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Réinsertion : reportage au sein de la protection judiciaire de la jeunesse
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Réinsertion : reportage au sein de la protection judiciaire de la jeunesse

Un article rédigé par Martin Pinguet - RCF Hauts de France, le 3 avril 2024  -  Modifié le 7 avril 2024
Tous frères • RCF Hauts de France A la protection judiciaire de la jeunesse, former pour réinsérer

A Villeneuve d'Ascq une quinzaine de jeunes se forment aux métiers de la manutention. Suivis par la justice, sous le coup de mesures éducatives, ils sont accompagnés par les éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse.

Yann Madry, éducateur à la PJJ depuis presque vingt ans. Yann Madry, éducateur à la PJJ depuis presque vingt ans.

"Tous les matins on lève le rideau, comme dans un vrai entrepôt" explique Yann Madry en relevant le lourd rideau de fer de l'atelier école installé dans le quartier de Babylone à Villeneuve d'Ascq en banlieue lilloise. Aussitôt entrés, trois jeunes adolescents enfilent leur gilet fluo et leurs chaussures de sécurité. Dylan*, Tom* et Yacine* sont tous passés devant le juge pour enfant pour différents délits. "Quand on cherche à faire de l'argent on vend des choses malsaines" élude Dylan. 

 

Le graal du CACES

 

A à peine 18 ans il a validé quelques semaines auparavant son CACES : un certificat d’aptitude à la conduite en sécurité. Au volant d'un petit monte-charge il déplace quelques palettes sous l'oeil attentif de Yann Madry. "Ici ils ont droit à l'erreur. Parfois une palette tombe, ce n'est pas grave. Ils sont là pour apprendre" explique le formateur.

 

L'entrepôt-école est calqué sur les entrepôts logistiques pour mettre les jeunes en situation.

 

Les jeunes sont obligés d'être ici. Leur formation relève de mesures éducatives prises par un juge des enfants. 137 000 jeunes sont ainsi suivis chaque année par les équipes de la protection judiciaire de la jeunesse. Dans des centres fermés ou dans des unités d'activité de jour comme à Villeneuve d'Ascq. La réinsertion passe par l'instauration d'un cadre, de règles à respecter et d'un objectif à atteindre. "On n'oublie pas que c'est une décision d'un juge mais on les accompagne. Je ne suis pas là pour les mettre en échec" explique Yann Madry. 

 

Un parcours personnalisé pour accéder à l'emploi

 

La formation dure entre dix et quinze semaines. Le matin les participants sont à l'atelier. Puis deux après-midi par semaine ils peuvent prendre des cours de code de la route ou travailler leur CV. "Au début c'était assez compliqué, j'ai plusieurs fois voulu abandonner" témoigne Tom. Lui aussi vient de décrocher son CACES. "J'ai persévéré grâce aux bons conseils de Yann et de l'équipe. J'ai pas mal repris confiance en moi" explique-t-il en emballant une palette dans un grand film plastique noir.

 

L'objectif est à la fois de réinsérer les jeunes mais aussi de prévenir la récidive. En leur permettant de mettre un pied dans le monde du travail. "Là je travaille sur mon CV" explique Dylan lors de la pause. En compagnie de Vincent Debaecker il cherche désormais un poste d'agent de manutention. "On vient d'organiser une rencontre avec une agence d'intérim juste à côté" explique l'éducateur, "ils ont été plutôt intéressés par la dimension sociale et humaine." Mais trouver du travail n'est pas facile, les jeunes restent longtemps étiquetés comme délinquants. "On trouve toujours des entreprises qui veulent bien leur laisser une seconde chance" relativise Vincent.

 

* les prénoms ont été modifiés

Cet article est un extrait de Tous Frères, notre programme dédié à la solidarité dans les Hauts-de-France. 

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RCF Hauts de France - Tous frères
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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