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Le deuxième voilier Grain de sail en construction
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Le deuxième voilier Grain de sail en construction

Un article rédigé par Ronan Le Coz - RCF Côtes d'Armor, le 16 juin 2023  -  Modifié le 17 juillet 2023

Le chantier du Grain de sail 2 avance. L'entreprise de Morlaix a choisi il y a plusieurs années de transporter à la voile les matières premières pour la fabrication de chocolats et de cafés. Le début d'une nouvelle étape dans le monde du transport maritime. Rencontre avec Stefan Gallard, directeur marketing de Grain de sail.

Le flotteur de Grain de sail 2 sur le chantier au Vietnam - © Grain de sail Le flotteur de Grain de sail 2 sur le chantier au Vietnam - © Grain de sail

Stefan Gallard, où en est le chantier de votre nouveau voilier Grain de sail 2 ?

Aujourd'hui, le Grain de sail 2 est déjà à peu près aux trois quarts « complété » : c'est un navire qui a été mis à l'eau avec la partie qui s'appelle le flotteur. Il est sorti de la cale sèche au chantier, au Vietnam, et nous sommes en train de finaliser toute la partie aménagement intérieur et finitions intérieures. Ensuite, le navire va revenir en France pour une étape cruciale pour un voilier cargo : celle du mâtage, où nous allons installer les mâts et les voiles. Une opération qui sera faite à Lorient.

Quand aura lieu son arrivée en France ?

Le navire va quitter le Vietnam dans quelques semaines en juillet et sera de retour en France en septembre, approximativement. L'étape du mâtage devrait avoir lieu courant octobre, pour pouvoir effectuer ensuite les premiers essais en mer à partir de novembre ou décembre. Il est prévu d'effectuer la première transatlantique entre Saint-Malo et New York à la mi-janvier 2024 !

Le bateau est d'une taille supérieure à ce que vous aviez à disposition jusqu'à présent avec le Grain de sail 1 ?

Oui, le Grain de sail 1 était un démonstrateur, un navire qui nous a permis d'éprouver la faisabilité technique et d’affiner le modèle économique pour que tout cela puisse être financé de manière durable. Par contre, il s’agissait d’un navire un peu prototype et, cette fois, nous passons d'un 24  mètres pour Grain de sail 1 à un navire qui fait 52 mètres ! Surtout, c'est la capacité d'emport (la capacité de chargement à bord) qui évolue de manière assez radicale, puisque nous passons d'une capacité de 50 tonnes à 350 tonnes maintenant. C'est vraiment un changement d'échelle qui correspond à l'essor de la demande pour des transports maritimes décarbonés et aussi à notre croissance sur la partie agroalimentaire terrestre avec les cafés et les chocolats Grain de sail, bien évidemment.

C'est-à-dire que ce nouveau navire va être utilisé à la fois pour vos besoins propres, mais également pour apporter un service à d'autres sociétés ?

C'est cela qui change avec la bascule d'échelle avec Grain de sail 2 : nous aurons la capacité de transporter la totalité de nos matières premières, donc le café et le chocolat depuis l'Amérique latine jusque dans nos contrées bretonnes. Et, sur le volet export, notamment entre Saint-Malo et New York, nous allons pouvoir proposer une prestation de transport et donc de logistique maritime  décarbonée pour des clients. C'est vraiment la nouveauté pour nous, et cela sera permis par la capacité du navire, largement supérieure à nos propres besoins !

Ce marché du transport maritime décarboné est mûr aujourd’hui ?
 
Le marché est en train de se concrétiser, et même de manière un peu plus rapide que ce que l'on aurait pu imaginer. Nous sommes actuellement en contractualisation pour des capacités de chargement qui nous permettraient de construire d'autres navires très rapidement. Nous avons un projet de sortir trois navires « sisterships » basés exactement sur les mêmes design que Grain de sail 2 pour en avoir trois supplémentaires entre 2025 et 2026. Il y a vraiment une accélération. On a démontré depuis trois ans que l’on a mis en service le premier voilier que cela fonctionne, que c'est fiable, et cela attire forcément des entreprises intéressées pour décarbonner leur logistique.

C’est maintenant tout un écosystème qui doit se mettre en place ?

Oui, nous avons cette chance d'avoir un peu ouvert la voie... Mais heureusement que nous ne sommes pas seuls ! Il faut tout un écosystème autour, une infrastructure, et cela passe évidemment par la formation, par les fournisseurs de technologies, par les clients également, les chantiers et les porteurs de projets comme nous... C'est une très bonne chose et nous constatons déjà  un engouement pour ce type de transport. Au fur et à mesure, autour de cela, toute la filière  française est en train de se créer !

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