Accueil
« Voyage en terres australes » au Musée National de la Marine de Brest
Partager

« Voyage en terres australes » au Musée National de la Marine de Brest

Un article rédigé par Ronan Le Coz - RCF Finistère, le 26 août 2022  -  Modifié le 9 janvier 2024
L'expo, l'intégrale Voyage en terres australes au musée de la Marine de Brest

L’année 2022 marque le 250ème anniversaire de la découverte des archipels de Crozet et Kerguelen par la France. Une exposition sur le sujet est actuellement à découvrir au château de Brest. Elle est visible jusqu’au 5 mars 2023.

De nombreux objets exposés à Brest viennent directement de Kerguelen, comme ce pressoir à huile (à droite) - ©Ronan Le Coz De nombreux objets exposés à Brest viennent directement de Kerguelen, comme ce pressoir à huile (à droite) - ©Ronan Le Coz

L'exposition « Voyage en terres australes », présentée au Musée National de la Marine de Brest, explique le contexte dans lequel la France a pris possession de ces territoires, et montre ce qu'on y fait encore aujourd'hui. Les archipels de Crozet et Kerguelen ont été découverts il y a 250 ans, dans le contexte de la recherche d'un continent austral que les gens de l’époque pensent exister pour équilibrer les masses du globe terrestre connues depuis l'Antiquité. « Au XVIIIème siècle, on a une effervescence dans la recherche et l'exploration de territoires du pacifique et de l'océan indien », raconte Jean-Yves Besselièvre, l’administrateur du Musée national de la Marine à Brest. « On a, à l'époque, une concentration d'explorateurs français à l'île Maurice, avec Crozet, Kerguelen, Marion Dufresne, également La Pérouse qui passe dans ce territoire à l'époque, on y trouve aussi Commerson qui a débarqué au retour de l'expédition de Bougainville... Donc il y a une vraie effervescence sur ces territoires avec un rôle moteur des Français. »

Découvertes à seulement trois semaines d'intervalle

Crozet et Kerguelen sont découvertes à seulement trois semaines d'intervalle ! « Et l'histoire de Kerguelen est vraiment incroyable », continue Jean-Yves Besselièvre. « Il mène deux expéditions vers ce continent austral, découvre effectivement l'archipel qui porte aujourd'hui son nom mais de façon assez curieuse à l'occasion de ces deux voyages, il n’y mettra jamais les pieds puisque ce sont d'autres membres de son expédition qui vont débarquer et prendre possession officiellement de ces territoires. C'est James Cook, quelques années plus tard, qui parlera finalement des îles Kerguelen en précisant dans son journal, de façon très britannique, qu'il aurait pu les appeler les îles de la désolation... Alors qu'à son retour Kerguelen avait évoqué un paradis sur Terre. » L'histoire se terminera mal pour Kerguelen puisque non seulement il ne remplit pas sa mission de reconnaître ces territoires qu'il avait découvert, mais en plus il va enfreindre plusieurs règlements de la Marine de l'époque qui vont l’amener à passer en conseil de guerre à son retour. Il est chassé de la Marine et condamné à six ans de détention au château de Saumur.

 

Jean-Yves Besselièvre, administrateur du musée national de la Marine de Brest, devant l'une des maquettes de l'exposition - ©Ronan Le Coz

Expansion territoriale

Jusqu’à la première moitié du XXème siècle, la France est toujours dans une logique d’expansion territoriale. Et il faut montrer que ces territoires reculés servent à quelque chose! « L'exploitation est un moyen de dire qu'il y a une présence permanente », explique Laëtitia Thérond, en charge du patrimoine aux Terres australes et antarctiques françaises (TAAF). « Au début du XXéme siècle, les Français vont s'associer, via une sous-concession, à des Norvégiens qui vont construire une station baleinière, la station de Port Jeanne-d'Arc. Ils reversent 5% de leurs ventes d'huile aux Français, et 10% des ventes de produits annexes... Sauf que les Français n'ont aucun moyen de contrôle. » La situation devient assez dramatique pour les  espèces et en parallèle la demande d’huile décline. « On sait que la chasse à la baleine  continue jusque dans les années 60 dans la péninsule Antarctique, mais à Kerguelen elle s'arrête en 1926 et la chasse aux éléphants de mer en 1931. »

 

Laëtitia Thérond, en charge du patrimoine aux Terres Australes et Antarctiques Françaises - ©Ronan Le Coz

Vocation scientifique

La vocation scientifique de l’île prend alors le pas sur cette exploitation économique et va perdurer jusqu'à aujourd'hui ! Les TAAF sont créées par une loi du 6 août 1955 qui leur confère une autonomie administrative et financière. « La vocation scientifique de Kerguelen, Crozet, mais aussi Saint-Paul et Amsterdam va se développer très vite », raconte Laëtitia Thérond. « Dès 1950, on a des ingénieurs météo qui vont collecter des données. Ensuite il va y avoir l'Année géophysique internationale, de 1957 à 1958, qui va développer les infrastructures à Kerguelen et confirmer définitivement la présence scientifique sur l'archipel. » Les disciplines évoluent au fil du temps. Au départ, la  géophysique avait beaucoup d’importance. Désormais c’est aussi la biologie et l'étude des conséquences des changements climatiques. L'exposition Voyage en terres australes est à découvrir jusqu’au 5 mars 2023, au Musée National de la Marine de Brest.

Cet article vous a plu ?
partager le lien ...

Culture et société
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
L'expo, l'intégrale

RCF vit grâce à vos dons

RCF est une radio associative et professionnelle.
Pour préserver la qualité de ses programmes et son indépendance, RCF compte sur la mobilisation  de tous ses auditeurs. Vous aussi participez à son financement !

  • Ce don ne me coûte que 0.00 € après déduction fiscale

  • 80

    Ce don ne me coûte que 27.20 € après déduction fiscale

  • 100

    Ce don ne me coûte que 34.00 € après déduction fiscale

Faire un don