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Marchés annulés en Anjou : "mon revenu de maraîcher sera proche de zéro"
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Marchés annulés en Anjou : "mon revenu de maraîcher sera proche de zéro"

Un article rédigé par Marion Bastit - RCF Anjou - RCF Anjou,  -  Modifié le 17 juillet 2023
En Maine-et-Loire, tous les marchés des villes de plus de 10 000 habitants sont suspendus jusqu'au 15 avril. Un coup dur pour les producteurs qui ont misé sur la vente directe.
ODT Baugeois Vallée - Malgré la demande de dérogation du maire, les marchés de Baugé sont suspendus, comme dans beaucoup d'autres villes de Maine-et-Loire. ODT Baugeois Vallée - Malgré la demande de dérogation du maire, les marchés de Baugé sont suspendus, comme dans beaucoup d'autres villes de Maine-et-Loire.

Ce week-end, il n’y aura pas de marchés dans les grandes villes de Maine-et-Loire. Lundi 23 mars, le gouvernement a décidé de suspendre tous les marchés de France jusqu’au 15 avril, sauf dérogation accordée par le préfet.

En Anjou, de nombreux maires en ont fait la demande, notamment à Saumur, à Cholet et Baugé. En vain : le préfet a décidé de n’autoriser que les marchés des villes de moins de 10 000 habitants.

Coup dur pour les producteurs

Il n’y aura donc pas de marché ce week-end à Angers, Cholet, Saumur, Segré et dans bon nombre d’autres communes de Maine-et-Loire. C’est un coup dur pour les producteurs qui dépendent des marchés pour écouler leur marchandise.

Dans sa ferme de La-Lande-Chasles, Eric Ory fait du fromage de chèvre. Sur les six marchés où il vend chaque semaine, quatre sont déjà suspendus, une décision qu’il ne comprend pas.

"Moins risqué que les grandes surfaces"

« C’est un peu deux poids deux mesures, dénonce-t-il : les grandes surfaces restent ouvertes et les marchés vont être fermés, alors qu’on est en plein air, on est quand même moins confinés, on est moins près les uns des autres. »

Il estime que les marchés sont moins risqués que les magasins. « Dans les grandes surfaces, les gens touchent à tous les légumes, les prennent, les reposent, alors que sur les marchés, ils ne touchent à rien, c’est nous qui les servons. »

95 % de vente directe

Pour ce producteur, l’impact de cette mesure est colossal. « Nous c’est simple, on fait 95 % de vente directe, que ce soit sur les marchés ou à la ferme. Les 5 % qui restent, ce sont des restaurateurs qui sont fermés. »

« A la ferme, depuis le début de la crise, on ne voit quasiment plus personne, constate-t-il, juste une voiture de temps à temps, alors qu’avant, on avait du monde toute la journée. »

"On risque de jeter du lait"

Pour écouler sa production, Eric Ory a donc décidé de se rapprocher du drive fermier de Brion, à quelques kilomètres. « Jusque-là, on n’en avait jamais eu besoin », confie-t-il.

En plein pic de lactation de ses chèvres, il craint de devoir jeter une partie de leur lait, faute de débouchés. « On ne peut même pas le vendre aux laiteries, qui tournent au ralenti à cause de la crise sanitaire », se lamente-t-il.

Un revenu proche de zéro

Maraîcher à Saint-Philbert-du-Peuple, Fabien Baillergeau vend 80 % de sa production sur les marchés d’Angers. Alors que c’est le début de la saison des asperges, les semaines à venir s’annoncent difficiles.

« Mon revenu va se rapprocher de zéro, augure-t-il, parce que même la marchandise que j’avais l’habitude de vendre à des grossistes, ils n’en veulent plus parce qu’eux n’arrivent plus à la vendre non plus. »

Livraison à domicile

Il se retrouve donc avec des légumes sur les bras, mais sans pouvoir les vendre. « Si malheureusement on est obligés de les jeter, on les jettera, mais c’est dommage », se désole le maraîcher, qui réfléchit déjà à une alternative.

« Je suis en train d’essayer de mettre en place une livraison à domicile, une fois par semaine à Angers, pour écouler ma production, explique-t-il. Je ne sais pas si j’arriverai à tout vendre, mais j’espère au moins en sauver une partie ! »

Ecouter le reportage : 

Une autre solution, c’est que les grandes surfaces acceptent de se fournir en priorité auprès des agriculteurs locaux, pour leur permettre d’écouler leurs produits, au moins pendant le confinement. C’est ce que réclame la FDSEA.

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