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Va-t-on enfin savoir à quand remonte la construction de l'église de Savennières ?
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Va-t-on enfin savoir à quand remonte la construction de l'église de Savennières ?

Un article rédigé par Marion Bastit - RCF Anjou - RCF Anjou,  -  Modifié le 17 juillet 2023
Construite au Haut Moyen-Âge, l’église de Savennières est l'une des plus anciennes de Maine-et-Loire. Pour dater sa construction, des échantillons de briques et de mortier ont été prélevés.
2021 RCF Anjou - Les chercheurs ont prélevé une dizaine de carottes de briques dans les murs de la nef. 2021 RCF Anjou - Les chercheurs ont prélevé une dizaine de carottes de briques dans les murs de la nef.

A quand remonte la construction de l’église de Savennières ? Alors qu’elle est en pleins travaux de restauration, les archéologues du Département de Maine-et-Loire tentent de percer le mystère.

Ils savent déjà qu’elle remonte au Haut Moyen-Âge, période qui va du Ve siècle au Xe siècle. Pour savoir à quel siècle elle a été construite, ils ont prélevé des échantillons de briques et de mortier pour les dater.

Pas de comparaison possible

Ce mardi 2 mars, trois chercheurs sont perchés sur un échafaudage face à un mur de la nef. A l’aide d’une carotteuse, ils percent les briques pour prélever des carottes qui vont être datées.

Pour Arnaud Rémy, archéologue au Département, c’est le seul moyen de pouvoir dater cette nef, qui est la partie la plus ancienne de l’église. « Pour la partie romane, on peut la comparer avec d’autres églises romanes de Maine-et-Loire. Il y a des éléments sculptés, des matériaux qu’on va retrouver de l’une à l’autre », explique-t-il.

« Mais des églises du Haut Moyen-Âge, on en a très peu. Avant le Xe siècle, il y a Saint-Martin d’Angers, il y a quelques petits bouts d’édifices par-ci par-là, mais pour situer cette église entre le Ve et le Xe siècle, il n’y a pas vraiment de moyen de comparaison. »

Une méthode basée sur le quartz

Pour dater cette église, le Département a fait venir des chercheurs du laboratoire de physique appliquée à l’archéologie de Bordeaux. Ils ont recours à la luminescence optiquement stimulée, une méthode de datation basée sur les cristaux de quartz. Ces grains de sable qu’on trouve dans les briques et le mortier accumulent la radioactivité au fil du temps.

« Il y a deux moyens de vider cette accumulation, explique Arnaud Rémy. La première, c’est de chauffer les grains de quartz. Au moment où on a cuit les briques, on les a chauffées, et elles n’ont pas été exposées à une haute température depuis, donc on peut retrouver ce premier moment-là. »

« L’autre moyen de vider ces pièges à radioactivité, c’est l’exposition à une lumière forte comme celle du soleil, poursuit-il. C’est ce qu’on va mesurer sur le mortier. On va dater le moment où le mortier a été mélangé pour faire le mur, et là on date vraiment la construction de l’église. »

Travailler dans le noir

Pour que cela fonctionne, il ne faut pas que le quartz voit la lumière du jour entre le prélèvement et le laboratoire. « Les carottages de briques, on peut les faire de jour, puisque le soleil ne traverse pas la carotteuse, explique l’archéologue. Pour les mortiers, comme on les prélève au marteau et au burin, ça se fait avec une lumière rouge ou ultraviolette, sous une tente, et dans l’obscurité la plus complète possible. »

Le temps d’analyser les quinze échantillons, rendez-vous fin 2022 pour connaître la date de construction de l’église. Pour compléter cette datation au quartz, des charbons ont aussi été prélevés dans le mortier. Ils seront datés grâce au carbone 14.

Ecouter le reportage : 

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