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Avoir 30 ans et faire le choix de devenir religieuse
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Avoir 30 ans et faire le choix de devenir religieuse

Un article rédigé par Véronique Alzieu, Amélie Gazeau - RCF, le 15 juin 2022  -  Modifié le 30 juin 2022

 Sœur Pierre-Elisabeth et Sœur Claire-Marie ont 28 et 29 ans et sont entrées au monastère des clarisses de Poligny en 2018 et 2020. Que symbolise le voile qu'elles portent ? Comment ont-elles choisi leur monastère ? Regrettent-elles leurs vies d'avant ? Avoir 30 ans et être religieuse : ces deux femmes l'ont choisi et voulu. Elles nous racontent comment et pourquoi au micro de Véronique Alzieu.

Soeur Clémence dans le cloître du monastère des clarisses de Poligny dans le Jura / Amélie Gazeau Soeur Clémence dans le cloître du monastère des clarisses de Poligny dans le Jura / Amélie Gazeau

Pourquoi les religieuses portent-elles un voile ?

 

Soeur Claire-Marie n'a pas la trentaine. Il y a quelques mois elle a revêtu un voile noir qui symbolisent une promesse : les voeux temporaires. Ils précèdent les voeux définitifs qui scelleront pour toujours son union avec Dieu. Soeur Claire-Marie est entrée au monastère des clarisses de Poligny il y a 5 ans, elle avait alors 24 ans.

 

Soeur Pierre-Elisabeth, elle, commence sa formation monastique. Son voile blanc signifie qu'elle est encore novice. "Je n'ai pas encore prononcé de voeux mais la communauté a déjà voté une première fois pour m'accepter en son sein et me permettre de cheminer avec elle et de chercher plus en profondeur qu'elle est ma vocation avant de m'engager" explique la jeune novice. Cette période de formation s'appelle le noviciat et se termine par la prononciation des voeux temporaires. La formation se poursuit alors jusqu'à la prononciation des voeux définitifs ou perpétuels et tout au long de la vie religieuse. Soeur Pierre-Elisabeth est entrée au monastère il y a 2 ans, à l'âge de 26 ans. 

 

Soeur Pierre Elisabeth et soeur Claire-Marie, religieuses au monastère de Poligny lors de l'enregistrement de l'émission au micro de Véronique Alzieu

 

Comment choisit-on son monastère ?

 

Lorsqu'on demande à soeur Pierre-Elisabeth pourquoi elle a choisi d'entrer au monastère de sainte Claire de Poligny, elle ne sait pas vraiment comment l'expliquer et assimile sa démarche à un véritable "coup de foudre". Quelque chose d'inexplicable comme lorsqu'on tombe amoureux. Soeur Claire-Marie, elle, a reçu son appel à être clarisse dans un autre monastère à Nancy. Mais a finalement été particulièrement touchée par le monastère de Poligny, notamment par sa chapelle qui est accessible à tous, tout le temps. "Cette porte ouverte du monastère signifiait quelque chose du rapport qu'on a avec le monde" se souvient-elle. Lorsqu'elle entre au monastère, soeur Claire-Marie est la seule soeur en formation. Aujourd'hui elles sont six, un nombre non-négligeable alors que la crise des vocations est réelle dans l'Eglise.

 

C'est très important de reconsidérer régulièrement ce qu'on a laissé pour rechoisir la vie qu'on mène ici. Moi aussi j'ai travaillé avant d'entrer, j'ai même vécu en couple donc je sais ce que je laisse. Et de rechoisir cette vie, ça me permet aussi de savourer toutes les richesses de ce que je reçois. Donc oui c'est important. Pas pour regarder derrière soi avec nostalgie mais au contraire pour avancer

 

Vie communautaire : le monastère, un lieu de sororité

 

Les soeurs en formation ont un étage réservé, le noviciat. Même si elles partagent de nombreux moments avec la communauté, elles ont un lien spécifique entre jeunes apprenties religieuses. "C'est beau car on travaille ensemble, on partage ensemble, on voit les difficultés de chacune mais aussi ses joies. Ca donne un vrai élan à chacune et ca nous pousse dans notre vocation" constate soeur Claire-Marie. Une sororité précieuse qui suit les soeurs tout au long de leur vie de religieuse.

 

Une vie de communauté qui n'est pas toujours simple à appréhender mais qui permet à chacune des soeurs de trouver sa place. Les soeurs professes solennelles jouent un rôle important dans la transmission de l'esprit communautaire rappelle soeur Pierre-Elisabeth. "Elles nous accompagnent beaucoup. On est très considérées comme groupe mais aussi personnellement et ça permet cet équilibre entre notre cheminement personnel et notre dynamisme de noviciat" ajoute-t-elle.

 

Soeur Pierre Elisabeth assise sur les marches du monastère en discussion avec une autre soeur et la journaliste de RCF Madeleine Vatel / Amélie Gazeau

 

Etre religieuse à 30 ans 

 

Et si je m'étais mariée ? Quel serait mon métier ? Quel pays irais-je visiter ? Les questions sont nombreuses dans le coeur des soeurs. Chacune a choisi de suivre les pas du Christ et s'en réjouit, pourtant comme tout être humain certaines questions peuvent les habiter. Et si, elles avaient eu une autre vie ? Pour soeur Claire-Marie "c'est important de pouvoir y penser, de se dire qu'on est pas là parce qu'il n'y a pas d'autres lieux ou on peut être. Moi personnellement j'aimais le métier d'en lequel j'aurais pu m'engager, c'est à dire en tant que professeur de français langue étrangère et je l'aimais vraiment. Et quelque part parfois c'est un renoncement de me dire "tiens je ne peux pas faire ça" et en même temps il y a d'autres choses que je trouve ici et que je trouve plus importantes au fil des jours et c'est pour ça que je continue de "dire oui" ici".

 

Pour soeur Pierre-Elisabeth, il est important de ne pas oublier ce qu'on laisse derrière nous en entrant au couvent, pour garder un pied dans le monde mais aussi pour rechoisir sa vocation chaque jour. "C'est très important de reconsidérer régulièrement ce qu'on a laissé pour rechoisir la vie qu'on mène ici. Moi aussi j'ai travaillé avant d'entrer, j'ai même vécu en couple donc je sais ce que je laisse. Et de rechoisir cette vie, ça me permet aussi de savourer toutes les richesses de ce que je reçois. Donc oui c'est important. Pas pour regarder derrière soi avec nostalgie mais au contraire pour avancer" conclut-elle émue.

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