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Les ateliers de la résilience

RCF,  -  Modifié le 26 octobre 2020
Enfants du monde avec le BICE Les ateliers de la résilience
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Aider des enfants traumatisés à se reconstruire. C'est le but des ateliers "résilience" mis en place par le BICE et ses partenaires. Illustration avec Véronique Brossier
©Women‘s Consortium of Ukraine ©Women‘s Consortium of Ukraine

La résilience. C’est la capacité d’un individu à à bien se développer en présence de très grandes difficultés. Et justement, apporter un soutien psychologique à des enfants victimes de traumatismes pour les aider à se reconstruire,  c’est le rôle du BICE et de ses partenaires. 

Quels sont les traumatismes auxquels sont confrontés ces enfants ? 
Ce sont des enfants victimes de la guerre, de la violence, des migrations forcées, de la grande pauvreté, de catastrophes naturelles… Et nous sommes convaincus que les enfants victimes de traumatismes peuvent trouver en eux les ressources nécessaires pour reprendre goût à la vie, s’ils bénéficient d’un soutien psychologique - professionnel et adapté.
 

Vous pouvez l’illustrer plus concrètement ?
Oui avec ce témoignage qui nous vient d’une adolescente vivant en RDC et que nous avons aidée avec notre partenaire. Je vous le lis : « Je suis orpheline de père. Et je viens du territoire de BENI où j’ai vu des atrocités commises sur ma famille, mes amies, par un groupe armé. Des images que je n’arrivais pas à enlever de ma tête. Alors j’étais bizarre de temps en temps. C’était très dur. Grâce aux ateliers résilience, je vais mieux. Je suis en train de me faire de nouveaux amis.»
 
En quoi consistent ces ateliers résilience ?
Ce sont des activités - ateliers créatifs, activités sportives, jeux en équipe - qui aident les enfants à accepter leur histoire et qui ils sont. Les éducateurs et psychologues travaillent aussi avec les enfants sur la confiance en soi, l’expression des émotions, la préparation d’un projet de vie. Il faut être à leur écoute et leur donner le temps dont ils ont besoin.
 
C’est-à-dire ?
J’ai un exemple en tête : celui d’une fillette de 6 ans victime de violence au Chili. Quand elle est arrivée chez notre partenaire, elle ne parlait plus. L’assistante sociale l’a accompagnée de longues semaines avant que la fillette arrive à raconter son histoire lors d’une activité dessin. Elle a représenté les cris et les coups infligés. Elle a ensuite dessiné ce qui l’avait aidée : sa grand-mère, son petit frère et son ours en peluche. Le lendemain, elle esquissait un sourire timide et prononçait quelques mots. Un premier pas important.
 
Vous intervenez aussi auprès de partenaires qui accompagnent des enfants réfugiés, victimes de la guerre ?
Oui nous sommes intervenus en Ukraine, il y a un certain temps, plus récemment au Liban, en Syrie, au Mali. Les guerres détruisent des générations entières d’enfants, qui portent en eux de graves blessures et traumatismes. Des enfants exposés aux violences et privations ; des enfants déplacés pour fuir les conflits, ou encore des enfants soldats... Ces enfants doivent notamment réapprendre à faire confiance.

Un exemple ? En Ukraine, notre partenaire a rencontré en 2015 Bogdan. Il avait alors 13 ans et avait dû fuir avec sa mère la zone de conflits. Dans sa nouvelle école, Bogdan restait seul et il était nerveux. Il ne cessait de dessiner des rues avec des rangés de tombes. Il revenait tout le temps sur son passé, comme « gelé » émotionnellement.  

Et comment a-t-il réussi à se « débloquer » ?
Lors d’un atelier résilience dans lequel on demande à l’enfant de représenter en pâte à modeler ce qu’il a perdu, il a réussi à se libérer de la douleur dont il n’arrivait pas à parler. Il a représenté son père et un cœur. Au fil des séances, il est devenu moins anxieux, plus confiant. Il s’est remis à vivre au présent, et s’est trouvé une place dans sa nouvelle école.

Entretien avec Véronique Brossier

 

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