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Bienheureux Edouard Poppe
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Bienheureux Edouard Poppe

Un article rédigé par Jean-Luc Moens - 1RCF Belgique, le 8 juin 2022  -  Modifié le 8 juin 2022

Jeune prêtre, passionné par l'évangélisation des enfants, il est un magnifique modèle de sainteté sacerdotale.

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Histoire

 

Edouard Poppe est né le 18 décembre 1890 à Temse (Tamise en français) au bord de l’Escaut, près de la ville de Gand dans une famille modeste. Son père, Désiré, est boulanger. Il est l’ainé de onze enfants. Profondément religieux, les parents leur donnent une excellente éducation chrétienne. De la fratrie trois mourront en bas âge, deux deviendront prêtres et trois religieuses. Désiré Poppe est un admirateur de l’abbé Daems qui défend la cause flamande. En effet, à cette époque, beaucoup de flamands sont victimes d’injustices. Désiré transmet cette admiration à son fils Edouard.


En 1907, Désiré, le père d’Edouard, meurt. Sa maman Josepha reprend la boulangerie. La famille se mobilise pour permettre à Edouard de continuer ses études. En 1910, il passe brillamment son certificat de fin d’études secondaires. Il fait ensuite les deux années de service militaire obligatoire (1910-1912). Caserné à Louvain il fait parallèlement ses études de philosophie à l’université catholique.


De la caserne, il passe au Séminaire Léon XIII fondé par le cardinal Mercier et obtient son doctorat en philosophie avec grande distinction, en 1913. Ses études de théologie sont faites au grand séminaire de Gand, diocèse auquel il appartient. Les circonstances de guerre font que son ordination sacerdotale ne pourra avoir lieu que le 1er mai 1916.

 

Première guerre mondiale à Sainte Colette

Pour son premier ministère, il est nommé vicaire à la paroisse sainte Colette, dans un quartier ouvrier de Gand. Nous sommes pendant la Première Guerre mondiale. Le jeune prêtre est d’abord désorienté. C’est la guerre et le quartier connaît la misère. Edouard met toute sa foi et son enthousiasme à soulager les pauvres ; il visite les malades et les blessés. Un jour, une vieille dame l’interpelle :

Monsieur, vous avez beau parler, vous devriez être à notre place !

C’est le choc. Avec l’accord de son directeur spirituel, il décide d’adopter un style vie pauvre qui irrite son curé qui aime les grands dîners. Il s'occupe aussi activement de l'éducation religieuse des enfants. Il prend conscience alors de la déchristianisation grandissante des populations qui l'entouraient. Inspiré par l’ouverture eucharistique du pape Pie X, il crée pour les enfants la Croisade Eucharistique qui se diffusera bien au-delà des frontières.

 

Santé sur le déclin

L’abbé Poppe se donne sans compter. Sa santé ne tient pas le coup. À la fin de la guerre, il est obligé d’arrêter son apostolat à sainte Colette. Son évêque l’envoie alors se reposer à Moerzeke où il devient l’aumônier de la communauté des religieuses de Saint Vincent de Paul, de 1918 à 1922. Il découvre saint Louis-Marie Grignion de Montfort qui devient son deuxième directeur spirituel. Il est aussi l’ami de Thérèse de Lisieux dont il adopte « la petite voie ».

 

Il est vite rattrapé par ses problèmes de santé. Il fait plusieurs crises cardiaques et est obligé de continuer son travail spirituel depuis son lit. Il entame un véritable apostolat de la plume : beaucoup de lettres et des livres, dont La direction spirituelle des enfants où il livre son expérience acquise à sainte Colette. Le livre a un grand succès.

 

Directeur spirituel des cibistes


En 1922, l'abbé Poppe est nommé directeur spirituel des cibistes, c’est-à-dire les séminaristes et religieux belges qui font leur service militaire au Centre d'Instruction pour Brancardiers Infirmiers de Bourg-Léopold. Cette nomination est suggérée par le cardinal Mercier qui apprécie beaucoup l’abbé Poppe et a remarqué l’influence bénéfique qu’il a sur les jeunes prêtres de son diocèse. Le cardinal Mercier avouera plus tard qu’il avait rencontré deux saints dans sa vie : Pie X et Edouard Poppe.


Pour l’abbé Poppe, le prêtre est un autre Christ. Il adopte la théologie sacerdotale du bienheureux père Antoine Chevrier, fondateur du Prado.
À Bourg-Léopold, l’abbé Poppe commence son travail de directeur spirituel. Il fait des causeries spirituelles. Certains se moquent de lui. Mais il finit par attirer à lui de nombreux séminaristes qui viennent chercher un soutien dans la préparation de leur vie sacerdotale.
Cependant des alertes sérieuses, quelques crises cardiaques mineures qui se succèdent, font que l’on commence à craindre pour sa santé. Il doit réduire ses activités et finalement quitter Bourg-Léopold. Il est déjà affaibli. Une nouvelle crise cardiaque en mars 1924 annonce la fin.
Il apprend à se livrer, mains vides, au feu du brasier de l'amour de Dieu pour la sanctification de ses confrères.

L’abbé Edouard Poppe meurt, à Moerzeke, le matin du 10 juin 1924. Il a à peine 33 ans.
Il est béatifié le 3 octobre 1999 par Jean-Paul II.
 

Que nous dit Dieu à travers la vie du bienheureux Edouard Poppe ?

On a beaucoup parlé des prêtres qui sont tombés dans la pédophilie ou qui ont eu des attitudes inappropriées. Ces prêtres ont été l’objet de scandales qui ont terni l’image de l’Église et du sacerdoce lui-même. Je reconnais que j’ai moi-même beaucoup de peines à comprendre comment un prêtre peut tomber aussi bas dans l’horreur. Depuis des années, je prie pour ces prêtres, pour le salut de leur âme – et aussi, évidemment, pour leurs victimes.
Certaines personnes ont eu l’impression avec ces scandales à répétition que tous les prêtres commettaient ce genre d’abomination. Lorsque j’étais hospitalisé pour le covid, je priais sur mon lit et j’ai compris quelque chose de très important : cela plaisait au Seigneur que je prie pour la sainteté de ses prêtres et le salut de ceux qui faisaient scandale, mais il me demandait aussi de rendre grâce pour les prêtres saints qui ont servi et servent son Église. Edouard Poppe est un de ceux-là.


En soulignant la sainteté de l’abbé Poppe, Dieu veut nous montrer l’immense cortège de prêtres qui ont été des saints : le curé d’Ars, padre Pio, Don Bosco, Philippe Neri, Ignace de Loyola, Antoine de Padoue, saint Dominique, Jean de la Croix, Simon Stock, Louis-Marie Grignion de Montfort, Marie Eugène de l’Enfant Jésus, Charles de Foucauld, Jean-Baptiste Scalabrini, Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul II, etc. etc.


Avez-vous déjà remercié Dieu pour ses saints prêtres ? Je pense que c’est ce qu’il nous demande aujourd’hui et qu’il veut nous montrer à travers l’exemple tout simple de la vie donnée du bienheureux abbé Edouard Poppe.
 

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