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Diocèse de Vannes : cinq jeunes hommes seront ordonnés prêtres le 19 juin

Diocèse de Vannes : cinq jeunes hommes seront ordonnés prêtres le 19 juin

RCF Sud Bretagne, le 15 juin 2022  -  Modifié le 17 juin 2022

Jour de fête ce dimanche dans le diocèse de Vannes ! Cinq jeunes hommes seront ordonnés prêtres. La célébration, présidée par notre évêque Mgr Centène aura lieu à 15h30 à la basilique de Sainte Anne d'Auray, nous la retransmettrons en direct.
 

Gildas Colas des Francs, Matthieu Vannier, Thibault de Bruyn, Guillaume Porrot et Louis-Marie Lefeuvre se prosternent lors de leur ordination diaconale à la cathédrale de Vannes ©Diocèse de Vannes Gildas Colas des Francs, Matthieu Vannier, Thibault de Bruyn, Guillaume Porrot et Louis-Marie Lefeuvre se prosternent lors de leur ordination diaconale à la cathédrale de Vannes ©Diocèse de Vannes

Cinq diacres ordonnés prêtres dimanche 19 juin

  • Guillaume Porrot : « Tu nous as fait pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi. »
     
Guillaume Porrot, 39 ans

Cette phrase de Saint Augustin a été, pour Guillaume, le déclencheur qui l’a amené à se tourner vers le Seigneur. 

 

Comment est née votre vocation ?


J’ai grandi à Saint-Gonnery, entouré de ma famille, un frère et deux petites sœurs, et de mes amis. Vie au grand air, longues parties de foot, pêche, cabanes : mon enfance a été très heureuse. L’été, je participais avec bonheur aux camps animés par mon institutrice qui était aussi l’animatrice en pastorale de la paroisse. Très pieux, j’ai nourri ma relation au Seigneur dès mon plus jeune âge, récitant chaque jour prières et chapelet. À l’âge de 8 ans, j’ai reçu l’appel à devenir prêtre. Pourtant, ma vie de foi n’était pas enracinée dans l’Église. J’allais à la messe chaque dimanche.
Mon adolescence a été mouvementée. Je me cherchais et me sentais écartelé entre mes fortes convictions intérieures, ma soif de parler de Dieu, et mes fréquentations parfois peu recommandables et très loin de la foi, qui m’ont emmené sur des chemins escarpés et dangereux.
Sentant le besoin de m’ancrer dans le réel, j’ai préparé un BTS de chef de chantier. J’ai ensuite travaillé dix ans dans les métiers du bâtiment, dix années instables où j’ai changé plusieurs fois d’entreprise avec l’impression de ne pas être à ma place. Je restais fidèle au chapelet quotidien, j’allais à la messe en semaine dès que possible, mais construisais ma foi de façon très personnelle et subjective, sans support extérieur, sans assise dans l’Église. Et j’avais peur de concrétiser mon appel à la prêtrise.
Le décès de ma maman, en 2014, a été un coup de massue et m’a poussé à prendre ma vie en main. J’ai fait une retraite de discernement, au cours de laquelle j’ai reçu une réponse évidente du Seigneur. Mais il m’a fallu plusieurs mois avant de me décider à entrer en année de propédeutique à Sainte-Anne-d’Auray. J’ai ensuite suivi toute ma formation au séminaire Saint-Yves de Rennes.


Comment se passe votre année diaconale ?


C’est une année de transition importante pour moi. Ma présence régulière et engagée dans la paroisse de Theix m’a permis de me jeter à l’eau une seconde fois après mon entrée au séminaire. Je suis trois semaines par mois sur le terrain. J’accompagne la préparation aux sacrements des collégiens, le service évangélique des malades, les personnes âgées. Je célèbre des baptêmes, des obsèques, je prépare deux couples au mariage. Il a fallu que j’ose me lancer malgré mon inexpérience et je découvre des potentialités en moi que je n’imaginais pas ! Je me donne avec mes forces et mes faiblesses, en m’appuyant sur la communauté chrétienne qui m’entoure et m’aide à progresser. J’essaie de partir du réel, de regarder cette communauté telle qu’elle est et l’aimer. Je fais l’expérience de la vie d’Église ! Mon curé m’invite à être ancré dans la vie des gens, à témoigner par ma personne plus que par des discours.
Le père René-Luc utilise une image qui résume bien ce que j’ai découvert en devenant diacre : pour voir le chemin que l’on doit prendre, il faut imaginer qu’on roule sur un vélo équipé d’un phare à dynamo : pour voir clair, il faut pédaler ! Le prêtre se sanctifie dans son ministère, dans la mission qu'il reçoit de son évêque. Et je constate qu’en pédalant chaque jour dans ma paroisse, malgré quelques vents contraires, le Seigneur me donne sa grâce et sa force et une vision de plus en plus claire de ce que je dois faire, dire ou taire. Je laisse le Seigneur habiter ma vie de plus en plus, à partir de sa parole que je médite au quotidien.


Être ordonné prêtre, qu’est-ce que cela va changer pour vous ?

 

Je ressens une certaine impatience en arrivant au but après tant de détours. Je suis heureux de m’engager définitivement pour l’Église qui s’engage elle aussi à mes côtés. Je serai l’instrument de Dieu, éternellement, pour que sa vie et son amour eucharistique demeurent dans le monde.
Cela change tout pour moi ! Je serai toujours un homme mais je ne serai plus jamais le même parce que ma vie est donnée éternellement au Christ. Je suis le signe vivant de cette éternité de Dieu. C’est un grand mystère qui me remplit de joie tout en me dépassant totalement.

 

  • Matthieu Vannier : « Le fruit de notre travail est porté par l'Église. »

 

Matthieu Vannier

 

Originaire de Plouharnel, Matthieu Vannier est l’aîné d’une famille de quatre enfants. Ordonné diacre le 5 septembre 2021, il a été envoyé en paroisse à Pontivy, tout en poursuivant sa formation au séminaire de Rennes.


En quelques mots votre parcours vocationnel ?


Neuf belles années de formation s’achèvent. Elles ont commencé en 2013, avec mon entrée en propédeutique à Sainte-Anne-d’Auray, puis mes cinq années au séminaire Notre-Dame de Vie (Venasque) rythmées par les stages et, enfin, mon arrivée à Pontivy il y a 2 ans, en insertion paroissiale.
Cette longue formation nous prépare au ministère ordonné et laisse en même temps plein de surprises. Nous découvrirons vraiment la profondeur du ministère sacerdotal quand nous serons prêtres. Certes, nous connaissons l’Église locale mais une part de mystère demeure : une nomination ou une mission particulière qui nous serait confiée peut venir chambarder nos repères... Après ces neuf années, je crois que je suis prêt à me laisser surprendre !


Qu’avez-vous découvert et approfondi durant cette année diaconale ?


Cette année m’a un peu bousculé par rapport à la précédente car j’ai dû retourner à l’école. Une semaine par mois, avec mes confrères diacres du diocèse de Vannes, nous avons suivi les cours au séminaire de Rennes sur la célébration des sacrements de l’eucharistie, de la confession, de l’onction des malades. Ce sont des choses nouvelles que nous accompagnons comme diacres et que nous serons amenés à célébrer en tant que prêtres. Je pense aussi aux obsèques qui représentent une part conséquente de notre mission. À travers l’accompagnement des funérailles, nous entrons dans l’identité du pasteur ; les personnes nous voient comme le référent du Christ, celui qui est le plus à même d’écouter et de comprendre leurs questionnements. Nous apprenons aussi à jouer un rôle d’accompagnement et de pivot au sein d’une équipe de préparation.
Sur le plan pastoral, j’ai continué la mission commencée l’an dernier auprès des jeunes du patronage et au sein de diverses aumôneries, avec cette dimension nouvelle donnée par le ministère diaconal : adoration eucharistique, accompagnement de diverses démarches.
Par ailleurs, j’ai célébré des baptêmes et j’ai pu expérimenter la prédication, en semaine ou lors de la messe dominicale. C’est un exercice auquel nous sommes formés au séminaire de Rennes : structurer une homélie, prendre la parole, etc. Ce sont des premiers pieds à l’étrier pour la suite, le but étant d’entrer dans le ministère presbytéral avec toutes les clés pour ouvrir les portes qui nous attendent.
Cette année de synthèse vocationnelle nous fait voir les fruits produits en nous par l’Esprit-Saint durant ce temps de formation, cette maturation dans la prière. La découverte la plus marquante pour moi est que le fruit de notre travail, c’est l’Église qui le porte. Quoi que nous entreprenions, l’Église est avant, pendant et après. Jouer une partition de son côté ne sert qu’à faire un grand bruit… suivi d’un grand silence. Si elles ne sont pas portées par l’Église, par la communauté chrétienne qui nous accueille, nos initiatives et nos actions demeurent seules, comme le grain de blé qui tombe en terre et ne meurt pas.


Votre état d’esprit avant l’ordination ?


Une grande joie est d’être ordonné avec mes frères que j’ai appris à connaître, à aimer et avec lesquels je vis la mission. Ces amitiés vont durer et seront vraiment au service de la mission ; c’est le début d’une grande aventure ! Fort de cela et dans la continuité de ma formation, j’irai sereinement à Sainte-Anne-d’Auray le 19 juin.
Nous avons cette chance dans le diocèse de Vannes d’avoir une grande variété de frères. La proximité avec de nombreux confrères à la fois dans la vie de prière et dans le zèle à propager l’Évangile me motive et réjouit. Dans le pays de Pontivy, tous les prêtres du doyenné sont heureux de se retrouver pour un repas hebdomadaire, le mercredi. C’est un exemple marquant que je reçois de futurs confrères. Malgré leur diversité de sensibilité et de vision pastorale, ils œuvrent ensemble pour l’évangélisation du peuple pontivyen, avec ce même désir d’annoncer Jésus et de Le faire connaître. J’ose croire que cette joie sera aussi la mienne quand je serai ordonné prêtre et envoyé en mission où Dieu seul le sait !

  • Thibault de Bruyn : « L'Esprit Saint nous devance. »

 

Thibault de Bruyn


Ordonné diacre le 5 septembre 2021, Thibault de Bruyn a passé son année d’insertion diaconale à la cathédrale de Vannes.


Quel a été votre parcours jusqu’à cette année diaconale ?


Je suis né dans une famille profondément chrétienne. Ma vocation a grandi grâce à mon engagement de servant d’autel. J’ai servi la messe dès l’âge de 6 ans et jusqu’à mon entrée en propédeutique à 21 ans. C’est au cours d’une messe, vers 8-9 ans, que j’ai senti intérieurement que je serai prêtre un jour. Cet appel au sacerdoce, étouffé pendant mon adolescence, est réapparu en terminale pour se concrétiser trois ans plus tard lorsque je suis entré en propédeutique à Sainte-Anne-d’Auray. Pendant toutes ces années, j’ai été porté par le fait d’être au plus proche du mystère de la messe par le service et de côtoyer les prêtres. Les voir tels qu’ils sont, avec leur caractère, leurs qualités et leurs défauts, m’a permis de comprendre qu’il n’y a pas besoin d’être parfait pour être prêtre.
J’ai ensuite suivi toute ma formation au séminaire de Notre-Dame de Vie à Vénasque, hormis un stage d’un an en Tunisie. Je suis rentré dans le diocèse en juin 2021.


Comment se passe votre année diaconale ?


Je suis heureux à la paroisse cathédrale. La vie quotidienne, très différente de celle du séminaire, est familiale, fraternelle : avec mon curé, le père Patrice Marivin, nous prenons nos repas et prions les offices ensemble.
Former les personnes, essayer de me rendre proche de chacun, sont le cœur de mon année diaconale. Je suis en mission auprès des jeunes, à l’école Jeanne-d ’Arc où je me rends régulièrement et au lycée Saint-François-Xavier dans lequel j’anime plusieurs ateliers pour les Premières. Ce sont de beaux lieux de rencontres et d’échange. J’accompagne un groupe d'adultes qui redécouvrent la foi et les sacrements. Ils ont soif de Dieu et de formation, c’est très stimulant. Je suis aussi le chœur Triforium, composé de jeunes professionnels.
Dans cette paroisse très vivante, j’apprends à appliquer le conseil de mon supérieur de séminaire : entretenir le saint « non » de Jésus ! Savoir dire non est parfois difficile car je suis sollicité dans tous les domaines et j’aimerais pouvoir être partout. Mais il faut avoir la sagesse de trouver un équilibre. La confiance mutuelle qui me lie à mon curé est une aide précieuse pour discerner à quel endroit je vais être le plus fécond. Et nous avons pris l’habitude de nous retrouver une fois par mois entre diacres en vue du sacerdoce. Ces rencontres nous soutiennent les uns les autres.


Être ordonné prêtre en 2022 dans une Église en crise ne vous fait pas peur ?


Je ne sais pas de quoi sera fait mon ministère, où je serai envoyé, ce qui peut arriver, mais aujourd’hui, je ne me projette pas, comme prêtre, dans un avenir incertain. Je m’abandonne à Dieu, je lui fais confiance. Et je veux continuer à essayer de rejoindre simplement la personne qui est en face de moi, qu’elle soit proche ou loin de l’Église en me demandant comment l’aider à faire un pas.
Lors du symposium sur le sacerdoce à Rome, en février dernier, le pape François a appelé les prêtres à cultiver la proximité avec le peuple de Dieu, avec leur évêque et les autres prêtres.

Cette proximité, cette fraternité entre nous tous me semble être la clé. Si nous sommes unis, nous pouvons nous mettre ensemble à l’écoute de l’Esprit Saint et recréer une dynamique d’évangélisation à tous les niveaux. L’Esprit Saint nous devance, il travaille les cœurs des personnes auprès desquelles il nous envoie. Savoir qu’il nous attend pour une petite partie du travail mais qu’il accomplit la plus grande me met dans la paix. Le Seigneur dirige et porte le monde, pas moi. S’abandonner à Dieu est un bon antidote à la désespérance.

  • Gildas Colas des Francs : « Comprendre que je suis à la place où Dieu me veut me rend heureux ! »

 

Gildas Colas des Francs

Quel a été votre parcours ?


J’ai grandi à Plœmeur dans une famille catholique pratiquante. Après une bonne crise d’adolescence au collège, j’ai intégré les scouts d’Europe de Lorient où j’ai découvert des jeunes catholiques de mon âge priants et fiers de leur foi. J’ai eu envie de les imiter et, au bout de quelques années, j’ai eu l’impression d’être l’un de ceux qui priaient le plus dans la troupe. Je me suis alors demandé si je n’étais pas appelé à devenir prêtre. Cette question ne m’a plus quitté, elle m’a poursuivi tous les soirs pendant six ans. Après deux ans au prytanée militaire, j’ai fait un an de prépa à Nantes avant d’intégrer l’ESTP (École
supérieure des travaux publics) à Paris. Pendant ces années, ma foi n’a cessé de grandir et j’ai été libéré de la peur de devenir prêtre. Certaines nuits, je ne dormais plus, m’imaginant déjà, avec joie, prêcher l’amour de Dieu ! Durant mon cursus à l’ESTP, je suis devenu chef de la troupe scoute de Lorient et président de l’aumônerie de l’école.
À la fin de ces années d’étude, la question de mon appel restait permanente, il me fallait y répondre avant de m’engager dans le monde. J’ai alors franchi le pas et suis entré en propédeutique à Sainte-Anne-d’Auray. J’ai ensuite fait quatre ans au séminaire de Rennes puis une année de stage dans les banlieues nord de Marseille avec la fraternité Bernadette. J’ai poursuivi ma formation sur le terrain, dans la paroisse de Muzillac où je suis encore aujourd’hui, tout en suivant des cours à la faculté de théologie d’Angers.


Comment avez-vous vécu votre année diaconale ?


Comme un moment de bonheur, bien que mon discernement vocationnel n’ait pas été de tout repos pendant mes années de séminaire. J’ai reçu une grâce de joie et de paix lors de mon ordination diaconale, grâce qui a été une source de réconfort cette année. Comprendre que je suis à la place où Dieu me veut me rend heureux.
J’ai été très chaleureusement accueilli à Muzillac, et tout de suite intégré à l’équipe pastorale de la paroisse. Ma mission auprès des jeunes est une de mes grandes joies. Je passe dans deux écoles primaires et au collège chaque semaine. Mon expérience de chef scout facilite le contact avec les enfants qui m’identifient facilement grâce à mon habit. Je joue avec eux dans la cour, ils m’interpellent quand ils me croisent dans la rue, ce qui rend plus cohérentes ensuite les séances de catéchisme dans les classes où je suis accueilli par autant de sourires que d’élèves.

Le diaconat m’a apporté la prédication, c’est le point qui me marque le plus cette année. Prêcher dans les églises me donne beaucoup de bonheur et travailler ma pédagogie m’oblige à clarifier ma propre pensée.
J’ai aussi la joie de pouvoir célébrer des baptêmes et de transmettre l’espérance du salut et la fidélité de Dieu envers tout pécheur, lors des célébrations d’obsèques.
Être consacré à Dieu et configuré au Christ serviteur de manière publique me pousse à agir en cohérence avec cette mission. Au quotidien, j’essaie de grandir en sainteté dans les détails, les
plus basiques, en me laissant conduire par l’Esprit Saint, et de motiver les personnes qui m’entourent.


Comment appréhendez-vous votre ordination sacerdotale ?


Mon état intérieur n’a pas changé depuis mon ordination diaconale : je me sens serein, en paix.
Je vais vers le but que Dieu m’a fixé, ce qui est source d’une très grande joie.
Je voudrais remercier toutes les personnes qui prient pour les vocations, pour les prêtres et les séminaristes. L’Église requiert des prêtres, les prêtres ont besoin d’être soutenus et les séminaristes vivent des combats liés au discernement. Nous avons vraiment besoin de prières.

  • Louis-Marie Lefeuvre : « On ne perd strictement rien à dire oui au Seigneur. »

 

Louis-Marie Lefeuvre

Après un parcours de 17 ans, Louis-Marie Lefeuvre, 38 ans, va enfin être ordonné prêtre. Une étape qu'il attend avec joie.


Comment est née votre vocation ?


Aîné de quatre enfants, j’ai grandi dans les Côtes d’Armor, au sein d’une famille chrétienne pratiquante. Vers l’âge de dix ans, l’Église m’a semblé être un vieux système à dépasser, dans lequel je ne trouverais pas mon bonheur. Dès que je l’ai pu, j’ai cessé toute pratique religieuse, j’ai rejeté activement ma foi. C’est au cours de ces années où je m’appliquais à m’écarter de Dieu, que j’ai reçu ma vocation. L’idée de devenir prêtre s’est présentée plusieurs fois à moi comme une évidence qui me dépassait ; j’ai enterré très profondément cette pensée.
À 17 ans, j’ai été poussé intérieurement à participer à une réunion de prière malgré ma résistance. J’ai repris la pratique sacramentelle immédiatement. J’ai également commencé à prier. Un jour – j’avais 21 ans – j’entends en présence de l’abbé Marcel Blanchard qui me suivait : « Cela suffit, je t’attends comme prêtre ! » Six mois plus tard, j’ai dit oui du bout des lèvres.


Votre parcours vers la prêtrise a ensuite duré 17 ans...


Oui, mais le Seigneur m’a donné la conviction qu’il était là, avec moi pendant tout ce temps : de Kergonan à Rome, en propédeutique, puis à l’université tenue par les Légionnaires du Christ et enfin au séminaire international Mater Ecclesiae, où j’ai suivi ma formation et commencé un doctorat de théologie. Lorsque je revenais en France, j’étais accueilli chez un couple qui a joué un rôle déterminant pour mon cheminement. Or, en 2012, le mari et la femme sont tombés, tous les deux, gravement malades. Il m’est alors apparu que je ne pouvais continuer mon chemin sans les soutenir dans leurs épreuves de santé. Cela explique en partie la longueur de mon parcours. En 2017, douze ans après mon premier « oui », Monseigneur Centène m’a accueilli dans le diocèse. J’ai été envoyé à la mission étudiante Memo, deux ans au Foyer Jean-Paul-II puis dans le doyenné de Grandchamp, en 2021, pour soutenir les paroisses et achever mon doctorat.


Comment se passe votre année diaconale ?

 

Elle est très dense mais très riche. J’ai célébré plusieurs baptêmes, j’accompagne des couples au mariage et nous avons organisé un mois missionnaire en mars-avril. J’apprends à traduire dans la pratique tout ce que j’ai découvert intellectuellement, pour pouvoir le donner. Je termine aussi mon doctorat.
La prière de l’Église que le diacre s’engage à dire chaque jour, a une nouvelle coloration depuis mon ordination diaconale. Je la prie facilement, en entrant plus profondément dans les textes.


Dans quel état d’esprit êtes-vous quelques jours avant votre ordination ?


J’attends ce moment auquel je me prépare depuis tant d’années avec joie ! Jusqu’à maintenant, je n’étais pas en mission mais en formation. Je vais enfin pouvoir donner ce que j’ai reçu. J’ai aussi conscience que le prêtre conduit la communauté dont il est la tête. C’est une belle responsabilité.
Et en relisant mon parcours, je sais que je n’ai jamais regretté une seule fois mon choix de me donner à Dieu. Je suis plus que jamais convaincu qu’on ne perd strictement rien à dire « oui » au Seigneur !

 

 

Des propos recueillis par Solange Gouraud et Valérie Roger du service communication du diocèse de Vannes. 

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