de l’Évangile de Jean, l’inconscient collectif aura retenu la part la plus pauvre, et inexacte de surcroît : l’argent, ce n’est pas bien. Or l’argent est un moyen plutôt astucieux pour réglementer certaines transactions humaines. Que vendent donc les marchands du Temple ? Ils vendent une monnaie animale pour le sacrifice. Ce faisant, ils monnayent le pardon, la miséricorde. Ils vendent Dieu. Jésus ne se serait sans doute pas mis dans un tel état s’ils avaient été de simples petits marchands de pains au chocolat, profitant de l’affluence au Temple pour arrondir leur fin de mois. Ou des vendeurs de vierge en plastiques dans des sanctuaires bien connus… non eux ils vendent Dieu et sa miséricorde… Ces hommes-là font commerce de la grâce, et c’est un tel contresens que c’en est insupportable. Ils font obstacle à l’Évangile, à cette Bonne Nouvelle d’une relation gratuite à Dieu Jésus, dans sa colère, n’affirme rien d’autre que ce que le psalmiste exprime déjà : « Tu n’as désiré ni sacrifice ni offrande / Tu m’as ouvert les oreilles / Tu n’as demandé ni holocauste ni sacrifice pour le péché / Alors je dis : Voici, je viens / Avec le rouleau du livre écrit pour moi / Je prends plaisir à faire ta volonté, mon Dieu / Et ta loi est au fond de mon cœur » (Ps 40,7-9). Dieu n’est pas un Dieu de dogme mais un dieu de grâce… Que l’homme imagine des rituels pour rendre compte de cette relation privilégiée au Créateur, qu’il érige des temples et conduise des offices pour réserver de son temps et de son espace au regard de Dieu sur lui, cela est juste et bon. Mais qu’il retourne ce besoin contre Dieu lui-même en conditionnant la relation à des formalités religieuses, voilà une dérive qui peut rapporter aux monnayeurs mais qui coûte cher à Dieu. Un jour ces fossoyeurs de la grâce seront chassés à coup de fouet par Dieu lui-même….

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