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La vie, c'est ensemble!
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La vie, c'est ensemble!

RCF,  -  Modifié le 31 août 2018
En Haute-Garonne, dans les groupes "Bartimée" et "Bonne Nouvelle quart-monde" des personnes vivent une fraternité qui les aide à tenir dans la tempête de vies précaires ou bousculées.
Nicole Vaissière Nicole Vaissière

Lorsque la vie se fait tempête, il est parfois difficile de tenir bon contre les vents des difficultés. Solitude, sentiment d’abandon, envie de baisser les bras peuvent constituer des obstacles que l’on peine à surmonter. Aussi, la solution peut se trouver dans l’intégration de groupes qui accueillent, écoutent, réconfortent, tels Bartimée à Castanet-Tolosan, ou Bonne Nouvelle Quart-Monde à Toulouse. Dans cette émission, la parole est donnée à certains de leurs membres qui ont fait l’expérience de la précarité, des souffrances, et qui ont trouvé dans ces "familles" la joie de l’amitié, de la rencontre et de la convivialité. Quels liens se créent au sein de ces groupes ? Quelle est leur place dans les paroisses ? Ce sont les questions auxquelles répondent les participants à cette émission, réalisée en collaboration avec Radio Présence.

 

©Nicole Vaissière - Anne Kerléo interroge les participants
 

Bartimée et Bonne Nouvelle Quart Monde sont deux groupes distincts, aux missions semblables. Bartimée a vu le jour en 2011, au sein de la paroisse de Castanet-Tolosan. Il rassemble des personnes qui ont vécu « des situations de galère », comme l’explique Nicole Vaissière, et leur permet de vivre des temps d’amitié et de partage un dimanche par mois.

Bonne Nouvelle Quart Monde est né autour de la congrégation Bonne Nouvelle. Ses membres se rencontrent tous les quatrièmes dimanches du mois, près de Toulouse, pour un temps de partage de la parole de Dieu, des repas, ateliers, messes… "C’est un temps où les familles peuvent échanger sur leurs difficultés", précise Sœur Anne.

Nombreux sont les témoignages de personnes ayant rejoint ces groupes, qui ont fait l’expérience de l’isolement, de la pauvreté. Eric ne croyait plus en rien, ne pouvait plus s’exprimer sur sa vie personnelle, avant d’intégrer le groupe sur conseil de sa compagne. Corinne, membre de Bonne Nouvelle Quart-Monde, était en grande difficulté financière, avec deux enfants en bas âge. En rejoignant le groupe, dont elle fait partie depuis désormais 19 ans, elle a trouvé « une famille ».


©Nicole Vaissière

 

L'ouverture aux autres comme richesse

Les temps d’échange et d’écoute ont permis à chacun d’évoluer, de poser un regard différent sur la foi et sur les relations humaines. Corinne a appris "à écouter les autres. C’est très riche, plein de trésors, de choses merveilleuses que l’on peut recevoir". Éric, de Bartimée, souligne l’angoisse qui l’a saisi lorsqu’il réalise la convivialité qui règne dans le groupe : "Cela m’a fait peur, j’ai failli tourner les talons ! Puis j’ai compris que personne n’était jugé, montré du doigt, que je n’étais pas seul. Cela m’a rassuré". Malika, quant à elle, insiste sur la transformation de son comportement vis-à-vis d’autrui : "Je suis devenue moins méfiante, plus tolérante".

Ces groupes de soutien et de partage sont ouverts à tous, pas seulement aux croyants. Christian est membre de Bartimée depuis sept ans, et non-croyant : "J’appréhendais un peu… Et puis j’ai accepté l’idée que je ne sais pas… que je ne sais pas. Alors, pourquoi pas. Les échanges sur l’Évangile m’ont permis d’appréhender les problèmes quotidiens. J’en retire de la force, du soutien".
Ingrid, "compagnon" de Bartimée depuis deux ans, accompagne le groupe sur le temps de partage du dimanche, et rappelle le sens du message du Christ : "Être compagnon, c’est  aller vers la fraternité. Etre chrétien, ce n’est pas seulement aller à la messe le dimanche, cela se vit au quotidien. Toutes ces différences m’ont fait progresser"!
 

 

"Se faire confiance mutuellement"

La question de la confiance est également abordée, alors qu’est soulevé le sujet d’une « crise » au sein du groupe. Accueillir l’autre, ce n’est pas si simple ! Brigitte développe : "Dans toute relation, il y a d’abord méfiance, puis confiance. Ces deux termes semblent s’opposer, mais se complètent. Il faut apprendre à se faire confiance mutuellement, se connaître, se respecter, s’accepter dans nos ressemblances et différences".

Enfin, la place du groupe et celle de la paroisse peuvent être très distinctes dans la vie de certains participants. L’alliance des deux n'est pas évidente. Margaux fait la différence : "Je n’ai pas de lien avec la paroisse. Je ne vais plus à l’église depuis un moment. Quand je suis arrivée voilà vingt ans, je ne me suis pas sentie accueillie à la paroisse… Les gens passent et ne vous voient pas".
Un témoignage qui touche : Martine, de la paroisse, rappelle qu’un groupe d’accueil est en train d’être constitué.

Cependant, la majorité s’accorde à souligner la richesse de la présence de groupes tels que Bartimée ou Bonne Nouvelle Quart Monde au sein d’une paroisse. Pour Brigitte, "les paroissiens ordinaires sont des gens éduqués à la liturgie, ils ont l’habitude d’aller dans les églises… la famille Bartimée en a moins l’habitude. Cela nous bouscule un peu, et c’est bien ! Le liturgiquement correct n’a pas lieu d’être à chaque fois". Avant de conclure : "Jésus est venu pour tout le monde, il a célébré partout. Par conséquent, les Églises doivent être partout, et avec tout le monde". Une belle leçon d’humanité et de partage.

 

Merci à Nicole Vaissière pour les images et Franky Guéret pour la technique - Émission enregistrée le 3 mai et diffusée le 22 mai 2018.

 


 

Rendez-vous mensuel, Vous avez dit fragile ? donne la parole aux personnes isolées, en situation de précarité, malades... Des personnes que la vie a fragilisées.

Parce que la parole des personnes fragiles doit être entendue, RCF et l'association Participation et Fraternité veulent faire entendre sur les ondes l'espérance que redonne la joie d'être ensemble. Chaque mois, les personnes qui participent à l'émission se réunissent deux ou trois fois dans les semaines qui précèdent la séance d'enregistrement. Le concept de l'émission est porté par la conviction que c'est dans la rencontre que l'on partage, et que pour bien se rencontrer il faut passer du temps ensemble.

 

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